Y. Zerhouni: Nous ne pratiquons pas l’exclusion contre Djaballah

Le ministre de l’Intérieur à El Khabar

Nous ne pratiquons pas l’exclusion contre Djaballah

El Khabar, 1 mars 2007

Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, M. Noureddine Yazid Zerhouni, a indiqué que son département « ne pratique pas l’exclusion contre M. Abdallah Djaballah, Président du Mouvement de la Réforme nationale, mais elle a seulement agi conformément à la loi ». M. Zerhouni a précisé, dans une interview qu’il a accordée à El Khabar, à l’issue des travaux des assises nationales sur l’industrie, au Palais des Nations, à Alger, hier, qu’il va recevoir M. Djaballah pour lui expliquer pourquoi son mouvement avait été interdit de prendre part aux législatives.

El Khabar : Djaballah vous accuse de l’étouffer politiquement, en le privant de prendre part aux législatives ?

N. Y. Zerhouni : D’abord, le mandat de M. Djaballah à la tête du Mouvement de la Réforme nationale, entamé en 1999, a pris fin en 2004, après les élections présidentielles, à lesquelles il s’était présenté comme candidat. Aujourd’hui, des militants au sein de son parti, et dont le nombre serait assez grand ; ils représenteraient même la majorité ; rejettent sa présidence. Les statuts du parti ne lui permettent, d’ailleurs, pas de convoquer un congrès. En outre, le Conseil consultatif avait décidé, en 2004, avec la présence de M. Djaballah, la création d’un comité chargé de préparer le congrès du parti. Ce comité nous a adressé une demande d’autorisation pour l’organisation du congrès.

El Khabar : Vous voulez dire l’aile de Djahid Younès ?

N. Y. Zerhouni : Les opposants à M. Djaballah au sein du parti sont nombreux, et les statuts du Mouvement de la Réforme nationale ne lui autorisent pas à convoquer un congrès.

El Khabar : Comment avez-vous agi vis-à-vis de cette requête ?

N. Y. Zerhouni : Pour nous, il s’agit d’un comité légal, qui a bien le droit de tenir un congrès. Alors, nous avons décidé de lui délivrer l’autorisation requise. Ils vont tenir leur congrès cette année conformément à ce qu’il a été mentionné dans leur requête.

El Khabar : Quand exactement ?

N. Y. Zerhouni : Très bientôt. Et je vais lui (M. Djaballah) expliquer (quand je le rencontrerai) pourquoi de telles mesures ont été décidées à l’encontre de son parti.

El Khabar : Est-ce que c’est votre première rencontre ?

N. Y. Zerhouni : En fait, M. Djabalah n’a pas suspendu ses contacts avec les services du ministère de l’Intérieur… Quand à moi, je ne l’ai rencontré qu’une seule fois. IL ne s’agissait pas d’un évènement officiel. Pour être précis, notre rencontre n’a pas eu lieu à mon bureau au niveau du ministère.

El Khabar : Mais l’aile de Djabalah vous accuse de vouloir l’exclure politiquement et d’être « injuste » à son égard ? N’est-ce pas là une « injustice » ?

N. Y. Zerhouni : Absolument pas. Ils nous ont demandé une autorisation pour la tenue d’un congrès, dans le cadre des lois en vigueur, et ils l’ont obtenu. Que puis-je faire ?

El Khabar : Donc, vous lui créez des obstacles en signant son arrêt de mort politique ?

N. Y. Zerhouni : C’est exactement ce que l’on dit de nous… mais dites-moi : si demain un candidat se présente auprès de mes services avec l’autorisation de M. Djaballah, pour prendre part aux élections au nom du Mouvement de la Réforme nationale, et un deuxième candidat nous présente l’autorisation de l’autre aile (les redresseurs). A votre avis, à qui devrais-je donner l’autorisation ? Si vous avez une réponse, donnez-la moi, je la mettrai en application et l’affaire est close.

El Khabar : A propos de la transparence des élections législatives, accepterez-vous la présence d’observateurs internationaux ?

N. Y. Zerhouni : … La présence d’observateurs étrangers ne nous dérange pas.

2007-03-01
Par Djallal Bouati