Sarzoky teste sa candidature en Algérie

Sa visite fin octobre s’inscrit dans la précampagne présidentielle française

Sarzoky teste sa candidature en Algérie

SAÏD OUSSAD, Liberté, 26 septembre 2006

Nicolas Sarkozy sera en Algérie, probablement, la dernière semaine d’octobre et dans ses bagages la ferme volonté de clarifier sa politique d’immigration et du contrôle de l’immigration clandestine.

Ce déplacement, placé sous la double casquette du ministre de l’Intérieur et du futur présidentiable, se veut aussi un échafaudage d’un plan économique et d’investissement à même de remettre la France sur les rails de la concurrence que se livrent Allemands, Américains, Italiens et Asiatiques pour davantage de parts de marché en Algérie.
Quant au fameux traité d’amitié qui assombrit le ciel des relations bilatérales, certains affirment qu’il sera certainement signé par Bouteflika avec Sarkozy, une fois qu’il sera élu à la tête de la République française. Celui que présente Abderrahmane Dahmane, le secrétaire national chargé des relations avec les associations des Français issus de l’immigration au sein de l’UMP, comme “un ami sincère de l’Algérie qui reste convaincu qu’elle est à la pointe de la démocratie dans le monde arabe et en Afrique”, abordera, certainement, lors de ses entrevues avec les responsables algériens, le sujet de la levée des visas, sur la demande d’Alger, concernant les passeports diplomatiques. L’autre volet concernera la région subsaharienne et une éventuelle coopération en vue de la sécuriser, ainsi que du confortement de la politique contre le terrorisme, tout en connaissant le satisfecit qu’affiche l’homme fort de la place Beauvau quant aux relations entretenues avec les services de sécurité
algérienne. Revenant sur la prochaine présidentielle française, Abderrahmane Dahmane, que l’on présente comme un proche conseiller du patron de l’UMP, revient sur les relations qu’entretient Sarkozy avec la communauté française d’origine algérienne et le poids qu’elle représente sur l’échiquier électoral en Hexagone. “Sarkozy est conscient que c’est ce mouchoir de voix qui a fait passer Chirac en 1995 et 2002”, dira-t-il, tout en insistant sur le regard positif que porte le ministre de l’Intérieur sur l’Algérie. “La représentativité des Algériens au niveau du gouvernement et de l’UMP est plus que palpable et ce n’est pas la gauche qui a nommé trois ministres d’origine algérienne”, affirmera-t-il pour étayer la vision de Sarkozy et son désir de redynamiser les relations entre les deux pays. Concernant l’actualité française, véritable cheval de bataille des différentes candidatures à la présidence, avec ses thèmes sur l’immigration et l’insécurité, Abderrahmane Dahmane veut voir une réelle volonté de diabolisation de Sarkozy en l’attaquant parfois sur des propos que ses adversaires jugent “maladroits” ou “provocateurs”. Notre interlocuteur revient sur les deux moments forts, médiatiquement, des interventions de Sarkozy et “montés en épingle” avec le “nettoyage au karcher” et “la racaille d’Argenteuil” en justifiant ces déclarations survenues après des interrogations des habitants même des cités. “Il n’a fait que répondre à une question que lui a posée une habitante d’Argenteuil sur le moment où il allait les débarrasser de cette racaille. Quant au karcher, il est parti présenter ses condoléances à la famille d’un jeune immigré assassiné alors qu’il lavait la voiture familiale et que ce mot lui est venu presque instantanément”. Abordant le thème de l’insécurité, sujet de controverse avec la gauche, A. Dahmane affirme la volonté de Sarkozy d’en finir avec les zones de non-droit, mais qu’il n’a jamais été question, pour lui, de chasser dans le vivier électoral lepéniste. “Il veut instaurer une politique sécuritaire ferme pour essayer de récupérer les bulletins, habituellement de droite, qui ont glissé vers le Front national, et il est anti-Le Pen et il le déclare ouvertement”.
à travers l’intérêt que porte le ministre de l’Intérieur à l’Algérie, certains y voient comme un clin d’œil du candidat aux voix de la communauté immigrée d’origine algérienne. “Contrairement aux idées reçues, les Français issus de l’immigration semblent avoir pris le parti de Sarkozy”, conclut Abderrahmane Dahmane.

SAÏD OUSSAD