Ces Algériens qui achètent des logements à Paris

Ils investissent massivement à l’étranger

Ces Algériens qui achètent des logements à Paris

El Watan, 30 mai 2015

L es Algériens se taillent une part importante des transactions immobilières réalisées par des étrangers en Ile-de-France, avec 10,2% des investissements consentis en Grande Couronne durant les trois premiers mois de l’année 2015.

Un sujet qu’il est étrange d’évoquer en ces temps de crise. Pourtant, les Algériens investissent en masse dans l’immobilier. Au seul détail près, ils le font à l’étranger. Résolument globe-trotters, nos compatriotes ont élu domicile dans diverses contrées. Pourtant, c’est en Europe que l’on trouve les exemples les plus courants, mais aussi et surtout des chiffres qui révèlent l’ampleur du phénomène.

Les données les plus récentes ont d’ailleurs été publiées jeudi par les notaires d’Ile de France. Elles démontrent non seulement que les Algériens se placent toujours parmi les plus gros acquéreurs étrangers dans l’immobilier parisien et francilien, mais aussi que les profils de ces derniers acquéreurs sont très variés.

Si l’idée selon laquelle l’immobilier de luxe parisien attire une certaine caste d’Algériens a fait consensus au fil des publications impliquant tel et tel responsable, il n’en demeure pas moins que d’autres catégories s’intéressent de plus en plus à l’immobilier en France.

C’est ainsi que les données présentées jeudi par les notaires d’Ile de France et largement relayées par divers médias hexagonaux mettent en évidence le rôle de plus en plus actif des Algériens dans le marché immobilier en France. Les données compilées par AFP, le magazine Challenges ainsi que la Tribune.fr précisent ainsi que les Algériens sont les deuxièmes plus gros investisseurs dans l’immobilier en Grande couronne, derrière les Portugais en s’accaparant 10,2% des transactions passées au premier trimestre de 2015.

Il s’agit là de la périphérie francilienne ; ces acquisitions se concentrent dans les départements de la Seine et Marne, des Yvelines, de l’Essonne, ainsi que du Val d’Oise, soit des départements à la moyenne des prix largement en deçà du marché parisien à proprement parler. Des données qui renseignent d’ailleurs sur le profil des acquéreurs, ceci d’autant que les notaires d’Ile de France précisent que 80 à 90% des acquéreurs classés comme étrangers bénéficient en réalité du statut de résidents en France.

Et d’expliquer également l’engouement grandissant des acquéreurs pour l’immobilier francilien par deux facteurs, à savoir la baisse de l’euro, ainsi que la déprime du marché de l’immobilier en France, qui se caractérise par une baisse continue des prix. Aussi, s’il est vrai que les résidents boostent le marché immobilier francilien en général, il n’en demeure pas moins que les non-résidents entretiennent toujours l’attrait des quartiers plus huppés tels que les IVe et le VIIe arrondissements de Paris qui captent des investisseurs du monde entier.

Les Algériens ne sont pas en reste sur ce segment. Il faut rappeler à ce titre qu’une étude publiée il y a quelques mois par les notaires d’Ile-de-France faisant la rétrospective de deux décennies d’immobilier parisien, nos compatriotes se situent en 4e position des investisseurs non résidents se concentrant sur des acquisitions immobilières dont le prix est supérieur de 23% à la moyenne parisienne de 400 000 euros. Des chiffres qui donnent le tournis !
Roumadi Melissa