Pourquoi le FFS participe au législatives 2012 ?

FFS-FRANCE

PREAMBULE Pourquoi le FFS participe au législatives 2012 ?

Les élections législatives prévues le 10 mai ne vont pas provoquer la rupture politique, radicale et pacifique qu’espèrent les Algériens et les Algériennes. Le nouveau contexte géopolitique dans lequel elles vont avoir lieu repose néanmoins, avec acuité, la problématique du changement démocratique dans notre pays. Les bouleversements spectaculaires provoqués dont des pays du Maghreb et du Monde Arabe, – dont la portée historique ne peut être minimisée par une quelconque théorie du complot même si à l’évidence les forces dominantes dans le monde occidental, celles de la finance mondiale, tenteront de les dévier de leur trajectoire démocratique et sociale -, font s’écrouler les théories relativistes et les thèses conservatrices et réactionnaires sur la prééminence des facteurs ethno-religieux dans la constitution des États arabes ou maghrébins.

Le changement démocratique en Algérie n’empruntera cependant pas les mêmes voies. Il reposera sur des moyens politiques spécifiques qui tiennent compte de l’histoire récente du pays. Mais il dépendra des hommes de bonne volonté, y compris parmi les décideurs, d’éviter que le changement n’emprunte le chemin, fatal pour l’unité et l’intégrité nationales, de la violence et du chaos.

Notre conviction est que le « départ du pouvoir » ne suffira pas à provoquer le changement radical et pacifique du système. Il en est certes une condition, mais le vrai changement politique se construira à travers une prise conscience individuelle et collective, par l’engagement et le réengagement politique et citoyen, par la construction d’espaces de discussion et de débats libres entre Algériens et Algériennes

Le vrai changement démocratique consiste aujourd’hui à opposer à l’action violente, destructrice du lien social et prédatrice du système un front patriotique, démocratique et citoyen de sauvegarde nationale.
Nous agirons pour inciter chacun et chacune à s’engager librement, à revendiquer ses droits et libertés et à exiger des comptes à ceux qui nous gouvernent, à cette coalition d’intérêts maffieux dite « alliance présidentielle » qui a conduit le pays à la faillite morale, politique et économique.

C’est pour provoquer une véritable insurrection civique, que nous avons décidé de prendre à ce scrutin législatif.

Notre objectif est d’une part, utiliser la tribune de la future Assemblée pour susciter le débat d’idées, populariser nos mots d’ordres, porter la voix des laissés-pour-compte et être une force de proposition, d’autre part agir avec les forces et personnalités politiques crédibles pour construire un rapport de force politique favorable à une alternative démocratique et sociale.
Nous ne sommes pas dupes. Les Algériens, non plus ! Le Césarisme présidentiel est un frein au développement politique, à la construction d’institutions démocratiques et à la formation d’une authentique société civile.

Ceux qui cherchent à polariser le débat sur la question de la succession du chef de l’Etat actuel sans poser la question politique fondamental d’une profonde réforme constitutionnelle, à travers l’élection d’une Constituante, ne font que s’inscrire dans le cycle des alternances claniques qui a ruiné la Nation.

Nous considérons que le boycott, qui n’est autre qu’un appel à l’abstention, est l’expression, aujourd’hui, du renoncement, de la démission et la fatalité. Le « boycott » est une coquetterie intellectuelle en complète contradiction avec la nécessité de réhabiliter le politique et en totale retrait avec les exigences d’un contexte général porteur des germes de dislocation nationale. De ce point de vue, il peut même constituer une faute politique.

Quelle est la situation des Algériens de France ?

Doublement discriminés, les Algériens de l’étranger sont de plus en plus considérés comme une catégorie sociale à part, des citoyens de seconde zone. En France, comme en Algérie, les Algériens, citoyens français ou non, sont toujours victimes du double collège, résidu de la pensée coloniale et néocoloniale.

Dans les pays d’accueil : La crise économique et financière mondiale et l’incapacité des gouvernements, européens en particulier, à faire face au désastre néolibéral, les conduit à tenter de pervertir les problématiques de fond et les dévier, pour espèrent-ils endiguer le mécontentement populaire, sur les questions d’immigration, d’islam et d’identité. Les jeunes franco-algériens et plus largement franco-maghrébins sont la cible idéale de la lâcheté et de l’impuissance politique. De nouveaux boucs émissaires, qui ne vont pas sans rappeler les périodes sombres de l’histoire contemporaine européenne.

Les laissés-pour-compte de la Mondialisation, ces nouvelles « classes dangereuses » remettent en cause, dit-on dans les milieux de la droite dite populaire et de l’extrême droite et au-delà d’une certaine gauche dite identitaire, la cohésion, l’équilibre et l’identité nationale des sociétés d’accueils.

Pourtant, on ne peut méconnaître, sans sombrer dans le déni et la mauvaise foi, le rôle essentiel joué par l’émigration Nord-Africaine, et Algérienne en particulier, dans la reconstruction et le développement des pays d’accueils, notamment de la France. Combien d’études sérieuses ont démontré l’importance de l’apport économique de ceux qui malgré des conditions de travail et de vie extrêmement pénibles et précaires, et tout en supportant le mépris, parfois les humiliations, sont restés fiers et dignes. Hommage doit leur être rendu !

Certes, il ne s’agit pas de se voiler la face, d’ignorer les réalités : des problèmes d’intégration existent, des réflexes identitaires nourrissent également des groupes minoritaires qui font fi des valeurs républicaines. Mais, c’est un mensonge caractérisé, un manquement grave à l’éthique de responsabilité que de laisser croire ou d’insinuer que les « musulmans de France » sont solidaires des formes d’expression moyenâgeuses et extrémistes. La majorité des Algériens, citoyen ou non du pays d’accueil ou de naissance, aspire à vivre dignement, librement et dans le respect des valeurs républicaines et démocratiques.

L’erreur politique serait de reconduire cette fausse alternative entre le repli communautaire et le rôle d’alibi que leurs assignent les partis de gouvernement, de droite comme de gauche. Les Algériens, citoyens français notamment, et plus largement les Nord-africains, refusent d’être enfermés dans ces schémas arbitraires et ne se reconnaissent pas dans les cadres de représentation imposés. Persister dans cette logique, c’est contribuer à créer une situation qui peut, à moyen ou à long terme devenir explosive et incontrôlable, en raison du chômage, de la précarité, des discriminations et de la stigmatisation parfois ouvertement revendiquée sous prétexte du « parler-vrai » et du refus de la langue de bois. Mais qui, en définitive, n’aboutit qu’à donner une assise politique ou intellectuelle à des propos xénophobe voire raciste. Le propos du Ministre de l’intérieur sur une pseudo-hiérarchie des civilisations est à ce titre grave et inquiétant.

Aucune leçon n’a été tirée de la révolte des banlieues de 2005, sinon une succession de plans à l’impact limité et qui révèle une méconnaissance des réalités et un refus de répondre aux aspirations légitimes des jeunes de Banlieue. Et ce n’est pas la cooptation de telle ou telle autre figure de la diversité qui contredira cet état de fait.

Il est temps pour les gouvernements européens et français en particulier de sortir des logiques anciennes, éculées, de la période coloniale. Le temps des bachagas et autres autorités mystico-religieuses imposées comme interlocuteurs est révolu. Les Algériens de France veulent exercer leurs citoyenneté et définir librement les formes et les cadres d’organisation plus en phase avec le présent et loin des schémas du charlatanisme politique.

Dans le pays d’origine : Extraordinairement incompréhensif le traitement infligé par les autorités algériennes, à tous les niveaux, à nos compatriotes de l’étranger. Et surtout scandaleux quand on mesure l’engagement sans faille de l’émigration et le rôle décisif qu’elle a joué durant la lutte de libération nationale. Comment justifier cette attitude à la fois honteuse et stupide à l’endroit de ceux dont leurs parents ont consenti de lourds sacrifices et que le massacre du 17 octobre symbolise tragiquement ?
Traités comme des étrangers dans leur propre pays, ils sont soumis à un traitement aussi discriminatoire que leur inflige une partie des classes dirigeantes occidentales.

A l’encontre d’un discours officiel qui veut reconnaître le formidable potentiel politique, intellectuel, technique et aussi culturel que représente les Algériens de l’étranger, la réalité des faits démontre la persistance voire la multiplication des obstacles aussi bien de types bureaucratiques que liés à des pesanteurs socioculturels qu’un discours faussement nationaliste de mépris pour les binationaux aggrave.

À l’ère de la mondialisation, l’apport des Algériens de l’étranger, citoyens ou non des pays d’accueil ou de naissance, pour le développement est absolument déterminant et décisif. D’autres Etats de par le monde l’ont compris très tôt et tirent le plus grand profit de leur capacité d’intégration politique, économique, culturelle et diplomatique.

Comment peut-on donc continuer à imposer aux Algériens de l’étranger qui souhaitent investir dans leur pays les mêmes dispositions qu’aux investisseurs étrangers?
Comment peut-on exiger d’eux une équivalence pour des diplômes obtenus dans des grandes universités étrangères pour exercer en Algérie et mettre leurs compétences au service du pays et de son développement ?

Les engagements du FFS en faveur la Communauté Algérienne
Ces engagements seront précisés sous forme de propositions dans le programme du FFS qui sera rendu public en Algérie à l’occasion du lancement officiel de la campagne électorale.

Le FFS- France et reste du monde s’engage à :

1 – S’associer à toutes initiatives visant à dénoncer les comportements xénophobes, racistes et discriminatoires, quels qu’en soient les auteurs

2 – Rappeler aux Autorités politiques algériennes l’obligation d’assurer le conseil, l’assistance et la protection, sur tous les plans, de la communauté algérienne en France

3 – Œuvrer à l’auto-organisation des Algériens et des Algériennes de France dans des réseaux solidaires.

4 – Militer pour que les solidarités maghrébines de France et d’ailleurs se renforcent et se mobilisent pour redéfinir sur des bases nouvelles plus justes les rapports entre les deux rives de la Méditerranée.

5 – Agir pour lever tous les obstacles politiques, bureaucratiques et juridiques à l’investissement et au transfert de compétence par des formations et à travers des échanges culturel et scientifique.

6 – Exiger le respect et l’application des accords bilatéraux signés entre la France et l’Algérie.

SAMIR BOUAKOUIR, Représentant du FFS à l’étranger et candidat du FFS pour la France zone 1 ( France nord )
[email protected], Tel : 0625520042