Algérie-UE : Vers un accord global final en mars pour le report du démantèlement tarifaire

Algérie-UE : Vers un accord global final en mars pour le report du démantèlement tarifaire

Boualem Alami, Maghreb Emergent, 18 Février 2012

Entamées il y a un peu plus deux ans, les négociations algéro-européennes pour le report de la date butoir du calendrier du démantèlement tarifaire devraient aboutir prochainement « à un compromis acceptable pour les deux parties », selon le porte parole du ministère algérien des affaires étrangères, M. Amar Belani.

L’Algérie avait demandé de reporter la date butoir du démantèlement des tarifs douaniers des produits agricoles et industriels de 2017 à 2020. Officiellement, l’Algérie avait motivé cette demande de report pour permettre à son industrie de se mettre à niveau par rapport aux produits communautaires, qui devaient entrer sur le marché algérien à partir de 2017.

Officieusement, les autorités algériennes en charge du commerce, craignent une invasion de produits européens, plus compétitifs que la production locale, ce qui équivaut à une  »mort certaines et rapide » de l’industrie locale, selon des économistes algériens.

Selon le porte parole du ministère algérien des affaires étrangères, M. Amar Belani, les discussions entre Alger et Bruxelles sur le report de la date du démantèlement tarifaire, engagées fin 2010, devraient aboutir prochainement  »à un compromis acceptable » pour les deux parties. La dernière session qui s’est tenu jeudi à Alger, menée côté européen par le directeur général du commerce Ignacio Garcia Bercero, a été  »productive », a indiqué M. Belani cité par l’APS. Cette rencontre « a permis aux deux parties d’affiner leurs positions respectives et d’échanger des propositions constructives ».

Un deal global en mars ?

M. Belani a en outre annoncé que ces propositions « devraient aboutir en principe, d’ici quelques semaines, à un compromis acceptable dans le cadre d’un accord global final ».

Ce « package deal final devrait permettre à l’Algérie d’assurer la protection de plusieurs contingents agricoles et filières industrielles, tout en restant dans le cadre du respect de l’accord d’association avec l’Union européenne », a-t-il affirmé.

A l’issue des discussions jeudi à Alger, les deux parties ont convenu de se rencontrer au mois de mars prochain à Bruxelles, éventuellement pour finaliser un pré-accord sur une liste définitive de produits industriels et agricoles à retirer du « panier » des produits éligibles au démantèlement tarifaire dès 2017. Les discussions de l’Algérie avec l’UE ont surtout porté sur l’introduction d’une liste négative de 1.740 produits industriels. C’est ce qui explique un peu la complexité de ces discussions, car la demande algérienne avait quelque peu surpris les négociateurs européens. D’où cette crispation de Bruxelles qui aurait voulu en contrepartie que les verrous sautent en ce qui concerne, notamment, le principe du « 51/49% » introduit par la loi de finance complémentaire de 2009 pour les investissements étrangers.

Cinq années après l’entrée en vigueur de l’accord d’association avec l’Union Européenne, l’Algérie avait demandé, sur la base de la clause dite de « Rendez-vous », une révision du calendrier du démantèlement de certaines positions tarifaires et douanières prévues dans cet accord, qui devait ouvrir la voie en 2017 à une zone de libre échange. L’Algérie est, par ailleurs, le seul pays maghrébin, et méditerranéen, à avoir demandé une révision du calendrier du démantèlement tarifaire avec l’UE.