L’embrouille des relations entre l’Algérie et la France

L’embrouille des relations entre l’Algérie et la France

Une parfaite raison du rapprochement entre Alger et Washington

El Khabar, 11 avril 2010

Le dossier du Sahel africain semble être, au vu de la différence de sa gestion par le gouvernement français et son homologue américain, une des raisons principales du rapprochement entre l’Algérie et les Etats-Unis. Le gouvernement algérien trouve, en effet, que les pressions exercées par la France sur les pays voisins et l’impossibilité d’appliquer des programmes communs ont conduit à des divergences d’opinions entre eux, alors que l’administration Obama a laissé la question sécuritaire aux mains des pays de la région en offrant une aide militaire et technique.
Les pressions exercées par la France sur le président malien pour la libération des quatre terroristes demandés par Al-Qaida au Maghreb, ont renforcé la possibilité d’un éloignement entre la France et l’Algérie concernant leurs agendas respectifs dans la région, ce que les Etats-Unis n’ont pas tardé à reprendre à leur avantage en apportant son soutien dans des déclarations officielles aux décisions prises par l’Algérie et en se rétractant sur leur idée de mettre en place une base militaire dans la région.
Il est clair que les relations historiques de la France avec les pays de la région, ont facilité sa mainmise sur eux, puisqu’il est apparu que tous les plans proposés n’ont pu être réalisés qu’avec son aval, à l’instar des relations que l’ancien colon a tissées avec le Sénégal et le Mali. Les défis futurs n’auront pas manqué de mettre face à face l’Algérie et la France sur la question du Sahel, ce qui est apparu clairement dans les intentions de mettre en place des programmes différents. Un des exemples de ces dissensions est l’annonce de la convocation de l’ambassadeur français pour lui faire part de « l’incompréhension » du gouvernement au sujet de la décision de la justice française de ne pas accorder un non lieu dans l’affaire du diplomate algérien, Mohamed Ziane Hasseni, accusé d’être impliqué dans l’assassinat de l’opposant Ali Mecili en 1987. Au même moment, l’Algérie signait un accord juridique historique avec les Etats-Unis, trois jours seulement, après l’annulation par cette dernière de la liste des pays à risque et la mise en place de nouvelles mesures de sécurité dans les aéroports.
Il est pourtant évident que Paris et Washington ont les mêmes objectifs, toutes les deux cherchent à avoir un pied dans la région, entre les deux maux, l’Algérie a donc choisi le moindre, réussissant à décrocher, lors de la réunion des ministres des affaires étrangères des sept pays de la région, la direction un plan de développement et sécuritaire.

 

11-04-2010
Par : Attef Kedadra/Alger

 


Le quinquennat Sarkozy et l’Algérie

Un art consommé dans la destruction des acquis de Chirac

Les observateurs du dossier des relations algéro-françaises, divisent la politique française en deux parties, la première officielle, c’est-à-dire l’Elysée et la deuxième non officielle, dirigée par des non-politiques, mais dont l’objectif commun est de servir les intérêts de la France. Des parties concernées ou intéressées appellent, dans le même contexte, les responsables algériens à faire preuve de discernement pour faire face aux provocations de la France et la pousser à reconnaitre ses crimes, à s’excuser et à payer la facture officielle.
Si l’équation n’est pas comprise de tous, elle est, cependant, évidente au vu de la réalité des relations entre les deux pays, entre la victime et le tortionnaire, la France n’a eu de cesse, depuis l’indépendance, de provoquer l’Algérie. Questionné à ce sujet, le ministre Dahou Ould Kablia a répondu avec la franchise de ceux qui ont vécu la colonisation, que l’adversaire d’hier cherchait à « mettre les algériens à genoux » mais rassure immédiatement que cela n’arrivera jamais.
La France avait, pour rappel, clairement démontré ses intentions envers l’Algérie lorsque le président Bouteflika était soigné au Val-de-grâce … Celui-ci a, d’ailleurs, nettement changé de politique après la campagne médiatique menée par la presse de droite et dont il a fait les frais.
Sa première décision, à son retour, avait, en effet, été de charger le ministre des affaires étrangères de l’époque, Mohamed Bedjaoui, d’informer son homologue, Philippe Douste-Blazy, que l’Algérie ne signerait pas le traité d’amitié avec la France, avant que celle-ci ne fasse le nécessaire sur la question du devoir de mémoire.
Le président de l’époque jacques Chirac s’était ensuite appliqué à mettre en place les postulats d’un traité stratégique, dans des formes déjà usitées par l’Italie, l’Espagne et le Portugal…ouvrant avec Bouteflika une nouvelle page dans les relations algéro-françaises, ce qui a fait dire au président algérien que la France était la clé de l’Algérie pour le monde, avant que cette parenthèse enchantée ne soit refermée par la loi du 23 février, glorifiant la colonisation.
Le nouveau président français, élu en 2007, Nicolas Sarkozy, avait effectué sa première visite officielle en Algérie et avait demandé à Bouteflika son soutien pour le projet de l’Union pour la Méditerranée lui proposant également un partenariat d’exception en échange d’excuses qui ne seront finalement jamais sorties de sa bouche.
Les jours et les mois ont démontré que Sarkozy n’était pas le partenaire idéal pour une évolution des relations avec l’Algérie, puisqu’il est entouré d’un lobby de nostalgiques de « l’Algérie française », réfractaires à tout rapprochement entre les deux pays.

 

11-04-2010
Par : Djallel Bouati/Alger


 

Larbi Belkheir a joué son rôle et Claude Guéant tente de lui succéder

L’Algérie et la France ont perdu une soupape de sécurité

Depuis que le général Larbi Belkheir a cessé d’exercer ses fonctions en tant qu’autorité active dans le pays suite à sa maladie, l’Algérie et la France ont perdu l’un des plus importants points de relais entre les deux pays qui empêchait la dégradation des relations bilatérales entre Alger et Paris. Après la mort de Larbi Belkheir, les Français tentent de pousser le secrétaire général de l’Elysée, M. Claude Guéant, à rebâtir les liens détériorés entre les deux pays.

On dit que le « Cardinal de Frenda », décédé à la fin de janvier dernier, a fait d’énormes efforts pour bâtir son grand et influent réseau d’amitié avec la France, afin de convaincre les responsables de ce pays que l’homme qui a été choisi par l’institution militaire, en 1999, serait l’homme qui conviendrait le plus à servir les intérêts économiques et politiques de la France en Algérie, en plus des privilèges de certaines personnalités françaises qui tenaient avec Belkheir des liens d’amitié et de business qui remontaient aux débuts des années 80.

On doit, également, rappeler que Belkheir a joué un rôle très important à geler le dossier des crises diplomatiques entre les deux pays qui ont commencé dès le début de la crise sécuritaire en Algérie. Parmi les crises entre les deux pays, dans lesquelles Belkheir est intervenu et a pu les résoudre, celles du kidnapping des fonctionnaires de l’Ambassade de France à Alger, en 1993 et du détournement de l’Airbus à la fin de 1994, en plus de l’assassinat des moines de Tibhirine en 1996.

Les hommes qui ont connu Belkheir de près témoignent qu’il fut la soupape de sécurité des intérêts de la France en Algérie, il assurait la pérennité des relations bilatérales dans leur volet économique. Certes, il a pu maintenir la continuité des investissements français en Algérie, au moment où l’ensemble des investisseurs étrangers l’avaient quittée. Les français étaient sous influences des rapports de renseignements de leurs pays qui faisaient état d’un éventuel renversement du régime en place, en Algérie, sous les frappes des groupes islamiques armés.

Cependant, les connaisseurs des dessous des relations historiques entre les deux pays, étaient certains que la France n’allait jamais abandonner la meilleure de ses anciennes colonies, même sous la féroce concurrence des Etats-Unis et de la Chine, en Afrique du Nord. Ils savaient qu’il était un homme puissant au sein du régime algérien, même si l’on l’appelait « le faiseur des présidents », il était aussi l’homme ayant des liens solides avec les plus influents cercles économiques français. Ils savaient, également, que les liens entre l’Algérie et la France étaient plus puissants que les violentes tempêtes qui frappent leurs relations bilatérales, de temps à autre. Ils savaient surtout que les hommes du régime algérien possédaient des investissements et des résidences en France et que les enfants de la plupart d’entre eux poursuivaient leurs études en France où ils se rendent, souvent, ne serait ce que pour des maux de dents.
Pour leurs parts, les Français connaissaient parfaitement les intérêts en plus de la nostalgie qui relient les responsables algériens à la France. Pour cette raison, ils étaient certains que quel que soit le niveau d’un conflit, il ne dépassera pas un seuil déterminé. Sur cette base, le gouvernement Français tente timidement de pousser le deuxième homme de l’Elysée, la cervelle de Nicolas Sarkozy, à améliorer les relations avec l’Algérie.
Notons que l’expérience de Claude Guéant est riche en acquis, en termes de résolution des conflits et de crises avec les pays africains. Il a, également, le mérite d’avoir libéré les infirmières Bulgares en Lybie, dans l’affaire du virus du SIDA injecté à des enfants. On lui a également confié la mission d’apaiser la tension des algériens suite aux questions de « l’humiliation Française » de l’Algérie dans l’affaire du diplomate Mohammed Hasseni, l’accusation de l’Armée nationale populaire algérienne pour être « impliquée dans l’affaire de l’assassinat des moines de Tibhirines à Médéa », en plus des déclarations de Bernard Kouchner, faisant état de la nécessité du départ de la génération de novembre du pouvoir, et dernièrement, le complot qui a été tissé avec le Mali contre l’Algérie, dans l’affaire de la libération des membres d’Al-Qaïda contre la vie de Pierre Camate.

 

11-04-2010
Par H. Yes