L’Ancien premier ministre français Jean-Pierre Raffarin à Alger

L’ANCIEN PREMIER MINISTRE FRANÇAIS JEAN-PIERRE RAFFARIN À ALGER

Ou comment booster la coopération économique bilatérale

Le Soir d’Algérie, 2 février 2012

Consacrée à l’examen de plusieurs projets de partenariat en suspens, notamment les dossiers Renault, Lafarge et Total, la visite qu’entame depuis hier à Alger l’ancien Premier ministre français, Jean-Pierre Raffarin, vise à booster davantage la coopération économique bilatérale, voire le développement de l’investissement productif.
Chérif Bennaceur – Alger (Le Soir) – L’envoyé personnel du président français et ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, a entamé hier une visite de travail de deux jours à Alger. Lors de ce déplacement, le quatrième en deux ans, Jean-Pierre Raffarin rencontre notamment le ministre de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement, Mohamed Benmeradi. Une visite, «un point d’étape», considère l’ancien Premier ministre dans un entretien accordé à nos confrères de TSA. Vouée à booster la coopération économique bilatérale, cette visite permettra aux deux parties de «prendre acte des avancées» et d’«examiner les efforts restant à entreprendre». Des avancées ont ainsi été constatées dans la mesure où neuf projets de partenariat, notamment dans l’industrie pharmaceutique (projet de Sanofi Aventis), l’industrie du verre (cession de l’entreprise publique Alver au français Saint- Gobain) et dans les assurances (implantation d’AXA) ont été concrétisés et sont déjà opérationnels. En outre, et suite au Forum de partenariat algéro-français organisé en mai 2011 et qui a réuni quelque 146 entreprises françaises et 520 entreprises algériennes, une quinzaine d’accords de partenariat, relève l’envoyé spécial, «sont soit conclus, soit en négociation avancée». Un bilan annoncé comme «très positif» même si certaines difficultés administratives entravent cette coopération, reconnaît l’envoyé personnel, ou que trois grands projets dans le domaine industriel et pétrochimique restent encore au stade des discussions, voire sujets à blocage. Il s’agit de la réalisation d’une usine de construction automobile de marque Renault (d’une capacité de 75 à 150 000 véhicules), d’un partenariat entre le groupe public algérien Gica et le cimentier français Lafarge, ainsi que de la réalisation d’un vapocraqueur d’éthane à Arzew entre Sonatrach et Total Pétrochimie. Certes, les deux parties s’affirment confiantes, au regard des assurances répétées de M. Benmeradi concernant notamment les négociations «à un stade très avancé» sur le projet Renault. Une appréciation que semble partager l’hôte français qui relève que «les discussions avancent à un rythme tout à fait satisfaisant». Toutefois, Jean-Pierre Raffarin considère « normal que les discussions qui portent sur un très grand nombre d’aspects (développement du tissu de sous-traitants et fournisseurs, le choix du site, le pacte d’actionnaires, le financement du projet…) aient besoin de temps pour aboutir ». Et cela même si le choix a porté sur la zone de Bellara, dans la wilaya de Jijel, pour la réalisation de cette usine et où Renault a envoyé une mission technique. Et que, concernant le projet pétrochimique, le ministre de l’Industrie annonce l’entame de négociations sur la rentabilité économique après la finalisation des études sur le potentiel d’éthane. D’autres avancées seront-elles constatées lors de cette visite, ou d’autres discussions, un «travail plus approfondi» et «davantage de concertation» seront-ils encore nécessaires ? L’ancien Premier ministre français devrait y répondre aujourd’hui, lors du point de presse qu’il animera conjointement avec son hôte algérien. L’opportunité également de faire le point sur d’autres thèmes de coopération, notamment l’employabilité et la formation professionnelle ainsi que le développement de l’entrepreneuriat. Et d’autant que les deux parties veulent renforcer le volet industriel, de manière davantage ciblée et intégrée, de la coopération bilatérale, au-delà de l’intensification des échanges commerciaux. Ainsi, la France est actuellement le premier client de l’Algérie et son quatrième fournisseur, avec un volume d’échanges commerciaux entre les deux pays qui a dépassé 13 milliards de dollars en 2011. En outre, la France est le premier investisseur étranger en Algérie, avec près de 450 entreprises implantées, filiales de grands groupes et de PME avec plus de 130 000 emplois directs et indirects. En ce sens, Mohamed Benmeradi, cité hier par l’Agence nationale de presse, affirme la quête par l’Algérie de relations commerciales et économiques «à moyen et long terme» et basées sur l’investissement productif «sur son sol» et non uniquement sur les importations et les exportations. A charge, cependant, que toutes les conditions d’attractivité à l’investissement étranger soient réunies, au-delà de la solidité de la situation financière de l’Algérie. En ce sens, la partie française, qui entend s’«adapter » aux décisions «souveraines» de l’Algérie, souhaite, au demeurant, l’assouplissement du dispositif en faveur des PME françaises en particulier.
C. B.