Torture en France: Dix-huit policiers entendus par les enqueteurs

TORTURE

Dix-huit policiers entendus par les enqueteurs

NOUVELOBS.COM | 12.02.06 | 16:12

La DGPN est saisie d’une enquête après la parution d’un livre accusant des policiers antiterroristes de torture sur des islamistes en 1995.

Dix-huit policiers entendus par les enqueteurs
D ix-huit policiers ont été entendus par l’Inspection générale de la police nationale, a indiqué dimanche 12 février la direction générale de la police nationale (DGPN). La DGPN est saisie d’une enquête après la parution d’un livre accusant des policiers antiterroristes d’avoir torturé des suspects en 1995.
Huit des policiers qui ont été entendus étaient en poste au SRPJ de Lyon, les autres étaient en fonction à la 6è division de la direction centrale de la police judiciaire (ancêtre de la DNAT), au moment des faits présumés, a indiqué Le Journal du Dimanche dans son édition de 12 février.
La DGPN a rapporté que tous les policiers entendus se sont déclarés choqués et « scandalisés » par les accusations.
Parmi les policiers interrogés figurent Roger Marion, l’actuel préfet délégué à la sécurité auprès du préfet de la région Nord-Pas-de-Calais, ainsi que Bernard Trenque. Ils étaient à l’époque respectivement chef de la 6e division et chef du SRPJ de Lyon.

Décharges électriques

Dans le livre « Place Beauvau », consacré aux coulisses du ministère de l’Intérieur écrit par trois journalistes du Point, les auteurs citent les témoignages anonymes de cinq fonctionnaires de la police judiciaire selon lesquels plusieurs suspects dans les enquêtes sur les attentats de 1995 auraient été victimes de sévices.
Selon les trois journalistes, les faits se seraient déroulés tant à Paris, dans les locaux de la 6e division où un des suspects aurait notamment été suspendu à une fenêtre, que dans les locaux du SRPJ de Lyon.
Dans les deux cas, des suspects auraient reçu des décharges électriques.

« Incohérences »

Mais pour les policiers entendus qui étaient en poste à la 6e division antiterroriste à Paris les faits rapportés par le livre comportent des « incohérences ». Ils ont ainsi souligné que les locaux où l’un des suspects aurait été suspendu à une fenêtre donnent sur la rue des Saussaies, une rue très passante.
L’IGPN doit encore entendre plusieurs policiers.
« Cela prendra un peu de temps, car il faut consulter les dossiers de l’administration de la police nationale pour retrouver leurs traces et les convoquer », a expliqué la direction générale dimanche.