Les chefs d’état-major de la région sahélo-saharienne accordent leurs violons

Les chefs d’état-major de la région sahélo-saharienne accordent leurs violons

Démenti aux velléités d’intervention étrangère

par Synthèse R.N., Le Quotidien d’Oran, 14 avril 2010

Les chefs d’état-major de l’Algérie, du Mali, du Niger, de la Mauritanie, de la Libye, du Tchad et du Burkina Faso, réunis mardi à Alger, œuvreront à asseoir un «mécanisme adéquat» pour lutter contre le terrorisme et ses connexions, a affirmé le porte-parole de la réunion, le colonel Saba Mabrouk. «Les chefs d’état-major devront se pencher sur l’étude des voies et moyens susceptibles de promouvoir la coopération et la coordination sécuritaire pour asseoir, ensemble, un mécanisme adéquat à même de prendre en charge le phénomène du terrorisme et ses connexes», a indiqué le porte-parole dans une déclaration à la presse. M. Saba a relevé que cette rencontre se tient «dans un contexte sécuritaire marqué par la persistance du terrorisme et ses multiples connexions, notamment les réseaux de trafic d’armes et de drogues, qui prennent des proportions alarmantes et constituent, non seulement un facteur de menace et de déstabilisation, mais encore un véritable frein aux efforts de développement socioéconomique de notre région».

Cette réunion traduit, a-t-il souligné, «la prise de conscience et la volonté des forces armées des pays de la région quant à la nécessité d’œuvrer ensemble au sein d’une stratégie commune pour, d’une part, faire face et éradiquer ce fléau, créer des conditions de sécurité, de stabilité et de vie décente aux populations et, d’autre part, permettre aux autorités de se consacrer pleinement aux défis du développement socioéconomique». Elle traduit, également, «la volonté politique des pays concernés et leur détermination à prendre en charge, par eux-mêmes, les questions sécuritaires de la région sahélo-saharienne», a-t-il ajouté.

Intervenant à l’ouverture de la réunion, le général de corps d’armée Gaïd Salah a plaidé pour la définition et la mise en œuvre d’une «stratégie concertée» entre les pays sahélo-sahariens pour lutter contre les menaces migrantes. Le chef d’état-major de l’ANP a souligné que «notre réunion a pour objet central, la lutte contre le terrorisme transnational, la criminalité organisée et les phénomènes connexes», ajoutant qu’elle (la réunion) constitue également «une opportunité d’échanger les analyses sur ces menaces qui, faute d’actions collectives et synchrones pour les dissuader et les éliminer, ouvrirait la porte aux interventions étrangères». «C’est, en effet, le défi principal que nous devons relever en pleine coresponsabilité», a-t-il insisté.

Le chef d’état-major de l’ANP a fait savoir, dans ce contexte, que «la tenue même de cette réunion et le niveau de représentation opposent un clair démenti aux velléités d’intervention, forts que nous sommes, par l’engagement résolu de nos pays et de nos armées, dans une véritable œuvre de mise en synergie de nos volontés, de nos expériences respectives et de nos capacités militaires». «A ce sujet, permettez-moi de dire que le constat est que chacun de nous continue à faire face à ce mal, avec ses méthodes et ses moyens propres, faute de vision commune de lutte, alors que nous serions, à l’évidence, plus forts si nous le faisons ensemble, sur la base d’une étroite coopération militaire active, servant la cause de la paix et de la stabilité, gages de bien-être et de prospérité pour nos peuples, unis par les liens de l’histoire et de la géographie», a-t-il poursuivi.