La mort de Ali Ziri n’est pas «enterrée»

LA MOBILISATION POUR «VÉRITÉ ET JUSTICE» SE POURSUIT

La mort de Ali Ziri n’est pas «enterrée»

L’Expression, 13 Septembre 2009

Des expertises médicales ont relevé la présence de nombreux hématomes, dont certains assez importants, sur le corps du défunt.

Même si Ali Ziri est mort, son affaire est loin d’être enterrée. Alors que son corps, repose au cimetière de son village natal à Ouled Rached, dans la wilaya de Bouira, des voix s’élèvent encore et toujours à Argenteuil, dans la banlieue parisienne, pour demander toute la vérité sur la mort suspecte de ce retraité algérien, décédé le 9 juin dernier à l’âge de 69 ans après l’intervention «musclée» des policiers français. Le collectif «Vérité et justice» sur la mort de Ali Ziri continue à organiser des rassemblements en France réclamant la levée de tous les secrets sur la mort de «Aammi Ali». à l’appel de ce comité, plusieurs personnes se sont rassemblées le vendredi passé à Argenteuil (Val-d’Oise) pour «réclamer la vérité sur la mort d’Ali Ziri. Les manifestants visent à amplifier la mobilisation citoyenne et sensibiliser les associations de quartiers pour dénoncer la répression policière», selon le comité. A rappeler que Ali Ziri a trouvé la mort le 9 juin dernier suite à un contrôle d’identité qui a mal tourné. Le défunt serait décédé des suites de coups que lui auraient assénés les policiers français. Lors de ce récent rassemblement, les participants exigent «au moins» que les trois policiers, à l’origine de l’agression, soient traduits en justice et condamnés. «Un homme est décédé. Il ne s’agit pas de faire le procès de la police mais nous souhaitons que les brebis galeuses qui ont porté les coups soient sanctionnées», a expliqué à l’AFP Me Sami Skander, avocat de la famille d’Ali Ziri. «Nous réclamons la vérité et une justice transparente sur la mort d’Ali Ziri», a déclaré à la même source Olivier Besancenot, porte-parole du NPA. Le collectif «Vérité et Justice» s’interroge sur le fait que les trois policiers sont toujours en service, cela au moment où Arezki Kerfali, qui accompagnait la victime, est toujours poursuivi en justice. Celui-ci doit comparaître le 17 septembre devant le tribunal de Pontoise pour «outrage à agent». «Ce qui est flippant c’est que les fonctionnaires de police sont toujours en fonction et que l’ami d’Ali Ziri passe en justice pour outrage», a annoncé le même interlocuteur. Une première autopsie a attribué la mort de M.Ziri à une «crise cardiaque sévère» et à une forte «dose d’alcool». Une fois que la mobilisation des citoyens a pris de l’ampleur, une contre-autopsie a été provoquée. La nouvelle expertise médicale effectuée au mois de juillet a confirmé la présence de nombreux hématomes, 27 au total, dont certains de grande taille, sur le corps du défunt. A noter que la dépouille de Ali Ziri a été rapatriée la semaine dernière en Algérie et enterrée dans son village natal dans la commune de Ouled Rached.

Tahar FATTANI