120 patrons français aujourd’hui à Alger

120 patrons français aujourd’hui à Alger

Le temps des investissements ?

Par Meziane Rabhi, Liberté, 8 février 2005

Après les précédentes visites de prospection, les chefs d’entreprise français sont cette fois-ci attendus sur le terrain de l’investissement productif.

Une importante délégation de 120 chefs d’entreprise français, conduite par M. Yves-Thibault de Silguy, président du comité Algérie de la branche internationale du Medef, s’est déplacée en Algérie pour, nous dit-on, “nouer des relations d’affaires et identifier des partenaires potentiels”. Il s’ agira, souligne le Medef, “d’évaluer le marché algérien, de s’informer et d’ identifier les grands projets de l’Algérie et les opportunités d’ investissement”. Cette troisième édition “des rencontres franco-algériennes des chefs d’entreprise” se tient aujourd’hui et demain à l’hôtel Sofitel sous l’égide du Medef international et le Forum des chefs d’entreprise, qui regroupe en son sein les plus grandes entreprises privées et publiques à l’ image de Sim, Fruital, Saidal, SNVI, Air Algérie, Tonic Emballage, Orascom, KPMG Algérie, Blanky pour ne citer que celles-là. La délégation des chefs d’entreprise français représente, notamment les secteurs des banques, des assurances, du conseil aux entreprises, des systèmes d’information, du bâtiment et travaux publics, de l’énergie, du transport, de l’hôtellerie, du traitement des eaux, de l’environnement et des industries pharmaceutiques. L ’hexagone, 22% du marché algérien

Selon l’observatoire de l’information économique du Forum des chefs d’ entreprise, durant ces treize dernières années, de 1992 à 2004, la France aété le premier fournisseur de l’Algérie et, selon les années, le deuxième oule troisième client de l’Algérie. Le document du FCE affirme que le soldecommercial a été avantageux pour la France, à l’exception des quatre annéessuivantes : en 1997 avec un solde positif de 151 millions de dollars, en2000 avec un solde positif de 756 millions de dollars, en 2001 avec un soldepositif de 499 millions de dollars et enfin en 2002 avec un solde positif de134 millions de dollars. “Les importations de l’Algérie de marchandisesfrançaises ont augmenté substantiellement : elles passent de 2,093 milliardsde dollars US en 1992 à 4,126 milliards de dollars US en 2004, soit 22,26%des importations totales de l’Algérie”, lit-on dans les données fournies parl’observatoire de l’information économique du Forum des chefs d’entreprise.La part de la France se situe entre 22 et 25% du montant des importationstotales de l’Algérie, tous pays confondus. 43% du montant annuel desimportations de la France concernent 9 produits. Les médicaments occupent lepremier rang avec un montant de l’ordre de 300 millions de dollars par an enmoyenne de la période 1992-2004. Les importations de médicaments de France,en hausse régulière, sont passées de 280 millions de dollars en 1992 à 487millions de dollars en 2004. Le lait et la crème de lait se situent endeuxième position avec un montant de l’ordre de 194 millions de dollars/anen moyenne de la période 1992-2004. “Les importations de produits laitiersde France représentent 8% du montant annuel des importations de marchandisesen provenance de ce pays et 45% du montant des importations de produitslaitiers par l’Algérie”, précise le Forum des chefs d’entreprise.

Les importations de France de produits laitiers ont baissé de moitié entre 1992 et 2004, indiquent les données du FCE, aussi bien en valeur (134 millions de dollars en 2004 contre 300 millions dollars en 1992), qu’en volume (47 000 tonnes en 2004 contre 106 000 tonnes en 1992). Les véhicules de tourisme occupent la 3e place avec un montant de l’ordre de 150 millions de dollars/an en moyenne de la période 1992-2004. Les importations de véhicules de tourisme, affirme le FCE, ont connu une forte hausse entre 1999 (74 millions de dollars) et 2004 (452 millions de dollars). Le Forum des chefs d’entreprise constate à l’inverse que “la part de la France dans les exportations de l’Algérie a diminué sensiblement de 1992 à 2004”. Selon, les chiffres communiqués, les exportations de l’Algérie vers la France ne représentent en 2004 que 11% des exportations de l’Algérie à destination des pays de l’Union européenne, contre 18% en 1992, les exportations de l’Algérie vers la France ne représentent que 19% des exportations totales de l’Algérie en 2004, alors qu’elles plafonnaient à 25% en 1992 et à 27% en 1998.

La France : 3e pays investisseur en Algérie

Les hydrocarbures constituent l’essentiel des exportations de l’Algérie vers la France en 2004. Ils représentent 94 à 95% du montant annuel des recettes d’exportation de l’Algérie vers la France. “Cinq produits suivants ont généré 75% de la recette des exportations hors hydrocarbures”, note le document du forum. Il s’agit des déchets et débris de métaux, avec un montant de 30,5 millions dollars, l’hydrogène et les gaz rares avec 28 millions de dollars, l’ammoniac anhydre, avec 22,2 millions de dollars, l’ urée avec 17,5 millions de dollars et les dattes avec 13,8 millions de dollars.

La fiche de synthèse élaborée par la commission économique de l’ambassade de France, publiée sur son site internet “IDE en Algérie et la présence française”, souligne que “dans le cadre de la relance de la coopération bilatérale entre la France et l’Algérie, le niveau des investissements français se caractérise par une évolution constante depuis 2002. Dans la foulée de la signature de l’aide mémoire sur le partenariat pour la croissance et le développement de juillet 2004 (engagement financier de la France sur l’Algérie de 2 milliards d’euros), le renforcement de la présence française devrait se poursuivre ces prochaines années. À ce titre, l’ extension de l’enveloppe de conversion de créances à hauteur des 10% fixés par le Club de Paris (288 millions d’euros) constitue un véritable outil d’ encouragement de l ’investissement français en Algérie”.

La commission économique de l’ambassade de France rappelle que la Banque de France plaçait l’Algérie au 68e rang des destinataires des flux d’ investissements français en 2002, avec 21 millions d’euros. En stock, précise la même source, “l’Algérie enregistrait pour la même année un encours de 144 millions d’euros d’IDE français”. “En 2003, les flux d’IDE français à destination de l’Algérie sont restés constants avec 21 millions d’euros, mais l’Algérie est passée au 50e rang des pays destinataires, cesurclassement s’expliquant par la légère baisse des IDE français dans lemonde. Selon les statistiques disponibles, la France, avec 344 millions dedollars sur la période 1998-2001, constitue le 3e pays investisseur enAlgérie, derrière les États-Unis (907 millions de dollars) et l’Égypte (363millions de dollars)”, indique la Banque d’Algérie. Le document affirme qu’entre 1998-2001, “les investisseurs français sont les premiers investisseursdes pays de l’Union européenne, devant l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne”.Les IDE français, souligne la commission économique de l’ambassade deFrance, sont essentiellement présents dans les hydrocarbures (ElfTotalFinaet Gaz de France), l’agroalimentaire (Danone, Castel), la chimie et lapharmacie (Sanofi-Aventis Algérie), les industries manufacturières(Michelin) et les services financiers.

—————–

Échanges commerciaux Algéro-Français

3,5 milliards de dollars en 2004

Par Faïçal Medjahed, Liberté, 8 février 2005

Les exportations algériennes vers la France constituent, selon les statistiques du Centre national de l’informatique et des statistiques (Cnis) des douanes, 20% du volume global, alors que les importations provenant de la France représentent 42%. La France demeure, selon les statistiques du Cnis, le premier partenaire commercial de l’Algérie en 2004. Elle est le troisième client de l’Algérie après les USA et l’Italie avec 3 615 millions de dollars en 2004, soit une évolution de 16,99% par rapport à l’année 2003. Néanmoins, elle reste son premier fournisseur avec 4 126 millions de dollars, soit une hausse de 27,98% comparativement à l’exercice 2003. Ce qui représente, selon le Cnis, près de 22,67% de la valeur globale des importations et 11,40% des exportations algériennes. La France est le premier client de l’Algérie également pour les produits hors hydrocarbures avec 173 501 dollars, soit 22,03% de la valeur globale des exportations. Les hydrocarbures constituent, dit-on, une part très importante des importations françaises provenant de l’Algérie puisqu’elle importe 39% de pétrole non raffiné et 21% de gaz naturel. Les importations algériennes sont composées essentiellement de biens d’équipement et de transport (39%), des produits alimentaires (21%) ainsi que des produits semi-manufacturiers (19%)

———————–

Incidents de paiements

La Coface avertit

Par Faïçal Medjahed, Liberté, 8 février 2005

Bonne nouvelle : la Coface a placé l’Algérie sous surveillance positive en 2005. Elle est considérée comme un risque faible à moyen terme (meilleureé valuation du risque Algérie). Mais la Compagnie française d’assurance crédits à l’exportation (Coface) a indiqué dans son dernier rapport sur le risque-Algérie qu’“il n’existe pas de restriction particulière à l’ importation en Algérie, de système de quota, même si dans le secteur pharmaceutique, l’importation est soumise à un engagement d’investissement ultérieur à la production”.

Elle a souligné, par ailleurs, qu’“étant donné la faible capitalisation de nombreuses sociétés algériennes de création récente, le manque de transparence des bilans rend difficile l’exercice des entreprises de vérification, au demeurant peu nombreuses”. La Coface recommande, toutefois, aux chefs d’entreprise français d’utiliser la lettre de crédit ou la remise documentaire comme moyens de paiement. Elle a soutenu qu’“il est conseillé de vérifier au préalable la réputation de la banque du client algérien avant la concrétisation de toute opération bancaire”, tout en estimant dans la foulée que “les lenteurs du système bancaire demeurent pénalisantes”. Les transferts pour rémunération de prestations et d’investissements immatériels posent encore, selon la Coface, des difficultés.

——————

Coopération en matière d’énergie avec la France

Le marché algérien des hydrocarbures s’est ouvert aux compagnies françaises.

Par N Ryad, Liberté, 8 février 2005

Sonatrach est satisfaite de son partenariat avec Total”. C’est ce que vient de nous confier un responsable de la compagnie nationale. En effet, ce groupe, 5e compagnie pétrolière dans le monde, exploite en partenariat avec Sonatrach et Repsol le gisement de gaz humide de Tin Fouye Tabankort. Sur Hamra, elle a un contrat de vente par anticipation qui court jusqu’en 2007.

Au cours des successifs appels d’offres lancés en matière d’exploration depuis 2001, Total a décroché trois blocs, l’un à Berkine, deux au Sud-Ouest plus précisément à Timimoun et à Béchar (contrat de prospection pour ce dernier). Elle a été déçue de ne pas remporter le projet intégré de Gassi Touil décroché par Repsol et Gas Natural, mais ne désespère pas de rafler un gros projet de développement de gisements, en attendant que les travaux d’ exploration portent leurs fruits.

Vers un retour du Technip

Gaz de France, en association avec Sonatrach et Petronas, mène des travaux d’ exploration dans le périmètre de l’Ahnet au Sud-Ouest, devant aboutir à une décision de développement de ces gisements de gaz. Pour un responsable de Sonatrach, les travaux de la phase 1 ont confirmé une accumulation de gaz d’au moins 100 milliards de mètres cubes. Gaz de France a également décroché un bloc pour l’exploration au Sud-Ouest dit Touat.

Sonatrach est de surcroît l’un de ses principaux fournisseurs en gaz, faisant de l’Algérie l’une des principales sources d’approvisionnement de la France en gaz. Les deux compagnies françaises sont également partenaires de Sonatrach dans le projet du gazoduc Medgaz reliant directement l’Algérie à l’Espagne. Ce qui pourrait conférer aux relations entre l’Algérie et la France via Total et Gaz de France un caractère stratégique. En somme, depuis l’investiture de Bouteflika à la tête de l’État, le marché des hydrocarbures du pays, dominé par les compagnies anglo-saxonnes et japonaises, s’est ouvert aux compagnies françaises. En témoignent les contrats décrochés par Entrepose, Spie Capag, Bouygues off shore et Sofresid dans le secteur des services. Technip, le géant du parapétrolier français, veut revenir en Algérie. Il est intéressé en particulier par les projets de modernisation des raffineries de Naftec et la construction du nouveau train de liquéfaction de Skikda. Mais la coopération avec la France en la matière s’étend à des domaines moins sensibles et non moins importants : en particulier les programmes de formation et de recherche développés par l’IAP avec l’assistance de l’Institut français du pétrole.

Elle envisage de porter sa part de marché tous pneus confondus de 20 à 30% d ’ ici la fin de l’année. – Le groupe agroalimentaire Danone a fait son entrée en Algérie en prenant 51% des laiteries Djurdjura appartenant à la famille Batouche. Son investissement initial a été de 30 millions d’euros et il est maintenu, depuis, au niveau de 3 millions d’euros par an. Il emploie plus de 600 personnes et détient 35% de part de marché. – La société Schneider-Electric Algérie dispose d’une unité de production industrielle avec un atelier d’assemblage sur son site de Rouiba. Elle emploie 80 personnes. – Le groupe pharmaceutique Sanofi-Synthelabo est actionnaire unique depuis octobre 2001 de l’Institut médical algérien (IMA) qui dispose d’une unité de production des formes liquides. – Le groupe français Aventis a réalisé un chiffre d’affaires de 70 millions d’euros en Algérie en 2003. Il est partenaire de Saidal dans une usine de production de médicaments à Alger. Ce groupe a signé trois accords de partenariat avec le groupe Saidal pour la production, notamment, de formes sèches et d’insuline. – L’armateur et transporteur maritime français, CMA-CGM, dispose, aujourd’hui, de 5 agences au niveau des ports d’Alger, Oran, Béjaïa, Skikda et Annaba. Il a investi dans un port sec à Rouiba. Il emploie 110 personnes. – La banque française BNP Paribas, qui dispose de plusieurs agences bancaires à Alger, prévoit d’investir en masse le créneau du crédit à la consommation via sa filiale Cetelem. – La Société Générale Algérie compte implanter une vingtaine de nouvelles agences bancaires et élargir davantage ses activités pour le financement de l’investissement. – Natexis est également présente à travers plusieurs agences principalement implant ées dans la capitale