Politique de «réadmission» contre visas

ALGERIE – UNION EUROPEENNE

Politique de «réadmission» contre visas

Le Quotidien d’Oran, 31 mai 2006

L’Algérie et l’Union européenne devraient entamer, avant l’été, des discussions pour parvenir à un accord sur la «politique de réadmission» et les facilitations pour l’obtention des visas, a annoncé hier M. Enerko Landaburu, directeur général des relations extérieures de la Commission européenne (CE), lors d’un point de presse à l’issue de sa visite en Algérie. Dès son arrivée hier, M. Landaburu a rencontré les secrétaires généraux des ministères des Affaires étrangères et de l’Energie et des Mines. Les discussions avec ses deux interlocuteurs algériens, rencontrés séparément, ont porté sur la question des visas et sur l’éventualité d’un «accord politique énergétique» entre l’UE et l’Algérie.

L’UE lie la revendication algérienne de faciliter l’octroi des visas à la demande européenne d’une «politique de réadmission» des émigrés clandestins. En clair, l’Algérie devrait s’engager à reprendre ses citoyens qui ont émigré clandestinement en Europe avant de pouvoir obtenir des facilités d’octroi des visas pour ses ressortissants qui en font la demande. C’est ce que M. Enerko Landaburu appelle une «approche globale» dans laquelle l’Europe «a intérêt à limiter l’immigration illégale» et où les Algériens puissent obtenir plus d’accessibilité aux visas. Rien n’a été tranché entre le DG des relations extérieures de la CE et son interlocuteur aux AE. Landaburu a juste fait part de la volonté des deux parties de constituer un groupe de discussion, composé d’experts, qui devrait être mis sur pied «avant l’été» pour donner vie «dans six mois ou un an» (aucune limite n’a été décidée) à un «accord global» sur cette question.

Le refus algérien de la politique de voisinage peut-il constituer un handicap aux discussions ? «La question n’a pas été évoquée» dans ses discussions avec le représentant du MAE, a-t-il dit, avant d’ajouter que l’UE «prend note du refus algérien, comme cela a été le cas pour la Russie», mais que «l’essentiel c’est la mise en pratique de l’association».

Concernant ses discussions avec le SG du ministère de l’Energie et des Mines, M. Enerko Landaburu a également fait état de la volonté des deux parties de discuter d’un accord dans le domaine énergétique qui permettrait à l’Algérie d’accéder au marché européen. Dans ce domaine aussi, l’UE veut «sécuriser ses approvisionnements en gaz naturel» et s’attend aussi à l’application du «principe de réciprocité» à travers lequel les entreprises de l’Union puissent avoir la possibilité de «participer au développement de la production et d’exportation» des produits énergétiques (gaz et autres) en Algérie.

Toujours concernant les discussions sur ce dossier aussi, le DG des relations extérieures de la Commission européenne a affirmé qu’«il n’y aura pas de tabou» et que les «règles (directive européenne, ndlr) peuvent changer en fonction d’un accord global». Par contre, dans le domaine de l’électricité les pays de l’UE sont favorables et attendent le branchement des lignes électriques avec le réseau algérien.

Mohamed Mehdi