Emmanuel Macron : « La colonisation est un crime contre l’humanité »

Emmanuel Macron : « La colonisation est un crime contre l’humanité »

Fayçal Metaoui, TSA, 15 février 2017

« Je pense qu’il est inadmissible de faire la glorification de la colonisation. Certain ont voulu faire cela en France, il y a dix ans. Jamais vous ne m’entendrez tenir ce genre de propos. J’ai toujours condamné la colonisation comme un acte de barbarie. La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime contre l’humanité », a affirmé Emmanuel Macron, candidat du Mouvement En Marche ! à l’élection présidentielle française, dans une interview accordée mardi à la chaîne privée algérienne Echourouk News.

« La colonisation fait partie d’un passé que nous devons regarder en face en présentant nos excuses à l’égard de celles et ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes », a-t-il ajouté. Selon M. Macron, il ne faut pas balayer tout le passé. Il a rappelé la formule exprimée lors de sa rencontre publique, lundi soir, à l’hôtel Sofitel à Alger. « La France a installé les droits de l’Homme en Algérie, mais elle a oublié de les lire. C’est une jolie formule qui vaut pour l’Algérie pour expliquer cette période. Il y a eu des crimes terribles, de la torture, de la barbarie ».

La colonisation est un acte de domination et de non reconnaissance de l’autonomie d’un peuple. Tout en reconnaissant ce crime, je ne veux pas qu’on tombe dans la culture de la culpabilisation sur laquelle, on ne construit rien. C’est ce chemin de crête que je veux que nous prenions ensemble », a-t-il souligné.

En novembre 2016, Emmanuel Macron a, dans une interview à l’hebdomadaire français Le Point, abordé la question de la colonisation en des termes ambigus. « Oui, en Algérie, il y a eu la torture, mais aussi l’émergence d’un État, de richesses, de classes moyennes, c’est la réalité de la colonisation. Il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie », a-t-il soutenu.

Une phrase qui, selon lui, a été sortie de son contexte. « Je ne parlais pas que de l’Algérie. Il ne faut absolument pas lire mes propos comme des éléments qui nient le fait de la colonisation et sa barbarie. Si certains l’ont lu comme tels, je m’en excuse auprès d’eux », a-t-il expliqué à Echourouk News.

Selon lui, les pieds-noirs ont une autre vision de la colonisation. « Elle nie les crimes qui ont été commis. Je ne m’y retrouve pas. Mais, en même temps, on ne peut pas leur dire vous n’avez rien été, vous étiez simplement des criminels. Ils ont leur histoire intime avec l’Algérie. Et, donc, on doit savoir vivre, tresser ces mémoires tout en reconnaissant la responsabilité de l’État français et de ce qui s’est passé ici Algérie », a ajouté Emmanuel Macron.


France : Emmanuel Macron évoque des effets positifs de la colonisation de l’Algérie

Amina Boumazza, TSA, 23 novembre 2016

Emmanuel Macron, candidat à la présidentielle en France, évoque des effets positifs de la colonisation de l’Algérie. Un pan de l’histoire dans lequel « il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie » d’après l’ancien ministre de l’Économie français, a-t-il dit dans un entretien au magazine Le Point, publié ce mercredi.

Interrogé sur son idée d’un « Roman national » de la France, Emmanuel Macron estime que pour écrire cette histoire le pays doit revenir sur des passages « moins glorieux » de son passé.

« Alors oui… en Algérie il y a eu la torture mais aussi l’émergence d’un État, de richesses, de classes moyennes, c’est la réalité de la colonisation. Il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie », a répondu Emmanuel Macron, fondateur du mouvement En Marche.

Le candidat à la présidentielle française reconnait certes les exactions et la torture commises par la France coloniale mais estime que cet épisode a également permis de développer l’Algérie.

Ces propos qui rappellent ceux de l’ancien premier ministre François Fillon, candidat à la primaire de la droite pour la présidentielle, qui, en septembre dernier, avait comparé la colonisation française à « un partage de culture ».

La réflexion d’Emmanuel Macron a interpellé les internautes en France comme en Algérie, étonnés d’une telle réponse.