Forte tendance pour le boycott du FFS

Le parti d’Aït Ahmed tiendra son conseil national demain pour trancher la question des élections :

Forte tendance pour le boycott du FFS

par Nefla B., Le Jeune Indépendant, 8 mars 2007

Le Front des forces socialistes tiendra une session extraordinaire de son conseil national demain à Zeralda, avons-nous appris hier, dans un communiqué rendu public par cette formation politique. A l’ordre du jour de cette rencontre impromptue un seul point, à savoir la question des prochaines élections législatives prévues pour le mois de mai prochain.

Ainsi, les membres du conseil national plancheront sur le rapport élaboré par la commission politique du conseil. Un document de synthèse où sont consignées les concertations menées avec les conseils fédéraux, les syndicats autonomes et les personnalités politiques.

Cette instance du parti décidera à la lumière des débats d’entrer dans la bataille des élections ou pas. Toutefois, les choses semblent d’ores et déjà incertaines pour la formation de Ait Ahmed. La tendance générale va vers le boycotte comme le prône les militants de base, nous a indiqué une source proche du conseil national.

Les militants du FFS estiment que non seulement il n y a pas eu assez de temps pour discuter la question mais aussi la priorité est de redresser le parti. En effet, les militants indiquent que 15 jours ne sont pas suffisants pour débattre d’une question aussi sensible.

«Des concertations dans certaines wilayas notamment du centre du pays pendant une quinzaine de jours, ce n’est pas assez», enchaîne notre source, avant de noter que la base est pour le boycotte de ce scrutin. Une position motivée par des paramètres internes et externes.

Les premiers se résument à la situation du parti qui a besoin d’être reconstruit, après les dernières turbulences alors que pour les seconds, ils sont liés à la situation du pays, considérant que l’APN est un appendice de la Présidence qui n’influe aucunement sur le cours des choses.

«La base veut éviter une mascarade au parti», note notre interlocuteur, qui précise qu’il est stratégiquement suicidaire, dans cette situation, d’aller vers les élections. Par ailleurs, l’administration a rendu tributaire toute participation d’un parti à la conformité avec la loi, soit, à l’organisation de son congrès.

Une condition à laquelle le FFS ne s’est pas encore soumis. A cet effet, cette formation qui est restée bien «discrète», jusque là, par rapport à la question, risque de subir le même sort que le celui de Djaballah, d’autant que le FFS a connu les mêmes turbulences ces derniers temps.

Aussi, même si le FFS affiche son intention de se conformer à la loi pour aller aux élections, le défi parait difficile, voire impossible puisque le dernier délai de dépôt des dossiers de candidatures a été fixée au 1er avril. A ce titre, on est en droit de s’interroger : techniquement, 22 jours seront-ils suffisants au FFS pour organiser son congrès, élaborer les listes des candidatures et être au rendez-vous des législatives ? Quelle sera la position des dissidents, dans ce cas ? Ou bien ce conseil extraordinaire est-il l’occasion d’annoncer un boycott irréversible, pour éviter au moins la mésaventure administrative qui risque de porter encore atteinte à l’image du parti? Autant de questions dont les réponses nous renseigneront sur l’avenir du FFS.

N. B.