La défense de Benyamina attaque en Justice les services de sécurité français

Niant l’existence d’une demande d’extradition:

La défense de Benyamina attaque en Justice les services de sécurité français

El Khabar, 16 avril 2006
http://www.elkhabar.com/FrEn/lire.php?ida=26856&idc=51

La défense de Mhamed Benyamina, l’Algérien accusé par la France d’avoir organiser les actes terroristes ciblant des infrastructures françaises, a annoncé qu’elle allait porter plainte contre X en protestation pour « son arrestation illégale », en faisant porter la responsabilité aux services de renseignements Français.
L’avocat de Benyamina a nié l’existence d’une quelconque demande officielle d’extradition contre Benyamina, que le parquet aurait présenté en Algérie. La famille du concerné a révélé à Paris sa position en tant que partie civile contre « les responsables de son enlèvement et sa détention ».

Dans un communiqué rendu publique en France, la famille de Benyamina, à Paris, a indiqué qu’elle avait porté plainte, auprès de la doyenne des magistrats instructeurs, contre « toute personne, en France, qui serait jugée, à travers une enquête impartiale, responsable de l’enlèvement et la détention de Benyamina », en allusion aux services de renseignements français. Ces actes, s’ils viennent d’être prouvés, sont passible de sanctions conformément à l’article 224-1 du Code Pénal français.

La plainte indique que Benyamina, arrêté à l’aéroport d’Oran, le 9 Septembre dernier, alors qu’il rentrait à Paris, sur la base des résultats d’enquêtes envoyés par la Direction de la Surveillance du Territoire (DST, service de renseignements français) aux services de sécurité algériens.

Les résultats de l’enquête indique que Benyamina est impliqué, avec d’autres personnes arrêtées dans la banlieue parisienne, où il réside, dans la préparation de l’explosion de l’immeuble de la DST, de l’aéroport d’Orly et du Métro de Paris. Ils ont été arrêtés le 29 Août 2005 au moment où Benyamina se trouvait en Algérie.

Pour rappel, ce dernier avait quitté la prison dans le cadre de la réconciliation nationale, début mars dernier, avant d’être interpellé une deuxième fois, sous prétexte que « les juges avaient commis une erreur en le relâchant », selon le ministre de la Justice, Tayeb Belaïz.
Amine Sidhoum, avocat de Benyamina, s’est interrogé sur la situation légale du détenu, soulignant l’absence d’un texte de loi justifiant son emprisonnement.

Pour sa part, sa famille de Tiaret (ouest algérien) s’est demandée si « la décision de ne pas faire bénéficier leur fils des dispositions de la réconciliation nationale était une décision juridique ou politique ». Elle a indiqué, dans une lettre adressée au président de la République: « c’est notre droit de connaître le sort de notre fils, va-t-il être jugé, libéré ou extrader vers un autre pays? ».
La lettre, dont El Khabar a eu une copie, a indiqué que la période de son arrestation dépassant les cinq mois « est contraire à la loi, car la garde à vue ne devait pas dépasser les 12 jours, quand il s’agit d’affaires de terrorisme ». Sa famille a dénoncé son emprisonnement sans jugement, et a trouvé étonnant qu’il soit remis en prison de Serkadji (Alger) avec le même numéro.

Le texte de la plainte, portée par la France, évoque les déclarations d’un officier de renseignements français qui considèrent Benyamina comme impliqué dans le courant islamique, et le place sur la même marche que Safi Bouraâda, qui a été arrêté pour avoir recruté des terroristes pour le compte du Groupe Salafiste pour la Prédiction et le Combat (GSPC) afin d’attaquer des cibles en France.
La plainte indique que les services de sécurité français « considèrent MHamed Benyamina comme un membre important du GSPC qui représente une grande source d’inquiétude pour la France ».
Son avocat Mohamed Djami a noté que  » la justice française n’a pas montré un grand enthousiasme en demandant des renseignements de Benyamina, qu’il n’y a aucune demande d’extradition, et que les juges d’instruction qui ont interrogé des personnes appréhendées ayant un rapport avec cette affaire, n’ont toujours pas demandé à l’entendre ».

L’avocat a indiqué, dans un communiqué datant du 10 avril, que « le silence des autorités françaises et des services de sécurité, qui ont été contactés, renforce la conviction de la famille que Benyamina a été victime d’une arrestation répressive à la demande de la Direction de Surveillance du Territoire, et il est temps que le ministère de la Justice et le système juridique français donnent des explications sur ce cas tragique sans précédent ».

2006-04-16
Hamid Yes