Hortefeux reçoit le soutien de Dalil Boubakeur

Au centre d’une polémique en France

Hortefeux reçoit le soutien de Dalil Boubakeur

El Khabar, 15 septembre 2009

Plusieurs membres du gouvernement français en plus du Premier ministre François Fillon ont pris la défense du ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux au centre d’une polémique pour des propos controversés, tandis que la virulence des attaques de l’opposition diminuait.

Deux proches du président Nicolas Sarkozy, le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, et le conseiller spécial Henri Guaino, étaient venus à la rescousse du ministre. Ce sont le ministre de l’Immigration, Eric Besson, la secrétaire d’Etat à la Ville, Fadela Amara, et le ministre de la Relance, Patrick Devedjian, qui sont montés au créneau. Hortefeux, un fidèle de Nicolas Sarkozy, s’est trouvé au cœur d’une tempête politique après la diffusion d’une vidéo dans laquelle il tient des propos ambigus. Sur ce document tourné le 5 septembre lors d’une réunion du parti UMP (droite, au pouvoir), M. Hortefeux, dans une ambiance de détente et de plaisanterie, se voit présenter un jeune militant né d’un père algérien et d’une mère portugaise. « C’est notre petit Arabe », dit une femme. « Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes », répond le ministre. Le tollé a été général à gauche, certains parlant de racisme et réclamant sa démission, tandis que M. Hortefeux niait toute intention raciste. M. Besson a assuré que son collègue n’avait « rien de raciste ». « C’est quelqu’un qui est humaniste », a-t-il dit, jugeant « excessif, injuste et très déplacé » le « procès » fait au ministre de l’Intérieur. Et M. Devedjian a regretté qu’on ne « puisse plus se permettre de faire des blagues ou des plaisanteries, dans la société fournie de commissaires politiques abondants que nous connaissons de plus en plus ». Deux membres du gouvernement d’origine maghrébine, les secrétaires d’Etat Nora Berra et Fadela Amara, se sont aussi portées garantes du ministre.

Dans l’opposition, seul Jean Michel Baylet, président du Parti radical de gauche (PRG), a évoqué l’éventualité d’une démission de M. Hortefeux, regrettant qu’il « n’ait pas la dignité de tirer toutes les conséquences de ses propos ». Le socialiste François Hollande a conseillé au ministre de faire « des excuses » s’il voulait endiguer la polémique. Pour sa part, le président du parti centriste MoDem, François Bayrou, a concédé que « cela peut arriver de déraper ». M. Hortefeux a reçu, à sa demande, une délégation de la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra). A l’issue de la rencontre, les représentants de la Licra ont déclaré que pour eux « l’affaire était close ». D’ailleurs, Hortefeux devait participer hier soir à Paris à un iftar (dîner de rupture du jeûne) organisé par le Conseil français du culte musulman, instance représentative de l’Islam de France auprès des autorités. « Par sa présence à cet iftar, le ministre chargé des relations avec les cultes rendra hommage aux représentants de l’Islam de France, en cette période de ramadan si importante pour nos concitoyens de confession musulmane », souligne un communiqué du ministère de l’Intérieur. Interrogée par l’AFP, une source du ministère a affirmé que cette participation au dîner organisé par l’instance représentative de l’Islam de France, était « prévue de longue date ». Le recteur de la Mosquée de Paris, l’Algérien Dalil Boubakeur, a quant à lui témoigné son « soutien personnel » au ministre de l’Intérieur. « Je témoigne qu’il n’a eu que des paroles de respect et d’aménité pour toute la communauté musulmane de France dans mes contacts avec lui », a ajouté l’ancien président du Conseil français du culte musulman. Il est à rappeler que Brice Hortefeux a été de mai 2007 à janvier 2009 ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, chargé de mener une politique d’immigration choisie, avec un recours accru aux reconduites aux frontières.

Par R. I.