FFS: «La dernière chance pour Bouteflika de prouver son désir de démocratiser le pays»

LE FFS ET LES ÉLECTIONS LOCALES DU 29 NOVEMBRE

«La dernière chance pour Bouteflika de prouver son désir de démocratiser le pays»

Le Soir d’Algérie, 4 novembre 2012

«Jamais le pays ne s’est retrouvé aussi vulnérable comme il l’est aujourd’hui.» C’est là la conviction du premier secrétaire du FFS pour qui cette ambiance est loin d’être idoine pour la tenue des élections locales prévues le 29 novembre courant.

M. Kebci – Alger (Le Soir)- Par position vulnérable, Ali Laskri, qui animait hier une conférence de presse la veille de l’entame de la campagne électorale pour le tout prochain scrutin local, fait allusion à «la capacité d’intervention limitée de notre gouvernement pour infléchir le cours des événements» au Sahel avec le risque encouru d’être «entraîné dans une intervention militaire au Mali» qui, dira-t-il, «remettrait en cause toute la doctrine de défense de notre pays» et révélera «l’échec de sa diplomatie», ouvrirait grandement «la porte à une remise en cause des frontières héritées de la période coloniale et de toutes les résolutions prises au sein de l’OUA et de l’Union africaine». Ceci pour le contexte régional alors que pour la donne interne au pays, le FFS signifera en tout premier lieu la persistance de «la conjonction d’une faiblesse gouvernementale et d’une situation économique et sociale délétère ». Laskri affirmera, fort à propos, que même si «le pouvoir a tenté d’acheter la paix sociale, le répit a été de courte durée puisque, selon lui, «l’opinion est toujours dans l’attente d’une politique de l’emploi conséquente, une inflation et une évolution des prix qui affolent les familles algériennes, un investissement industriel très faible et des conflits sociaux qui continuent». Autant d’ingrédients qui justifient amplement, expliquera-t-il, «le manque d’enthousiasme» pour les élections locales du 29 novembre prochain. Une échéance électorale qui, avertira Laskri, et si les choses restent en l’état, «risque de n’être qu’une péripétie de plus dans la longue histoire des occasions perdues par un pouvoir qui ne peut pas, qui ne veut pas ou qui ne sait pas entreprendre de vraies réformes».

Participation politique

Ceci dit, ce double contexte interne et externe appuie, selon Laskri, ce qui constitue une constante de la stratégie politique du FFS, soit la participation aux élections locales, en sus, bien entendu, du caractère politique qui vise, poursuivra-t-il, «à poursuivre l’effort de réhabilitation du politique, de remobilisation du parti et de la société». Une participation presque forcée car prise en dépit, signifera Laskri, «d’un dispositif législatif qui ignore les principes de libre administration et d’autonomie de gestion financière pour des organes délibérants que constituent les Assemblées communales et les Assemblées de wilaya». Le premier secrétaire du FFS dénoncera, par ailleurs, la poursuite des enquêtes de sécurité menées par les services de la gendarmerie, et ce, regrettera-t-il, «toutes les protestations du parti et les instructions du ministre de l’Intérieur». Et pas que cet élément puisque le conférencier relèvera également l’installation tardive de la Commission nationale de surveillance des élections qui confère «un pouvoir discrétionnaire à l’administration et aux walis concernant les listes électorales», les candidatures traitées arbitrairement par une administration locale qui «a fait preuve de partialité et a pratiqué la politique de «deux poids et deux mesures».
M. K.