Tunisie – Les deux hommes armés abattus mercredi dans un accrochage à Rouhia étaient tunisiens

Tunisie – Les deux hommes armés abattus mercredi dans un accrochage à Rouhia étaient tunisiens

Yassin Temlali , Maghreb Emergent, 18 Mai 2011

Dans un entretien avec la Télévision publique tunisienne, Nabil Abid, directeur de la Sûreté nationale au ministère tunisien de l’Intérieur, a affirmé que les deux hommes abattus mercredi matin à Rouiha (gouvernorat de Siliana) étaient des Tunisiens connus de ses services et qu’ils « avaient déjà commis des attentats sur le territoire d’un pays frère ». Il ne s’agit donc pas de Libyens comme rapporté par l’agence de presse gouvernementale TAP ce matin.

Selon Nabil Abid, le directeur de la Sûreté nationale au ministère tunisien de l’Intérieur, les deux hommes abattus aujourd’hui à Rouhia (gouvernorat de Siliana) dans un accrochage avec les forces de sécurité sont de nationalité tunisienne.

Dans un entretien avec la Télévision publique tunisienne, ce responsable a expliqué que suite à des informations données par deux Libyens arrêtés quelques jours plutôt, la région de Kasserine a été ratissée en vue de démanteler un réseau armé. Des membres de ce réseau ont réussi à prendre la fuite et se sont dirigés vers Rouhia, a-t-il expliqué : « A la station de taxis de cette localité, des citoyens nous ont signalés trois suspects. Une patrouille s’est alors déplacée sur les lieux (…) Ils ont pris la fuite et ont été pourchassés dans les environs de Rouhia. Grâce au concours des forces spéciales et des hélicoptères de l’armée, deux d’entre eux ont été éliminées ». Nabil Abid a assuré que les trois éléments étaient connus de ses services « comme faisant partie d’Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) » et qu’« ils avaient déjà commis des attentas sur le territoire d’un pays frère ».

Informations préliminaires contradictoires

L’accrochage a eu lieu mercredi matin dans la localité de Rouhia et deux éléments de l’armée tunisienne y ont trouvé la mort selon un bilan de Tunisie Afrique Presse (TAP). L’agence gouvernementale avait rapporté que les deux hommes abattus par l’armée étaient des ressortissants d’« un pays voisin ». La radio tunisienne Mosaïque FM avait donné, elle, une autre version de l’événement, affirmant que le groupe, accroché « à un point de contrôle tenu par la garde nationale et l’armée », était « composé de neuf personnes de nationalités tunisienne, algérienne et libyenne qui circulaient à bord d’un véhicule immatriculé en Tunisie et étaient en possession de kalachnikovs et de grenades ». La déclaration de Nabil Abid à la Télévision tunisienne n’évoque pas un groupe aussi important ni non plus de premières informations diffusées par l’AFP selon lesquelles les deux éléments tués portaient des ceintures d’explosifs.

L’accrochage de Rouhia a eu lieu quelques jours après l’annonce par le ministère de l’Intérieur de l’arrestation, dans la région de Nekrif (Remada, Sud), d’un Libyen et d’un Algérien suspectés d’appartenir à Al Qaïda. Selon la presse publique tunisienne, ils faisaient partie du même réseau que deux autres Libyens arrêtés le 11 mai à Tataouine.

Dans un contexte d’afflux de réfugiés libyens en Tunisie et de débordements dans son territoire du conflit en cours dans l’Ouest de la Libye, les autorités tunisiennes craignent une grande crise sécuritaire, à un moment où elles tentent de ranimer une activité touristique plutôt moribonde et de convaincre les investisseurs étrangers des attraits de l’économie du pays. Redoutant une infiltration d’éléments armés en Tunisie, le ministère de l’Intérieur a appelé les Tunisiens, le 12 mai dans un communiqué, à informer les « forces de l’ordre de toute activité suspecte pouvant constituer une menace dangereuse pour la sécurité » nationale. Le communiqué a invité « les propriétaires d’hôtels ou de logements meublés à louer et tous ceux qui hébergent des étrangers (…) à déclarer de manière immédiate ces personnes ».