Algérie-France: Accords sur le nucléaire et la défense

Algérie-France: Accords sur le nucléaire et la défense

par Djamel B., Le Quotidien d’Oran, 22 juin 2008

Le chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, a insisté, hier, sur la nécessité d’une plus grande fluidité dans la circulation des personnes avec la France et a appelé à plus d’investissements productifs français en Algérie. Dans une déclaration, à l’ouverture d’une séance de travail avec son homologue français François Fillon, le Premier ministre algérien a rappelé l’importance de la dimension humaine dans le renforcement de la coopération entre Alger et Paris. Belkhadem a indiqué que les échanges multiformes entre les deux pays ne peuvent avoir tout leur sens s’ils sont amputés de leur dimension humaine. Belkhadem a, en outre, émis le souhait que «le dynamisme et la diversité» dans les échanges bilatéraux, évalués en 2007 à plus de 9 milliards de dollars, puissent se traduire au niveau des investissements français en Algérie, particulièrement l’investissement productif. Il a rappelé, à ce titre, que la mise en place d’un conseil d’affaires algéro-français et d’une chambre de commerce et d’industrie algéro-française devrait contribuer à donner une nouvelle impulsion aux relations de coopération et de partenariat entre Alger et Paris. Le chef du gouvernement a relevé les domaines de coopération identifiés, en commun, à savoir: les secteurs de l’automobile, de la pharmacie et de l’agroalimentaire. La visite officielle du Premier ministre français a permis aux deux pays de signer, hier, deux accords sur le nucléaire civil et la défense ainsi qu’un mémorandum d’entente de coopération financière. L’accord de coopération dans le domaine de la défense a été paraphé par Abdelmalek Guenaïzia, ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, et Hervé Morin, ministre français de la Défense. L’accord sur le développement et l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire a été signé par le ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, et la ministre française de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi, Mme Christine Lagarde. Le ministre des Finances, Karim Djoudi, et Mme Lagarde ont signé le mémorandum d’entente de coopération financière. Avant la signature de ces accords, Fillon a indiqué que l’Algérie et la France vont entamer une coopération historique dans le domaine du nucléaire civil et la défense. Le Premier ministre français avait souligné que l’accord sur le nucléaire civil, le premier du genre de la France avec un pays de la région du Maghreb, et celui sur la défense sont fondamentaux.

Dans ce cadre, signale Fillon, il est prévu la création en Algérie d’un institut de génie nucléaire. Dans le secteur de la défense, il s’agit d’un «moment historique» et d’un accord «majeur», car le premier de cette nature entre les deux pays, a estimé le Premier ministre français. Il a réitéré la disposition de la France à développer la coopération militaire avec l’Algérie, notamment dans toutes les activités de formation. «Il faut également que nous examinions l’ensemble des opportunités de coopération industrielle dans le domaine de l’armement», a-t-il dit. Sur le contenu de l’accord dans le secteur de la défense, peu d’informations ont circulé. Les rares informations qui ont été rendues publiques officiellement, indiquent que dans un premier temps, la coopération sera surtout axée sur le volet de la formation et des échanges entre personnels. Néanmoins, des sources médiatiques françaises n’ont pas exclu la signature de contrats d’armement, dans une seconde étape. C’est en tout cas un souhait émis par Paris.

Lors de la signature du contrat, Fillon a rappelé que sur tous ces projets, la perception de la France est fondée sur un partenariat industriel, susceptible de contribuer à la croissance de l’économie algérienne et au transfert de technologies vers l’Algérie et à la création significative d’emplois. Le Premier ministre français a, d’autre part, souligné l’accroissement du nombre de visas octroyés par la France aux ressortissants algériens, qui sont passés de 50.000 en 1995 à 126.000 en 2006. Enfin, il a indiqué que les questions liées à l’histoire et à la mémoire sont au coeur des relations algéro-françaises et estimé que les deux pays ont beaucoup progressé sur ces sujets. Fillon a annoncé, à l’occasion, la mise sur place d’un groupe de travail pour faciliter l’accès des Algériens, notamment les chercheurs, aux archives françaises. Fillon qui entame une visite officielle de deux jours, à l’invitation du chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, a affirmé à son arrivée à Alger que la relation entre l’Algérie et la France est exceptionnelle. Le Premier ministre a ajouté que sa visite vient démontrer à quel point la relance de la coopération entre l’Algérie et la France entre dans une phase, désormais, de mise en oeuvre.