Ouverture du procès en appel de Ramda à Paris

Après sa condamnation en mars dernier à dix ans de prison

Ouverture du procès en appel de Ramda à Paris

par Mohamed Khellaf, Le Jeune Indépendant, 6 novembre 2006

L’Algérien Rachid Ramda, condamné en France en mars dernier à dix ans de prison pour sa participation présumée aux attentats de juillet 1995 à Paris, sera rejugé en appel à partir aujourd’hui. Présenté comme la tête pensante des attentats qui ont fait 8 morts et quelque 200 blessés, Rachid Ramda, 36 ans, a fait appel de sa condamnation à la peine maximale qui avait été assortie d’une interdiction définitive du territoire français.

Il avait été condamné pour «participation à une association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste», une terminologie utilisée par la justice française pour désigner les suspects dans les affaires terroristes. Le tribunal correctionnel de Paris, qui l’a condamné le 29 mars dernier après son extradition de Grande-Bretagne, a fait de Ramda le «pivot», le décideur et le financier de ces attentats.

Il est aussi présenté comme un «intellectuel» de la mouvance islamiste et «le responsable de la propagande» du Groupe islamique armé (GIA), qui avait revendiqué les attentats. Il est aussi soupçonné d’avoir financé les poseurs de bombes.

Ancien demandeur d’asile en Grande-Bretagne où il avait séjourné de 1993 jusqu’à son arrestation par Scotland Yard le 4 novembre 1995 sur demande de la justice française et son incarcération dans une cellule d’isolement dans la prison de haute de sécurité de Belmarsh à Londres, il a été extradé vers la France après une bataille judiciaire qui a duré dix ans.

Il a passé dix ans en détention extraditionnelle. Il avait au cours de sa détention introduit deux recours contre son extradition, mais deux magistrats britanniques avaient alors déclaré que la «demande de révision de l’affaire (était) rejetée», confirmant ainsi l’extradition ordonnée le 6 avril 2005 par l’ancien ministre de l’Intérieur Charles Clarke.

Ramda avait toujours nié les accusations et affirmé qu’il servait de bouc émissaire. Il avait aussi exprimé sa «sympathie aux victimes» et dit «désapprouver les attentats» du RER parisien. Les avocats protestent contre le fait que leur client a déjà purgé plus de dix ans en détention, au-delà du maximum encouru, depuis son arrestation en Grande-Bretagne.

Mais la justice française refuse de tenir compte de ces dix années passées dans des geôles britanniques. Son avocat, Me Guillaume Barbe, avait prévenu en mars dernier que son client ferait appel et pourrait aller «jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme».

Ramda a été condamné à mort en 1993 par contumace en Algérie pour l’attentat du 26 août 1992 contre l’aéroport d’Alger qui avait fait 9 morts et 123 blessés. M. K.