Elections locales : 300 APC toujours bloquées, les partis accusent la loi électorale

Au lendemain de l’expiration du délai pour l’installation des nouveaux maires

Elections locales : 300 APC toujours bloquées, les partis accusent la loi électorale

Achira Mammeri, TSA, 15 décembre 2012

Le délai fixé par la loi pour l’installation des APC issues des élections du 29 novembre dernier a expiré hier vendredi 14 décembre. Contrairement aux affirmations du ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Dahou Ould Kablia, 300 APC font toujours face à une situation de blocage, selon des chiffres obtenus par TSA auprès de sources concordantes
Jeudi, le ministre de l’Intérieur avait annoncé à la presse que l’opération se déroulait dans de bonnes conditions et qu’elle serait achevée dans les délais, c’est-à-dire vendredi, avec l’installation des 120 APC qui étaient bloquées. Une déclaration qui a surpris les partis politiques, y compris ceux de la coalition gouvernementale. Joint au téléphone, Kassa Aissi, responsable de la communication au FLN, ironise : « posez la question à Ould Kablia c’est lui qui sait tout. N’est-ce pas ? ». M. Aissi n’a pas souhaité se prononcer sur le bilan du FLN, tant que « l’opération n’est pas encore achevée ». Le Bureau politique du FLN se réunira lundi pour examiner les résultats du parti.

Les choses semblent plus claires pour le RND qui tiendra demain dimanche la réunion de son Bureau national. Miloud Chorfi, porte-parole du parti, affirme à TSA que son parti est à la tête de « 400 APC ». « Le RND a atteint ses objectifs », se réjouit-il. Mais ce chiffre n’est pas définitif puisque selon M. Chorfi, « 250 APC ne sont pas encore installées ! ».

Les alliances au niveau local ont permis à certains partis politiques d’atteindre des scores inespérés. C’est le cas du Front national algérien (FNA) de Moussa Touati qui a réussi à arracher 50 APC. Le MSP passe de 10 APC contrôlées à 68. Il ambitionne d’en rafler une dizaine d’autres, selon un membre du parti qui confirme que plus de 300 APC sont actuellement bloquées. Le RCD parle de 40 APC obtenues.

Les partis politiques expliquent le blocage par les « failles » de la loi électorale, notamment l’article 80 qui ne prévoit rien lorsqu’aucun des partis n’obtient 35 % des sièges. L’opposition pointe du doigt le gouvernement et le FLN. « Le FLN a voulu une loi pour lui. Il s’est fait piéger par ses propre lois », souligne Farouk Tiffour, chargé de la communication au MSP.