Fin de campagne électorale sur fond de contestation

Dépassements en cascade

Fin de campagne électorale sur fond de contestation

El Watan, 27 novembre 2012

La campagne électorale pour les élections locales de jeudi s’est distinguée plus par des dépassements que par sa capacité à capter un électorat désabusé.

La Commission nationale indépendante de surveillance des élections locales (Cnisel) que préside Mohamed Seddiki a reçu plusieurs saisines sur les dépassements et atteintes aux règles de la campagne électorale. Selon son vice-président, Ali Moussaoui, la Cnisel a retenu «soixante saisines qui représentent réellement une atteinte à la régularité des élections avant d’informer la Commission nationale de supervision des élections locales composée de magistrats». La commission a relevé deux cas de «dépassements dangereux», a ajouté M. Moussaoui, hier, sur les ondes la Radio nationale.

Il s’agit de «bulletins de vote scannés à Chlef et la circulation à Souk Ahras de bulletins de vote identiques à celui d’un parti ancien», a-t-il précisé. La Commission nationale de supervision des élections ainsi que le ministère de l’Intérieur ont été saisis. De son côté, la Commission nationale de supervision des élections (commission de magistrats) a été aussi inondée de saisines. Elle a été destinataire de 600 saisines «dont 356 ont été acceptées car fondées», a révélé, hier, le président de la Commission, Slimane Boudi, en marge d’une journée d’étude sur «les modalités de la supervision du scrutin».

Menace de sit-in

La majorité des protestations concerne essentiellement «l’affichage anarchique et les contestations relatives au refus d’enregistrement dans les listes électorales». Le président de la Commission a en outre indiqué que trente saisines ont été transférées au parquet «parce qu’elles relèvent du pénal».

Ainsi, la campagne électorale, qui a pris fin dimanche à minuit, a été marquée de bout en bout par d’interminables chamailleries entre le ministère de l’Intérieur et la Commission nationale de surveillance des élections locales. Echanges d’accusations, suspicion sur la transparence du scrutin et menaces de dissoudre la Cnisel par son président, Mohamed Seddiki, sont autant de rebondissements qui ont alimenté la chronique d’une campagne jugée morne. Une agitation qui semble s’amplifier à la veille du scrutin. Des partis politiques sont allés jusqu’à tenir des sit-in de contestation comme ce fut le cas, hier, à Alger et à Annaba. Dans cette dernière circonscription, sept partis ont carrément menacé de se retirer de la course.

Un climat politique terne qui favorise une désertion des urnes le jour du vote. C’est justement ce que redoutent les 52 partis en compétition. Le taux de participation aux élections locales de 2007 avait atteint seulement 44,09% avec une participation de 23 partis politiques. Lors des élections locales de 2002, le taux de participation était de l’ordre de 43,2%, alors qu’en 1997, il avait atteint 62,6%.
C’était la participation la plus élevée. Pour le double scrutin de ce jeudi qui verra la participation de 52 partis, le ministre de l’Intérieur, Daho Ould Kablia, table sur un taux de participation entre 40 et 45%. Une tendance à la baisse qui serait sans nul doute difficile à inverser au regard du peu d’enthousiasme manifeste constaté durant les trois semaines de campagne électorale.
Hacen Ouali


Elections locales : Sellal reçoit les préoccupations du FFS

Deux jours avant la tenue des élections, soit lundi, en fin de journée, le premier ministre Abdelmalek Sellal a reçu au siège du Palais du gouvernement Ali Laskri premier secrétaire et Rachid Halet, membre de la direction nationale du FFS. À l’ordre du jour les conditions et le dispositifs encadrant la tenue de ce scrutin.

Tout en exprimant son appréhension, la délégation du FFS a demandé que des mesures urgentes applicables dans l’immédiat, soient prises pour améliorer le dispositif électoral et rendre plus crédible la sincérité et la régularité du scrutin du 29 novembre prochain, peut on lire dans un communiqué rendu public ce mardi.

Le FFS propose la suppression des bureaux spéciaux des militaires, l’amélioration de l’information du citoyen au niveau des bureaux de vote, la remise du fichier électoral par wilaya et aux responsables des partis et des commissions de surveillances du scrutin et la remise des PV au niveau des bureaux de vote, centre de vote, de la commune et surtout au niveau des wilayas.

Lors de cet «échange de vues franc» le Premier ministre a convenu que le fichier électoral n’est pas complètement assaini, et que pour le rendre exploitable et l’actualiser, cela demanderait du temps et peut-être le recours à des compétences étrangères, selon la même source. Il a de même affirmé que les PV des résultats du scrutin seraient remis au niveau des bureaux, des centres de vote, de la commune et de la wilaya.

Dans le texte qu’il a remis au Premier ministre le FFS a jugé qu’ « une fraude électorale le 29 novembre 2012 est de nature à compromettre non seulement la démarche de notre parti mais aussi celles des autres forces politiques et sociales qui cherchent à briser le statu quo politique désastreux et étouffant, dans lequel croupit notre pays ».

Mina Adel


Des mesures arrêtées pour « le bon déroulement » des élections locales

A l’occasion des élections locales seront interdits de circuler tous véhicules de transports de marchandises, les citernes à carburant et le transport de marchandises par voie ferroviaire, et ce à partir du 28 novembre à minuit jusqu’au 30 novembre à 6h d’après un communiqué du Ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales rendu public, ce mardi 27 novembre.

Les marchés hebdomadaires eux seront fermés durant la période du 28 novembre 2012 à zéro heure (00 h 00) au 30 novembre 2012 à six heures (06 h 00) ajoute le communiqué du Ministère de l’Intérieur.

Cette mesure ne concerne pas les marchés quotidiens de gros, de demi-gros et de détail des fruits et légumes.

En outre, toutes les manifestations culturelles et sportives programmées pour cette période sont reportées à une date ultérieure.

Hamida Mechaï


Sept partis menacent de se retirer à Annaba

Au lendemain de la fin de la campagne électorale, sept partis en course pour les prochaines élections de jeudi prochain ont menacé, hier, de se retirer à la veille du scrutin.

Dans une plainte adressée hier à la Commission nationale de surveillance des élections locales (CNSEL), les représentants de sept partis, à savoir HMS, PT, RND, FNJS, MEN, MSP et Alliance Algérie verte, ont exigé le retrait de la liste du Front national démocratique (FND). «Après avoir constaté que la présence dans la liste du parti FND du candidat Djeraïa Farouk dont le casier judiciaire contient au moins 10 condamnations pour différents délits, nous exigeons que cette liste soit retirée tel que prévu par la loi 01/12», ont réclamé les signataires de cette plainte adressée également à toutes les autorités locales et nationales.

Le cas échéant, menacent-ils, nous allons annoncer notre retrait collectif en responsabilisant toutes les institutions en charge de l’organisation de ce rendez-vous électoral. Force est de souligner que le candidat en question Djeraïa Farouk est le président de la commission de wilaya indépendante de surveillance des élections locales. Il avait occupé le même poste lors des élections législatives de mai dernier. La réaction des sept partis contestataires intervient une semaine après que la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, eut dénoncé publiquement, lors de son meeting à Annaba, le député de ce parti, Tliba Baha Eddine, le qualifiant de «trafiquant», de «faussaire» et d’avoir «payé fort pour accéder à la députation».

Mohamed Fawzi Gaïdi


Ils dénoncent la falsification du fichier électoral

Des candidats observent un sit-in à Alger-Centre

Une coalition de candidats aux élections locales de jeudi prochain dans la commune d’Alger-Centre, membres de différents partis politiques, a organisé, hier, un sit-in à la place Emir Abdelkader d’Alger.

Objectif : dénoncer la fraude qui risque d’entacher, selon eux, les élections locales du 29 novembre. Le groupe de candidats, représentant le RCD, El Islah, Ennahda, le PT, le FLN et le RND, dénonce «le bourrage des urnes et la falsification du fichier électoral de la commune d’Alger-Centre au profit de certains candidats». Selon Salah Belmekki, tête de liste du RCD dans cette commune, «des personnes qui n’ont rien à avoir avec Alger sont inscrites sur les listes».

«Les auteurs de cette tricherie veulent faire gagner leur parti», déplore-t-il. Les contestataires expliquent par ailleurs que «les mécanismes de surveillance et d’organisation des élections sont devenus obsolètes». «Il n’est plus possible de continuer ainsi. La fraude se poursuit et la volonté politique pour garantir des élections honnêtes et transparentes est inexistante. Tout ce qu’affirme le ministère de l’Intérieur n’est pas suivi d’effet sur le terrain», M. conclut Belmekki.

M. B.