Alerte aux frontières Est

CONSÉQUENCE DE LA SITUATION EN LIBYE ET EN TUNISIE

Alerte aux frontières Est

De notre envoyé spécial à Batna, Lyas Hallas, Le Soir d’Algérie, 19 mai 2011

La situation qui prévaut chez nos deux voisins libyen et tunisien place les Groupements des gardes-frontières (GGF) en première ligne dans la lutte contre la criminalité dans toutes ses dimensions, le terrorisme et la contrebande notamment.
Ainsi, après la visite rendue il y a quelques jours aux unités installées le long de la bande frontalière avec la Libye, où il avait annoncé la création de près de 200 nouveaux postes de surveillance et la mobilisation de 2 000 gendarmes supplémentaires dans le Grand Sud algérien, désormais en proie aux réseaux du crime organisé écumant le Sahel, le commandant de la Gendarmerie nationale, le général major Ahmed Bousteila, est en tournée depuis hier dans l’est du pays. En plus des inaugurations prévues et de l’inspection du campement d’Aïn Yagout (Batna) où les éléments des groupes d’intervention et de réserve (GIR) effectuent des exercices depuis un mois déjà, le général major Bousteila a réuni le staff du 5e commandement régional. Réunion durant laquelle il a mis l’accent sur la nécessité d’«adapter les moyens de répression de la Gendarmerie nationale aux paramètres nouveaux induits par la criminalité organisée et sa globalisation». Le général major Ahmed Bousteila se rendra dès aujourd’hui à Annaba pour une journée portes ouvertes sur la Gendarmerie nationale et devra inspecter d’autres unités situées le long de la frontière avec la Tunisie, à El Tarf précisément. Depuis la révolution du Jasmin et le déclenchement des hostilités en Libye, l’économie tunisienne tourne au ralenti, chose dont profitent les contrebandiers des deux côtés de la frontière. Une situation qui a créé des tensions sur les marchés de l’est du pays où les prix de certains produits de première nécessité, comme la semoule (ayant atteint 6 000 DA dans les zones frontalières), ont augmenté de manière vertigineuses. Bref, la réunion a porté sur le volet technique de la démarche à entreprendre face à la criminalité en hausse. Il a été rappelé les axes majeurs du développement et de la modernisation de la Gendarmerie nationale qui «s’articulent sur deux points, en l’occurrence la prévention comme fondement de l’action de la GN, par la définition du maillage territorial en renforçant les capacités de surveillance, et la perfection des outils et méthodes techniques et scientifiques pour mieux gérer les situations sécuritaires de plus en plus complexes ». Des situations qui exigent l’«efficacité dans l’action tout en protégeant les libertés et les droits des citoyens». Dans ce contexte, la réunion a abordé la méthodologie à suivre pour parer à la petite délinquance et aussi les «dispositions à prendre pour régir la relation fonctionnelle entre les laboratoires de criminalistique et les unités opérationnelles». Or, les opérations coup-de-poing devront être accentuées. «Si les zones péri-urbaines sont traitées actuellement par des opérations sporadiques dites coup-de-poing, les unités concernées doivent affiner les plans de surveillance générale et de sécurisation de manière à s’adapter aux activités criminelles dans chaque circonscription», souligne-t-on. A titre indicatif, les statistiques du mois d’avril sur la criminalité font plutôt état d’une insécurité ambiante, un peu partout à travers le pays. Les gendarmes ont enregistré 1 260 vols, 720 affaires liées aux coups et blessures volontaires et 28 homicides volontaires, plus d’une centaine d’affaires dont les plaignants déclarent avoir reçu des menaces, plus de 900 affaires de crime organisé et, chose des plus inquiétantes, 34 enlèvements.
L. H.