Candistats en campagne électorale

Abdelaziz Belkhadem à Mascara

“L’Algérie est attendue au tournant”

Par : A. Benmechta, Liberté, 19 avril 2012

Fidèles aux anciennes méthodes pratiquées à l’ère du parti unique, les responsables du FLN ont fait usage de tous les stratagèmes pour convaincre les militants et autres citoyens d’effectuer le déplacement à la salle omnisports de Mascara afin d’assister au meeting populaire animé par le secrétaire du parti, Abdelaziz Belkhadem.

Ainsi, des centaines de militants du parti ou de simples citoyens des deux sexes, de tout âge et de différents rangs sociaux, venus de toutes les contrées de la wilaya et même de l’extérieur, ont convergé vers le lieu du rendez-vous où une effervescence inhabituelle régnait en cette journée du mercredi caractérisée par un impressionnant dispositif sécuritaire installé tôt le matin.
Rencontre programmée à 10h, le secrétaire général est arrivé à Mascara à 11h45, et ce n’est que vers 12h qu’il a entamé son intervention devant plus de 3 000 personnes dans une ambiance de fête, même si sa venue dans la cité de l’Émir ne s’annonçait pas sous de bons auspices eu égard à la division des militants du parti et notamment ceux de la mouhafadha. En préambule de son intervention d’une vingtaine de minutes et après avoir observé une minute de silence à la mémoire du défunt Ahmed Ben Bella, le patron du FLN a d’abord mis en relief l’hommage de la région des Béni Chougrane symbolisée par la figure emblématique de l’Émir Abdelkader, le fondateur du premier État moderne de l’Algérie. “Les élections législatives du 10 mai prochain diffèrent des autres opérations car elles mettent en relief l’application des réformes démocratiques instaurées dans notre pays. L’Algérie est depuis longtemps sous les feux de la rampe du monde extérieur qui suit l’évolution de sa situation. Il y a un an et trois jours, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, avait engagé des réformes qui demeurent l’actualité de l’heure et elles se traduisent sur le terrain par de francs succès. Des rumeurs ont circulé et circulent toujours incitant les électeurs à ne pas se présenter aux urnes, et c’est ce que prédisent les étrangers. Notre pays est attendu au tournant car les mains étrangères souhaitent sa chute. Il faut que vous sachiez qu’aucun étranger ne souhaite du bien à l’Algérie qui est visée. Notre peuple doit s’inspirer des évènements qui ont secoué les pays arabes et des conséquences qui en ont découlé. Cela doit nous inciter à redoubler de vigilance. Nous avons vécu des moments difficiles dans les années 1980 et 1990, et cela n’a fait que renforcer notre esprit du patriotisme”.
Le secrétaire général du FLN a exhorté les électeurs à se rendre en masse aux urnes afin de traduire leur volonté de collaborer à l’édifice du pays. “Si le peuple ne vote pas, il fera des heureux qui ne sont autres que les ennemis du pays. En 1989, nous avons misé sur l’alliance des partis pour renforcer nos chances de succès mais notre volonté a été critiquée et remise en cause. Aujourd’hui, ce sont ceux qui se sont dressés contre notre projet qui veulent innover en mettant au-devant de la scène leur alliance.”
L’hôte de Mascara a dressé les grandes lignes qui caractérisent le programme de son parti, notamment les opérations qui touchent les secteurs-clés.
“L’Algérie est un pays riche que les pays voisins envient. Des logements ont été réalisés, des routes construites et des postes de travail créés. Les jeunes doivent s’armer de patience et profiter de ces bienfaits et se méfier des perturbateurs lesquels le 17 septembre ont lancé des appels via facebook pour envahir les rue, mais leur action a été vouée à l’échec.”

A. B


 

Louisa Hanoune accuse

“Certains partis politiques ont eu des garanties de l’étranger”

Par : K. Fawzi

Lors d’un meeting animé à Blida, Louisa Hanoune, la présidente du Parti des travailleurs (PT), a affirmé que le logement social, l’emploi, la santé, l’éducation et le tourisme constituent la priorité dans le programme d’action de son parti.
“Ce sont des droits pour tout Algérien, et pour cela, nous sommes contraints de corriger la Constitution et éviter, par la même occasion, les erreurs du passé. Même le code de la famille sera aboli”, explique-t-elle devant un nombre important de militants. Évoquant la flambée des prix des fruits et légumes, Mme Hanoune n’a pas omis de citer une mafia de la spéculation : “L’année passée, c’était la mafia de l’huile et du sucre et cette année, c’est la mafia du stockage de la pomme de terre et autres produits.”
Abordant l’aspect géopolitique, la secrétaire générale du Parti des travailleurs a martelé que “l’impérialisme international est en train de semer l’horreur et la sauvagerie un peu partout dans le monde arabe, et ce, dans le cadre du projet du Grand Moyen-Orient”. Plus loin, elle revient sur le rendez-vous électoral du 10 mai prochain pour dire que “le prochain scrutin est à la fois décisif et capital vu les divers dangers qui guettent plusieurs pays, dont l’Algérie”. Et d’expliquer que “la participation de son parti aux élections vise d’abord à déjouer ces plans étrangers”. Toujours concernant la politique étrangère, la première responsable du PT s’attaque aux partis islamistes et leur coalition, allant jusqu’à déclarer que “certains partis politiques reçoivent des garanties de l’étranger. Mais, soyez sûrs, ce qui s’est passé dans certains pays arabes, comme l’Égypte, n’arrivera jamais en Algérie”.
S’attaquant aux accords que l’Algérie vient de signer avec l’UE et pour lesquels elle s’engage à les rompre si son parti arrive à obtenir la majorité parlementaire, Louisa Hanoune cite l’exemple de la crise qui sévit en Grèce, en Italie, au Portugal et en Espagne. “Voilà ce que peut provoquer le capitalisme”, lance-t-elle.
Bien qu’elle doute de la transparence des élections, elle estime qu’il y a une amélioration dans les préparatifs, mais elle condamne le phénomène de la fameuse chkara qu’utilisent certains partis politiques qui, selon elle, n’apparaissent que tous les cinq ans pour briguer une place au Parlement. À cet effet, elle a suggéré que c’est l’occasion pour l’État de vérifier d’où vient tout cet argent que les candidats fournissent à leurs partis.

K. F


Il a animé un meeting à Sidi Bel-Abbès

Djaballah : “Gare à la fraude !”

Par : A. BOUSMAHA

Le chef du FJD rappelle au gouvernement ses engagements pour un scrutin transparent et met en garde contre des tentatives de fraude.

Depuis Sidi Bel-Abbès où il a animé, mardi dernier, un meeting à la salle Adda-Boudjellal, devant quelques dizaines de fidèles, le président du Front pour la justice et le développement, Abdallah Djaballah, qui a tenu à présenter son parti et les principaux axes de son programme, a indiqué que le FDJ s’inspirait de la déclaration du 1er Novembre 1954 et de l’islam et que son programme était “porteur de toutes les solutions aux problèmes du citoyen et de la nation”.
Pourtant, après l’ouverture du meeting par le récit de quelques versets coraniques, la voix a été directement donnée au président du FJD pour l’entame de son discours en zappant carrément l’hymne national. Les présents dans la salle ont estimé que ce manquement était incompatible avec le programme du parti qui se dit s’inspirer de la déclaration du 1er Novembre 1954.
Le président du FJD a également indiqué que son programme comportait des réformes dans divers domaines et l’instauration d’une politique économique qui contribue au développement des secteurs de l’industrie et du commerce. À ce propos, Abdallah Djaballah a estimé qu’“aujourd’hui, l’Algérie ne possède pas une vraie politique économique et que notre économie est faible. Donc, nous pouvons dire que la situation est catastrophique, car 71% de nos produits alimentaires sont importés de l’étranger”. Sur le plan politique, il a expliqué que le programme du FJD était basé sur “la stabilité politique et sécuritaire et la consécration du pluralisme démocratique qui prévoit des garanties à l’exercice politique, et ce, tout en se référant à la législation et la loi”. Évoquant les réformes politiques, l’orateur a insisté sur la séparation des pouvoirs et la garantie des libertés, soutenant qu’“en Algérie, il existe un seul pouvoir qui prédomine sur tous les pouvoirs et à côté on a des fonctions législatives et judiciaires”, explique-t-il.
Suite à cela, le président du Front pour la justice et le développement s’est attaqué à la politique menée depuis 50 ans et a douté de la crédibilité et de la transparence des différentes élections organisées depuis 1997. Il a, enfin, estimé que le rendez-vous électoral du 10 mai prochain constituait une occasion pour le changement et qui, selon lui, ne peut être opéré que par le Front pour la justice et le développement.
Ainsi, tout en mettant devant leurs responsabilités les autorités de tenir leurs promesses quant à la liberté et l’intégrité du scrutin et le respect du choix du peuple, Abdallah Djaballah a appelé ses militants à la mobilisation et les citoyens pour une forte participation aux élections législatives, soulignant que “pour combattre la fraude, une surveillance rigoureuse et intensive des urnes du début jusqu’à la fin de l’opération de dépouillement”.

A. B


Sa priorité est de doter le pays d’une nouvelle Constitution

L’Alliance de l’Algérie verte veut un régime parlementaire

Par : Rédaction Nationale

L’Alliance de l’Algérie verte, regroupant le Mouvement de la société pour la paix, El-Islah et Ennahda souligne qu’au cas où elle obtiendrait la majorité à l’issue des législatives du 10 mai, elle œuvrera à concrétiser certaines “priorités politiques” telles que l’élaboration d’une nouvelle Constitution permettant à l’Algérie d’instaurer “une 2e République” basée sur un régime parlementaire.
Le prochain Parlement sera une Assemblée constituante habilitée à “amender la Constitution et instaurer, avec la volonté du peuple, un régime parlementaire afin de mener à bien les efforts de la réconciliation nationale”, lit-on dans le programme de l’alliance.
Par ailleurs, l’alliance vise à “consacrer les efforts” visant l’instauration de “l’État des institutions et la société du savoir” dans le cadre d’“un État algérien démocratique et social souverain dans le respect des valeurs islamiques”. Au volet économique, l’Alliance de l’Algérie verte affirme, selon son programme, son engagement à mettre en place “une économie prospère” à travers la création d’“un ministère de l’Économie et du Développement durable”.
Ce ministère sera chargé notamment de la promotion de l’économie nationale à travers “l’adoption par le gouvernement d’une nouvelle approche à moyen et court terme, la mise en place d’une stratégie valorisant les ressources économiques locales et l’emploi, outre le renforcement du tissu industriel des secteurs public et privé (…) et la relance de l’agriculture pour réaliser la sécurité alimentaire”.
Au plan social, l’alliance entend “mettre en place une stratégie de développement” qui tienne compte “des spécificités des régions et des besoins des populations” et contribue à la promotion de l’économie nationale à la lumière de la concurrence mondiale en focalisant sur certaines “priorités” telles que l’agriculture, l’industrie agroalimentaire, les nouvelles technologies, les énergies renouvelables et alternatives ainsi que les industries chimiques, pétrochimiques et métallurgiques.
S’agissant de la prise en charge des jeunes, elle compte créer “une banque nationale destinée à l’octroi de crédits bonifiés et au soutien des petites et moyennes entreprises”, dont les financements proviennent de “l’épargne de la zakat et du fonds de lutte contre le chômage”, et ce, dans le but d’accompagner les jeunes dans la création de leurs propres entreprises et lutter contre la pauvreté.