Les « arguments » de Paris pour défendre les entreprises françaises implantées en Algérie

RENAULT PEUGEOT TECHNIP…

Les « arguments » de Paris pour défendre les entreprises françaises implantées en Algérie

Zahra Rahmouni, TSA, 8 septembre 2015

Hormis les questions relatives à la liberté d’expression et les droits de l’Homme en Algérie, Gérard Larcher s’attend fortement à être interrogé sur les intérêts économiques de la France sur notre territoire national. Le tissu entrepreneurial français a en effet augmenté sa présence dans le pays ces dernières années, le document du Quai d’Orsay à l’attention du président du Sénat français préparent donc le terrain suite aux polémique engendrées par des multinationales comme Total, Renault ou encore la société d’ingénierie Technip.

L’Algérie, point d’entrée sur le marché africain

L’Algérie n’est plus considérée comme un simple marché export. C’est le message que laissent entendre les réponses préparées pour Gérard Larcher et concernant notamment les activités qui engagent Renault et Alstom sur le territoire national.

Le document suggère en effet que les investissements français en Algérie sont considérés avec une certaine méfiance. Les privilèges accordés aux entreprises françaises, notamment Renault et Peugeot, suscitent aussi beaucoup de critiques. Des critiques qui pourraient être renouvelées lors de la visite.

« On dit que Renault a bénéficié de privilèges exceptionnels qu’elle aurait marchandé avec les autorités algériennes (…) », note le document qui suggère une réponse évasive : « tout projet économique est le fruit d’une négociation (…) ». Avant de mettre en avant « la sous-traitance, qui doit atteindre 40%’ ». A quelle échéance ? Mystère.

Les rédacteurs du document s’attendent également à une question liée à Peugeot, un « lot de consolation limité au marché local, à l’exemple de l’usine Renault d’Oran » après l’annonce de l’implantation de la marque au lion au Maroc, avec un vrai projet industriel. Là encore, la réponse est peu convaincante, ne contenant aucune donnée chiffrée ni date de lancement : « C’est un projet qui est actuellement en négociations entre PSA et le ministère de l’Industrie et des mines algérien. PSA cherche un partenaire et un lieu d’implantation de son usine ».

En somme, la communication établie par le MAE français insiste sur le fait qu’aucune des deux parties ne devraient être lésées par ces partenariats gagnants-gagnants puisque les investissements franco-algériens sauvent et créent des emplois des deux côtés de la Méditerranée tout en participant aux « transferts de savoir-faire ».

Plus ambitieux encore, le discours de Larcher situe l’Algérie comme une porte d’entrée en Afrique et place les deux pays « à la conquête de nouveaux marchés » en citant Renault et la future implantation d’une usine Peugeot.
Les multinationales françaises représentent leur propre intérêt

Les entreprises françaises sont indépendantes des autorités françaises quand il s’agit d’étendre leur activités sur les marchés étrangers. Voici la ligne de défense suggérée à Larcher au regard de la polémique provoquée par Total dans le dossier du gaz de Schiste : « Les entreprises françaises opérants en Algérie, […] n’ont pas d’instruction à recevoir du gouvernement français si elles souhaitent répondre, en concurrence avec d’autres entreprises étrangères, à d’éventuels appels d’offre dont les conditions sont fixées par les autorités algériennes ».

La France botte donc en touche sur le schiste et laisse le soin aux autorités algériennes d’apporter une solution à un problème qui « relève exclusivement de la décision du peuple algérien ».

Idem, en ce qui concerne, le conflit opposant la Sonatrach et Technip au sujet duquel Larcher rappellera que la société française est toujours prête à entamer des discussions afin de trouver « une solution mutuellement acceptable ». Pour rappel, ce conflit concerne l’exécution du contrat et les modalités financières et fait actuellement l’objet d’une procédure d’arbitrage international.