La grave confidence de Sellal au FFS

ÉLECTIONS LOCALES

La grave confidence de Sellal au FFS

Le Soir d’Algérie, 28 novembre 2012

Le Premier ministre Abdelmalek Sellal, qui a reçu lundi au siège du Premier ministère, une délégation de la direction nationale du FFS, composée d’Ali Laskri et de Rachid Halet, se serait allé à une confidence qui n’est pas faite pour rassurer quant à la régularité et la transparence des élections locales.
Sellal aurait confié à ses deux hôtes que le fichier électoral n’était pas complètement assaini.
Sofiane Aït Iflis – Alger (Le Soir) – A en croire un communiqué du FFS, rendu public mardi, c’est en voulant justifier le pourquoi de la non-remise du fichier électoral aux partis politiques qui le réclament que le Premier ministre a manqué de lucidité et a avoué l’inavouable. «Le Premier ministre a convenu que le fichier électoral n’est pas complètement assaini, et que pour le rendre exploitable et l’actualiser, cela demanderait du temps et peut-être le recours à des compétences étrangères», a rapporté le FFS. Une telle affirmation de la part du Premier ministre, qui plus est à la vielle du déroulement des élections locales, ne peut que renforcer les appréhensions de fraude, notamment à travers la manipulation du fichier électoral. Car si, comme Sellal l’aurait reconnu, le fichier électoral n’est pas assaini, c’est toute la crédibilité du scrutin qui est remise en cause, tant est que le nombre d’électeurs reste méconnu. L’aveu de Sellal est à mettre au compte de la récolte collatérale du FFS. Mais pour l’essentiel, le parti de Hocine Aït Ahmed dit s’être déplacé au Palais du Gouvernement pour exprimer ses appréhensions quant à la fraude électorale. Le parti affirme avoir ressenti cette nécessité d’aller partager ses préoccupations avec Sellal, après l’avoir fait le 20 novembre dernier avec Daho Ould Kablia, suite aux informations sur les velléités de fraude. Le FFS dit avoir évoqué le refus de certaines administrations et sociétés d’exécuter l’instruction du Premier ministre relative au détachement des candidats, l’inscription des militaires sur les listes électorales, le maintien des bureaux spéciaux et itinérants et l’absence de l’affichage des informations légales au niveau des bureaux et centres de vote. Le FFS déclare avoir sollicité que les bureaux spéciaux soient supprimés, que le fichier électoral par wilaya soit remis aux représentants des partis et des commissions de surveillance du scrutin et que les P-V au niveau des bureaux et centres de vote soient remis aux représentants des partis et candidats. Hormis, donc, le fichier électoral non encore assaini, Sellal aurait rassuré le FFS sur tout le reste.
S. A. I.