Ouverture du onzième sommet de la francophonie

Ouverture du onzième sommet de la francophonie

Bedjaoui aujourd’hui à Bucarest

Abdelkamel K., Liberté, 28 septembre 2006

Il représentera l’Algérie à ce rendez-vous des pays francophones, auquel elle a été conviée en qualité d’“invitée spéciale” après avoir pris part aux sommets de Beyrouth et de Ouagadougou à titre d’observateur.

S’étant tenue à l’écart de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) depuis son accession à l’indépendance en 1962, l’Algérie semble se rapprocher davantage de cette institution ces dernières années. Il s’agit d’un changement significatif de la position algérienne vis-à-vis de la francophonie, qui regroupe désormais 63 pays. En effet, sans s’engager à devenir membre à part entière de l’OIF, l’Algérie se limite à une politique de petits pas en sa direction.
Devant les nombreux appels du pied émanant de cette organisation durant ces dernières années, le chef de l’État a fini par accéder aux invitations qui lui ont été adressées.
En 2002, Abdelaziz Bouteflika a participé au Sommet de la francophonie à Beyrouth à titre d’observateur. Il sera également présent pour le dixième rendez-vous en 2004 dans la capitale burkinaise, Ouagadougou, toujours en qualité d’observateur. Le rapprochement entre l’Organisation internationale de la francophonie et l’Algérie s’affermit au fur et à mesure. Les contacts entre les deux parties, notamment à l’initiative de l’OIF, n’ont jamais été rompus.
À l’occasion du onzième sommet, qu’abritera la capitale de la Roumanie, Bucarest, aujourd’hui et demain, l’Algérie a été sollicitée pour y participer.
Le mercredi 10 août dernier, le secrétaire général du ministère des affaires étrangères algérien, Ramtane Lamamra, a reçu le ministre adjoint des Affaires étrangères de Roumanie, M. Cristian Preda. À l’ordre du jour de la rencontre figurait le point relatif aux “conditions techniques relatives à
l’organisation du 11e Sommet de la francophonie, prévu les 28 et 29 septembre prochains”.
Le ministre roumain avait notamment déclaré, après qu’il eut été reçu le même jour par son homologue algérien, Mohamed Bedjaoui : “ Je suis porteur d’un message du président Traian, au président Bouteflika, l’invitant à prendre part au prochain Sommet de la francophonie ”. C’est dire que les organisateurs du sommet de la francophonie ont pris leurs dispositions pour s’assurer de la présence de l’Algérie. Mais cette fois-ci, l’Algérie aura le statut d’“invitée spéciale”, non pas celui d’observateur, comme ce fut le cas à Beyrouth et à Ouagadougou. C’est le chef de la diplomatie algérienne, Mohamed Bedjaoui, qui représentera le président Abdelaziz Bouteflika, dans la capitale roumaine, a indiqué mardi un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Aucun avis n’a été avancé quant aux raisons de la défection du président de la République.
Reste à savoir maintenant comment évoluera la position de l’Algérie envers l’Organisation internationale de la francophonie, qui semble déterminée à en faire un de ses membres. La question mérite d’être posée, quand on se rappelle l’agitation ayant animé certains cercles islamistes algériens, qui avaient rejeté le rapprochement.

K. ABDELKAMEL