L’accord sera signé ce mois à Alger : Option pour le nucléaire français, aussi

L’accord sera signé ce mois à Alger : Option pour le nucléaire français, aussi

par Salah C., Le Quotidien d’Oran, 1er juin 2008

Chakib Khellil et Jean-Louis Borloo, respectivement ministre algérien de l’Energie et des Mines et ministre d’Etat français de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, ont animé, hier, à Alger une conférence de presse au cours de laquelle deux sujets d’actualité ont été abordés à savoir: la coopération bilatérale dans le domaine de l’énergie nucléaire et la situation actuelle du marché pétrolier mondial. Concernant le premier volet, le ministre algérien a déclaré que l’accord-cadre de coopération algéro-française dans l’énergie nucléaire sera signé, en juin prochain, lors de la visite à Alger du Premier ministre français, François Fillon. M. Khellil a précisé que «cet accord prévoit, notamment un transfert de technologie entre les deux parties en plus de l’apport technique et financier de la partie française». De son côté, M. Borloo, pressé par les journalistes de donner plus de précisions sur cet accord, s’est limité à répondre: «le moment n’est pas encore venu pour les dévoiler».

Le représentant du gouvernement français a, en outre, planché sur la coopération énergétique bilatérale dans les domaines de l’énergie renouvelable et la protection de l’environnement en indiquant que «cette coopération s’inscrit dans le cadre du projet de l’Union pour la Méditerranée (UPM), initié par le président français, Nicolas Sarkozy».

A cet effet, il a noté que «l’Algérie est parmi les rares pays à avoir introduit le système hybride combinant le gaz et l’énergie solaire dans la production de l’électricité».

S’agissant du projet de l’Union pour la Méditerranée, M. Borloo a indiqué qu’il doit être proclamé le 13 juillet à Paris par le président français Nicolas Sarkozy, à l’occasion du sommet des chefs d’Etat des pays de la Méditerranée en rappelant l’élection de l’Algérie, en décembre 2007 à Bali (Indonésie), à la présidence du groupe africain sur le changement climatique pour la période 2008/2009 et le passage de la présidence de l’Union européenne à la France, à partir du mois en cours.

M. Borloo s’est montré convaincu qu’«une plateforme de convergences entre l’Europe et l’Afrique sur les CO2 et le réchauffement climatique verra le jour», durant cette rencontre au sommet.

Dans le même contexte, le ministre français a fait part de la disponibilité de son pays à mettre tous les moyens en commun afin de développer la recherche opérationnelle sur l’énergie solaire à grande concentration en déclarant: «il s’agit, à cet égard, des moyens bilatéraux et ceux de l’UPM». Au chapitre des cours actuels du pétrole, Chakib Khelil a réaffirmé que «ces prix ne reflètent pas les conditions du marché, mais sont dus à d’autres facteurs liés à la spéculation des intervenants du marché, ainsi que la crise des «Subprimes» et la dépréciation du dollar».

Abordant le rôle de l’Organisation des pays exportateurs du pétrole (Opep), le ministre a déclaré que «cette organisation, qui détient seulement 40% de la production mondiale, ne prendra aucune nouvelle décision sur sa production avant sa réunion de septembre à Vienne». Le ministre a également abordé la situation du marché du gasoil, en estimant que «les prix connaissent une importante envolée». Il a expliqué cette tendance à la hausse, qualifiée de crise du gasoil, par le fait qu’elle tire, elle aussi, à travers le raffinage, les prix du brut. Pour Chakib Khelil, la raison réside dans «l’introduction du bioéthanol sur les marchés, introduction qui a conduit à la réduction de la production du diesel, d’où l’augmentation de son prix». Cette situation est, selon le ministre, à l’origine de la polémique sur le développement des bio-carburants et leur impact sur le marché pétrolier international», devait conclure M. Khelil. A signaler, enfin, que le ministre français visitera, durant son séjour plusieurs sites dont le projet de séquestration du dioxyde de carbone (CO2) à Khrechba, dans la wilaya de Ghardaïa.