Les citoyens ne se précipitent pas pour s’inscrire

Révision du fichier électoral

Les citoyens ne se précipitent pas pour s’inscrire

El Watan, 16 février 2012

Les citoyens sont invités à s’inscrire sur le fichier électoral. L’opération a commencé le 12 février et s’étend jusqu’au 21 du même mois.

Une fois annoncé par le ministère de l’Intérieur, suite à la convocation du corps électoral par le président de la République, vendredi dernier, il s’avère que les Algériens ne se bousculent pas au portillon. La révision exceptionnelle du ficher électoral, en prévision des élections législatives de mai 2012, s’effectuera en une dizaine de jours seulement ; habituellement, l’opération pouvait s’étaler sur plus de 15 jours. Au niveau des APC, force est de constater que l’enthousiasme n’est pas au rendez-vous. Seuls quelques citoyens n’ont pas manqué à l’appel, en majorité de seniors.

A l’annexe de la mairie de La Casbah, à proximité de la mosquée Ketchaoua, au 3e étage, pas l’ombre d’un résident de ce quartier mythique. «Les gens ne s’inscrivent pas sur le fichier électoral. Ils ont d’autres préoccupations, comme quitter La Casbah, qui menace ruine», affirme un vendeur ambulant natif des lieux. Un autre Casbadji tient des propos similaires : «Voter pour enrichir des opportunistes, jamais. Nous ne reproduirons plus les erreurs du passé. A chaque élection, un candidat nous promet un relogement. Aucun d’entre eux n’a tenu ses promesses. Alors, autant continuer à chercher notre gagne-pain.»

Même script à Bab El Oued, où le service consacré au fichier électoral n’a enregistré que de timides inscriptions, bien que la commune soit fortement peuplée. «Il y a quelques personnes qui se sont inscrites, mais c’est pas la joie», raconte un agent communal. A Sidi M’hamed, également une commune très densément peuplée, les citoyens ne se bousculent pas au comptoir des inscriptions. A la sortie de la mairie, Ahmed, un Belcourtois trentenaire, dit que «les prochaines élections ne suscitent aucun intérêt». «Seuls les militants de partis et leurs sympathisants voteront. Quant à la majorité du peuple, il restera chez lui. J’en suis certain», pense notre interlocuteur. A la mairie d’Alger-Centre, au fond d’un couloir se trouve le bureau des inscriptions.

Deux vieilles dames, habillées de beaux haïks brillants de blancheur, demandent des renseignements à un agent pour s’inscrire sur le fichier en question. «Vous devez nous ramener une photocopie de votre carte d’identité et nous présenter la facture d’électricité pour prouver votre résidence.» L’une des deux sort du bureau. Elle est mécontente et tonne : «Il ne manque que ça. On veut voter et ils nous poussent à boycotter !» Selon des présidents d’APC que nous avons contactés, «les inscriptions se déroulent de manière ordinaire», affirme M. Ouchir, premier responsable de la commune des Eucalyptus.

Et d’ajouter : «Nous avons enregistré jusqu’à présent 1000 nouvelles inscriptions. Généralement, elles concernent les habitants nouvellement installés suite aux dernières opérations de relogement.» «A notre niveau, notre fichier électoral comptabilise plus de 68 000 inscrits», précise-t-il. Soulignons que contrairement aux images véhiculées par l’ENTV, les sièges des APC algéroises ne connaissent pas le même déferlement de foule.

Mehdi Bsikri