Meda II : 8,15 millions d’euros pour l’appui à la privatisation

Meda II

8,15 millions d’euros pour l’appui à la privatisation

Le Quotidien d’Oran, 14 janvier 2006

Dans le cadre du programme Meda, l’Union européenne met à la disposition de l’Algérie la somme de 8,15 millions d’euros. Cette enveloppe est destinée au programme de privatisation des entreprises publiques économiques (EPE), a rapporté hier l’APS, citant la lettre d’information hebdomadaire sur le partenariat euro-méditerranéen.

La même source indique que sur ces 8 millions d’euros, «3,950 millions d’euros sont réservés à la préparation des entreprises publiques à la privatisation, 2,8 millions à l’assistance juridique opérationnelle à la privatisation et l’ouverture du capital des entreprises publiques, un million d’euros pour la mise à disposition d’experts et de technologues dans le cadre des privatisations en cours et 400.000 euros pour l’encadrement d’opérations de cession d’entreprises au profit des salariés». Outre le volet privatisation, il est prévu un financement de 2,495 millions d’euros au titre du programme d’appui à la réhabilitation des zones affectées par les actes de terrorisme. Le centre de documentation de l’Institut national de recherche criminalistique (INRC) devra pour sa part bénéficier d’une assistance technique pour «l’acquisition d’ouvrages techniques et scientifiques et d’équipements informatiques», selon la lettre d’information de la commission européenne.

D’autres projets sont également inscrits dans le cadre du programme Meda II pour la période 2000-2006. De 2000 à 2002, la commission européenne a, pour rappel, dégagé l’enveloppe de 17 millions d’euros pour le secteur des télécommunications. La formation professionnelle a bénéficié d’un soutien de 60 million d’euros. 50 millions d’euros ont été destinés au «développement socioéconomique dans le nord-est de l’Algérie», 5 millions d’euros pour un programme d’appui aux journalistes, 8,2 millions d’euros pour la modernisation de la police. Pour la période 2002-2004, et selon le «Country Strategy Paper Algeria 2002-2006», élaboré par la commission européenne, il est prévu une assistance à plusieurs projets visant la modernisation de l’administration du ministère des Finances, la réforme de la justice, la réforme de l’éducation nationale et la gestion des déchets solides. Enfin, pour la période 2005-2006, l’UE assistera l’Algérie pour la modernisation de l’administration (35 millions d’euros). Ce projet, explique-t-on, «vise le renforcement de l’information économique dans le processus décisionnel». Le mouvement associatif va bénéficier, pour sa part, de 10 millions d’euros pour «la promotion du dialogue et du rapprochement entre civilisations et peuples entre les deux rives de la Méditerranée». Une autre enveloppe financière de 10 millions d’euros sera destinée à la police, et ce, pour «la poursuite les activités du programme en cours». Enfin, les secteurs des transports et de l’eau devraient bénéficier, chacun, de 20 millions d’euros.

S’agissant de la stratégie de l’Union européenne en matière de coopération avec l’Algérie, le document de la commission européenne explique qu’elle s’articule autour de quatre objectifs: «Appui aux réformes économiques et au renforcement des institutions de l’économie de marché dans la perspective d’un développement durable, développement des infrastructures économiques afin d’accroître la participation privée, d’améliorer l’environnement des entreprises productives et de renforcer l’intégration économique avec d’autres pays méditerranéens ainsi qu’avec l’Europe, développement des ressources humaines en vue de créer les conditions pour une meilleure valorisation des capacités humaines, et consolidation de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance, dans le but d’appuyer le retour à la paix et à la stabilité interne, d’une part, et de créer de meilleures conditions pour le développement des affaires, notamment le retour des investisseurs étrangers».

Pour cela, l’Algérie doit diversifier son commerce extérieur, selon le document de la CE qui rassure, par ailleurs, du soutien technique de l’UE à l’Algérie dans son processus d’adhésion à l’OMC et celui du démantèlement tarifaire dans le cadre de l’accord d’association. L’objectif, précise-t-on, est «d’accélérer les délais de dédouanement». En matière de réformes structurelles qui doivent «être accélérées», la commission estime que la privatisation, l’assistance aux PME et la modernisation du secteur financier, y compris le renforcement de la supervision et du fonctionnement des marchés et la lutte contre la criminalité organisée, doivent bénéficier d’une attention particulière et continue. L’environnement économique «doit être amélioré dans le cadre d’un accompagnement systématique de la mise en oeuvre de l’accord d’association». Ce qui implique «l’adéquation du cadre réglementaire du marché intérieur avec celui de l’UE et le renforcement des institutions de l’administration publique concernées». En matière de fiscalité, il est recommandé à l’administration concernée davantage d’efficience «afin de compenser les pertes en droits de douanes». La stratégie à adopter doit viser «l’élargissement de l’assiette fiscale et l’accroissement de la transparence de l’imposition, notamment par la réorganisation et l’informatisation progressive des services fiscaux».

Sur le chapitre du transport maritime et aérien, l’Algérie, estime-t-on, devra ouvrir les services portuaires et aéroportuaires à la participation privée. Dans cette perspective, la commission avec le concours de la BEI offre son appui notamment pour la réalisation des études. Elle offre également son assistance pour la libéralisation du secteur de l’eau: «du fait des contraintes de gestion et de la pénurie de cette ressource en Algérie, un appui à la libéralisation du secteur pourrait être envisagé ultérieurement si les conditions sont réunies, notamment le relèvement des tarifs et la réforme des opérateurs existants», lit-on à ce propos.

Ghania Amriout