Signature jeudi de huit conventions entre l’Algérie et la France dans le domaine agroalimentaire

Signature jeudi de huit conventions entre l’Algérie et la France dans le domaine agroalimentaire

Younès Djama, Maghreb Emergent, 10 avril 2013

L’Algérie et la France renforcent leur coopération dans l’agroalimentaire. Huit conventions seront signées jeudi. En parallèle, un séminaire spécialisé est organisé à Alger, où une attention particulière a été accordée à l’agriculture saharienne.

Huit conventions cadres à caractère institutionnel et interprofessionnel seront signées jeudi entre l’Algérie et la France, en marge du Salon de l’agriculture et de l’agroalimentaire, qui se tient au Palais des expositions des Pins maritimes (SAFEX), à Alger. Deux conventions relatives aux légumes et viandes seront signées entre l’ l’Office national interprofessionnel des légumes et des viandes (Algérie) et l’Interprofession de la filière des fruits et légumes frais (Interfel) de France. C’est ce qu’a annoncé mercredi, M. Sahraoui Benallal, président de l’ONILEV, en marge du séminaire algéro-français sur la production et la valorisation des fruits et légumes.

Ces deux partenariats portent sur la coopération dans les domaines des légumes et des viandes, a indiqué M. Benallal, précisant que la coopération portera sur la transmission du savoir-faire français dans le domaine de la mécanisation agricole et le développement des semences. Il y aura également l’aspect lié à la formation.

Créée en 1976, Interfel rassemble les métiers de l’ensemble de la filière fruits et légumes frais, de la production jusqu’à la distribution. Organisme de droit et d’initiative privés, elle pour missions notamment d’élaborer des accords interprofessionnels et de mettre en œuvre des actions de communication informative et publi-promotionnelle.
A l’occasion de ce séminaire, le gouvernement algérien représenté, par M. Youcef Redjam-Khodja, directeur de la régulation et du développement des productions agricoles au Ministère de l’Agriculture et du développement rural, a invité la partie française, représentée par M. Daniel Perrin, président de l’Association pour le développement des échanges internationaux de produits et techniques agroalimentaire (ADEPTA), à entreprendre une politique « beaucoup plus agressive » en direction du marché algérien. De son côté, l’Algérie « leur ouvrira les bras ». « Le pays est ouvert aux investisseurs (français) intéressés par des partenariats gagnants-gagnants », a déclaré M. Redjam-Khodja, à l’adresse des opérateurs agroalimentaires français. Ce à quoi M. Perrin a répondu qu’il appartenait en premier lieu à l’Etat algérien d’identifier et d’exprimer ses besoins ».

Le symposium a été l’occasion pour les opérateurs français de proposer leurs services dans les domaines du développement des variétés arboricoles, les fertilisants, les techniques de stockage et de conservation des fruits et légumes, procédés de transformation, de conditionnement et de remplissage.

D’excellentes perspectives pour l’agriculture saharienne

M. Jean François Martin, ingénieur agronome et directeur général d’ICS, société spécialisée dans la semence et la matériel agricole, a présenté une expérience inédite menée en 2005 dans le sud algérien pour le développement des productions décalées, notamment en hiver. Grâce à un partenariat avec un opérateur algérien, l’entreprise française a pu obtenir des résultats intéressants dans la culture de l’oignon dans la région d’El Ménéa en plein mois de janvier. L’expert français, qui a mené des expériences similaires dans certains pays du la région MENA, (Afrique du nord et Moyen orient), notamment en Egypte et au Soudan, a estimé que le sud algérien présente d’ « excellentes opportunités » pour développer certaines cultures décalées, déplorant que l’expérience réussie menée dans cette région pour la culture de l’oignon n’ait été pas accompagnée d’un suivi de la part des autorités algériennes concernées.

Interrogé sur l’écueil lié la disponibilité de l’eau dans cette partie du pays, mis en évidence par des opérateurs algériens comme principal frein au développement de certaines cultures, M. Martin a réfuté ces déclarations, en soulignant que la sud algérien présente les mêmes caractéristiques que le désert égyptien ou la région du sud Soudan, où son entreprise a enregistré des résultats probants. « Nous sommes en mesure de fournir à nos potentiels partenaires algériens la variété la mieux adaptée à leur environnement et à leurs objectifs. De plus, ICS attache une grande importance à la qualité des semences qu’elle propose, afin d’aboutir à des cultures rentables, adaptées aux marchés locaux comme internationaux. Nous œuvrons, à ce titre, à disposer de semences dont les qualités agronomiques correspondent au mieux aux besoins de nos clients », a déclaré M. Martin.