Le gouvernement libère les indépendants

Zerhouni n’exige plus la légalisation des formulaires de parrainage :

Le gouvernement libère les indépendants

par Ziad Salah et Youcef B., Le Jeune Indépendant, 12 mars 2007

Bonne nouvelle : les formulaires de parrainage au profit des candidats indépendants ne doivent pas être légalisés. C’est ce qu’a décidé le ministre de l’Intérieur, trois bonnes semaines après la convocation du corps électoral… Le ministre de l’Intérieur vient d’adresser une nouvelle instruction aux 48 DRAG sur les modalités de candidature des indépendants, et particulièrement sur le point relatif aux formulaires de parrainage.

Contrairement aux élections législatives de 2002 où le ministre de l’Intérieur exigeait la légalisation des signatures, il semble, cette fois, s’en tenir à l’article 109 de l’ordonnance n° 97-07 portant loi organique relative au régime électoral.

C’est donc un point à inscrire à l’actif de l’Administration. Munis des formulaires et des dossiers de candidature, les indépendants doivent récupérer le procès-verbal du président de la commission électorale de la circonscription électorale avant le dépôt du dossier final auprès de la wilaya.

Le président de la commission procède au contrôle des signatures et s’assure de leur authenticité en prélevant un échantillon d’au moins 5 % du nombre des signataires. Pour de nombreux observateurs, cette clarification de l’Administration, intervenant trois semai-nes avant la fin du délai de dépôt des dossiers de candidatures, n’est en rien un cadeau, mais plutôt une réaction à la démobilisation générale constatée depuis la convocation du corps électoral.

Le marasme général induit par les scandales bancaires en cascade, le chômage, la crise du logement, la crise sociale, la généralisation de la corruption de fonctionnaires et de gestionnaires d’entreprises et institutions publiques ont fini par éroder le peu d’espoir que nourrissait l’Algérie profonde, celle qui vote, de voir un jour la qualité de son quotidien s’améliorer.

Estimant, après étude du nombre et du profil des listes indépendantes qui se sont présentées jusqu’à présent au niveau des wilayas pour retirer les dossiers de candidatures, que le danger de leur succès massif est écarté, l’Administration prend le risque de pimenter une campagne bien morose, dans l’espoir de raviver les passions électoralistes, estime un politologue d’Alger.

Notre source ajoute que l’Administration, en écartant Djaballah, dont le parti était crédité par les sondages in de la deuxième place derrière le FLN, a compliqué un peu plus la donne et a renforcé les stéréotypes du genre : les résultats sont connus d’avance, il ne sert à rien d’aller voter.

Autre sujet d’inquiétude, le retard pris par les partis politiques dans la finalisation de leurs listes. Ce retard est en partie dû à l’absence de la vie politique chez la majorité des formations politiques tétanisées par une administration stalinienne, scrutant le moindre mouvement au nom d’un état d’urgence ayant… expiré en février 1993.

Pris par le temps et par l’absence de culture de la relève, des partis n’ont d’autre choix que de baser leur stratégie sur des ministres, d’ex-ministres, députés sortants… en somme tous ceux que l’opinion publique associe, à tort ou à raison, à leur désarroi et aux scandales ! Les citoyens ne sont pas les seuls à se détourner de certaines figures, le président de la République ne s’est-il pas élevé, en avril dernier devant les caméras de l’ENTV, contre certains de ses ministres incompétents et menteurs ? Le chef du gouvernement n’a-t-il pas révélé, en janvier dernier sur les ondes de la radio, avoir demandé au président de la République d’accepter de se séparer de certains ministres de son cabinet ? Le rendez-vous du 17 mai risque d’être, pour ces raisons et d’autres, un autre test grandeur nature des conséquences de l’immobilisme et de la perpétuelle prime à l’échec.

Z. S. et Y. B.