Inscription de morts sur le fichier électoral, vote des militaires et violences durant la campagne : la Cnisel impuissante

Inscription de morts sur le fichier électoral, vote des militaires et violences durant la campagne : la Cnisel impuissante

Achira Mammeri, TSA, 27 novembre 2012

La situation n’a pas beaucoup évolué depuis les élections législatives du 10 mai, selon la Commission nationale indépendante de surveillance des élections locales (Cnisel). Cette dernière a formulé, ce mardi 27 novembre, les mêmes observations et les mêmes critiques quant à la gestion et à l’organisation du scrutin. Pour son président, Mohamed Sediki, qui a animé une conférence de presse, entre les promesses d’Abdelmalek Sellal et de Dahou Ould Kablia de tenir des élections neutres et les agissement de l’administration sur le terrain, l’écart est grand.
Première « grave » dérive de l’administration, selon lui : « des morts sont inscrits sur le fichier électoral ». M. Seddiki est formel : en consultant le ficher, les noms de plusieurs personnes décédées ont été identifiés. Ce n’est pas tout. La Cnisel a remarqué l’absence de certains détails importants dans le fichier électoral, comme le numéro de bureau de vote et le nom du père de l’électeur. Concernant le vote des militaires, Mohamed Seddiki a reconnu en termes à peine voilés que c’est une question qui le dépasse. « Nous n’avons reçu aucune réponse écrite au sujet de l’inscription des militaires sur le fichier électoral », a-t-il avoué.

Faisant le bilan de la campagne électorale, M. Seddiki a dénoncé le recours, dans plusieurs wilayas, à la violence physique, avec l’utilisation d’armes blanches par des candidats et des sympathisants. Le FLN et le RND sont encore une fois visés par les critiques de la Cnisel, qui reproche à ces deux partis de la coalition gouvernementale d’utiliser les moyens et les symboles de l’État dans la campagne pour les locales.

Le FLN est notamment appelé à s’expliquer sur la présence de bulletins de votes du parti dans six APC de Souk-Ahras. Mohamed Seddiki a dit ne pas avoir été convaincu par les arguments de la direction du FLN, qui a évoqué la thèse du complot. « Cette thèse ne tient pas la route. On veut connaître la vérité sur la ou les personnes qui sont derrière cette affaire ». M. Seddiki s’est en outre dit favorable à l’ouverture d’une enquête sur le financement des partis politiques, dont certains seraient, selon des informations de presse, soutenus par les pays du Golfe.