FFS: Résolution politique du conseil national

RESOLUTION POLITIQUE DU CONSEIL NATIONAL

Session extraordinaire le 09 mars 2007

Dans trois mois se tiendra le scrutin législatif.

Depuis l’annulation des résultats issus des législatives de 1991 et l’interruption du processus démocratique, le pays a déjà vécu deux scrutins législatifs et trois scrutins présidentiels.

Depuis 1991, les dirigeants successifs de ce pays ont eu pour unique souci, la restauration du régime et sa sophistication.

Depuis 16 ans, le régime politique algérien est resté fondamentalement conservateur

Depuis 16 ans, ce régime essaie de concrétiser un projet élitiste et violent à l’intérieur et de reprendre sa place dans la nouvelle architecture internationale.

Ouverture économique et statu quo politique, résument la stratégie de ce régime. Conserver l’hégémonie politique interne est le but fondamental, même au prix de reniements des idéaux fondateurs du mouvement de libération nationale, et aux risques d’abdication et de dépendance vis-à-vis des grandes puissances militaires, économiques et financières.

La stratégie institutionnelle du régime est en cohérence avec ces objectifs

Aujourd’hui, tant dans les domaines politique, qu’économique et social, la situation est plus qu’inquiétante.

Aujourd’hui, nous ne pouvons que constater avec regret que la corruption constitue le véritable ciment des clans au pouvoir, et la seule garantie de leur cohésion apparente, et de leur capacité à élargir leurs assises.

A l’épreuve des faits, au regard du bilan, il faut pour le moins, faire preuve d’une profonde naïveté politique

– pour croire à l’existence d’un parlement algérien ;

– pour croire à la capacité d’intervention de l’APN dans la vie nationale ;

– pour parler d’élections crédibles.

Aujourd’hui, nous ne pouvons qu’être septiques quant à une possibilité de changement par les élections. Il n’ y a pas de démocratie en Algérie même s’il y a des élections.

Il n’ y a pas de démocratie en Algérie même après trois élections présidentielles, même après quatre scrutins législatifs depuis 1988, même après toutes les élections municipales et après moult révisions constitutionnelles.

Nous ne sommes pas encore sortis de la tragédie nationale.

On ne peut qu’être étonnés et ahuris devant les feuilletons politico- judicaires entre le ministère de l’intérieur et certaines formations politiques.

La vérité est ailleurs, le changement est possible. Tout est figé en haut mais tout bouge en bas. Nous ferons le chemin avec ceux d’en bas pour construire un projet politique démocratique pour imposer une alternative démocratique et sociale.

Nous ne sommes ni otages et ni complices de la normalisation à l’algérienne.

Fidèle à ses engagements primordiaux et au serment de novembre ;

Le FFS à l’honneur, la liberté et le privilège d’annoncer sa décision de non participation au prochain scrutin législatif

Le conseil national

ffs-dz.com

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Contribution de Hocine Aït-Ahmed

Conseil national réuni en session extraordinaire le 9 mars 2007 à Zéralda

Chers camarades,

Chers compagnons,

Chers amis.

Je salue la commission politique qui a su organiser ce large débat dans le parti et son environnement.

Je salue la probité des rédacteurs des rapports de synthèses qui a transcrit fiablement les positions et les arguments de toutes les parties.

C’est avec bonheur et fierté que je m’adresse à vous aujourd’hui. Comment ne pas être heureux quant on sait que dans une situation très difficile, hostile et confuse, les militants du FFS ont tenu à débattre et ont débattu avec rigueur et passion de ce qu’il convient de faire face à cette échéance prévue dans trois mois.

A vous lire et à vous entendre, on mesure la difficulté à trancher cette question, tant la qualité et la pertinence des arguments de l’une ou de l’autre option, sont d’un niveau qui fait honneur à ses auteurs et au cadre qui a permis cette expression.

Décidément, le FFS, plus que jamais, mérite sa dénomination d’école d’apprentissage de la démocratie.

Le FFS a gagné en maturité et en sérénité.

Alors que le rouleau compresseur de la normalisation et de la domestication est mise en branle, les militants, leurs sympathisants et leurs amis ont tenu à confronter leurs opinions dans un débat apaisé, rigoureux et libre.

Vous m’offrez l’occasion, je vous en remercie, de saluer cette résistance à la contamination ambiante où la paresse intellectuelle et la fourberie servent de viatiques aux « abdiquants » et autres néo repentis.

Les GRANDS ELECTEURS et autres tuteurs autoproclamés n’ont plus que la ruse, la brutalité et la corruption pour masquer leurs mutuelles suspicions, qui génèrent une endémie de peur, de violence et de contre violences. Ils perpétuent les échecs alors que nous portons l’espoir.

Pour nous, à chaque liberté correspond une responsabilité et un devoir. Notre éthique politique, par ailleurs, reconnue, voire saluée par tous, nous contraint à un devoir de dignité, à un devoir de préservation de notre capital de sérieux, de crédibilité et de non compromission avec le système à l’occasion de leurres électoraux. Le 17 mai 2007 s’annonce déjà comme une messe qui fête ZAWADJ EL MOUTAA.

Je vous engage à demeurer plus que jamais, ce repère d’espoir et de crédibilité dans notre société et dont le pays a tant besoin.

Cet esprit fédérateur qui a rendu visible et lisible des syndicats autonomes « majeurs et vaccinés », des associations représentatives et des personnalités intègres.

Ils ont fait la preuve et nous avec eux qu’un avenir commun démocratique est possible.

Rien ne dit qu’en Algérie, le suffrage universel ne se libérera pas de la pré-histoire coloniale et des ukazes staliniens.

En avant et au travail.