Les «voeux» européens et les dissensions maghrébines

FIN DU SOMMET DES «5+5»

Les «voeux» européens et les dissensions maghrébines

Le Quotidien d’Oran, 7 décembre 2003

Le sommet des «5+5» s’est achevé, hier, non sur une note d’optimisme mais sur un voeu. Les dix chefs d’Etat européens et maghrébins ont exprimé, en effet, leur volonté de faire de la Méditerranée occidentale un «espace de paix, de stabilité, de solidarité, de prospérité, de liberté et de justice sur la base du respect des valeurs communes de démocratie, des droits de l’Homme et de la consécration de l’Etat de droit». Les «dix» ont appelé également au «renforcement des relations entre les pays des deux rives» pour «un partenariat global, solidaire et équilibré, fondé sur les principes de bon voisinage, de respect mutuel et de confiance réciproque».

Que doivent faire alors les Maghrébins sinon d’encourager le dialogue euro-maghrébin «5+5» et de le poursuivre pour arriver à des «résultats concrets», selon la formule du chef d’Etat tunisien. Un bref regard sur le Maghreb et l’état catastrophique de ses relations entre Etats indique que ce «faire» ne va pas de soi. Comment envisager dans ce cas un quelconque rôle des «5+5» pour réanimer l’UMA ? Une question bien difficile alors que l’Europe, elle-même, ne semble pas vouloir s’impliquer dans un quelconque processus de règlement des crises qui bloquent le Maghreb et l’empêchent de constituer un pôle géoéconomique cohérent en face de l’UE. Jacques Chirac a évoqué «un appel fort en faveur d’une relance de la construction de l’UMA», Romano Prodi a appelé les Etats maghrébins à un «sursaut politique et institutionnel indispensable pour faire progresser l’UMA» mais le pessimisme est de rigueur. Les souhaits européens d’une discussion «franche» entre les chefs d’Etat algérien et marocain n’ont pas été exaucés.

Certains en tirent déjà la conclusion que le sommet de l’UMA annoncé par Belkhadem a peu de chance d’avoir lieu. C’est le colonel Muammar Kadhafi qui, devant un groupe restreint de journalistes, a été le plus «réaliste» en indiquant qu’il est temps de mettre «l’UMA au frigo» tandis qu’un responsable marocain qui a gardé l’anonymat, jouant sur l’apparente «jeunesse» de son roi, affirmait que l’UMA ne «pourra pas voir le jour avec certains dirigeants d’une autre époque».

En clair, et même s’ils le voulaient, les Européens auront du mal à vaincre le climat défaitiste qui entoure l’idée maghrébine chez les… Maghrébins. Devant cette situation, il était donc bien évident de voir que les deux points essentiels qui ont été abordés à Tunis sont la sécurité et l’immigration. Le «souci de l’Autre», pour reprendre une expression attribuée à Jacques Derrida, autrement dit les questions économiques et le partenariat réciproque, est, pour ainsi dire, resté dans les lignes peu engageantes des discours et des bonnes intentions. Au moment où tous les Etats maghrébins – effet du 11 septembre oblige – ne jurent que par la sécurité et la lutte antiterroriste, cette assertion peut paraître paradoxale. En vérité, il n’en est rien. Car, même sur la question de la sécurité, les Européens et les Maghrébins ne partagent pas la même vision. Certes, il existe bien entre eux un certain consensus, mais ce dernier est bien réduit et se résume, le plus souvent, aux questions de la vente d’armes ou à la coopération technique contre le terrorisme islamiste. Rien de bien lourd quand on sait que, aux yeux de l’Europe, le Maghreb, ses fractures, ses instabilités politiques et son immigration sont plus que jamais perçus comme une source de menace.

Noureddine Azzouz

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Romano Prodi, président de la Commission européenne, au Quotidien d’Oran

Le « 11 Septembre » de l’Algérie a duré des années

Situé à l’autre bout de Bruxelles, par rapport à la gare centrale du Midi, le bâtiment Breydel, siège de la Commission européenne, est le coeur battant de l’Europe communautaire. C’est là, au douzième étage, que j’ai rencontré Romano Prodi, président de cette institution.

Entretien Réalisé Par Hichem Ben Yaïche

Chaleureux, convivial, à l’image des Européens du Sud, cet ancien Premier ministre d’Italie s’est montré, comme pour conjurer une quelconque idée de choc des civilisations, résolu à impulser un nouvel élan à l’Euro-Méditerranée. Comme nous le verrons à la lecture de cet entretien, nous avons essayé, pendant plus de quarante minutes, de faire un tour d’horizon aussi complet et aussi approfondi que possible.

Le Quotidien d’Oran: Vous êtes l’expression politique de la Commission européenne. Huit ans après le lancement du «Processus du Barcelone», force est de constater que le bilan qu’on peut en faire est quelque peu mitigé. Quelle est votre analyse personnelle sur ce point ?

Romano Prodi: Le «Processus de Barcelone» est une grande idée, une idée porteuse d’espoir et d’avenir. Il n’a pas jusqu’ici été servi par les circonstances. Ce n’est pas une raison pour l’abandonner. Je vois au contraire mille raisons de lui donner plus d’intensité et d’élan.

Q.O.: Rappelons le projet. Il s’agit de refaire de la Méditerranée un lien plutôt qu’une frontière. Il s’agit de faire travailler ensemble tous les peuples et les Etats riverains autour d’un projet de paix et de prospérité partagée. La pierre angulaire de cette construction était la mise en place progressive d’une zone de libre-échange englobant l’Union européenne, y compris les pays en voie d’adhésion et les pays candidats, ainsi que tous les pays de la rive Sud et Est de la Méditerranée. Cette zone renforcerait le pouvoir, déjà grand, d’attraction des échanges et des investissements qui se manifeste aujourd’hui dans le marché européen.

R.P.: Les circonstances n’y ont pas aidé, et vous en connaissez les causes: la situation au Proche-Orient, les événements des dix dernières années en Algérie, les résistances réelles, et parfois explicables, rencontrées dans certains pays vis-à-vis de l’ouverture économique et commerciale, non seulement vers l’Europe mais aussi, hélas, vers leurs voisins immédiats. Bref, tout cela a pris beaucoup de retard. J’y ajouterai, pour être complet et sincère, que l’élargissement de l’Union a effectivement absorbé beaucoup d’énergie politique et de ressources humaines. C’était une priorité et un devoir moral pour nous, Européens.

Mais retard ne signifie pas abandon. Il y a eu des avancées réelles et de grande portée. La plupart des accords bilatéraux de partenariat entre l’Union et les pays méditerranéens sont signés et entrés en vigueur. Ils commencent à porter leurs fruits. Et cela devrait s’accélérer au fil des ans, au fur et à mesure que nous avançons dans la mise en oeuvre. La coopération économique à travers le programme MEDA est de plus en plus efficace.

L’objectif reste donc posé et les événements n’ont fait que renforcer la conviction de l’impérieuse nécessité d’avancer, encore plus vite, dans ce processus.

Q.O.: Le processus avait produit, au départ, un immense espoir; mais aujourd’hui, on observe véritablement un désenchantement. Avez-vous réfléchi aux correctifs à apporter à ce processus ? Et puisque vous avez parlé de vitesse supérieure, quelle est la méthode à adopter pour pouvoir aller au-delà ?

R.P.: Encore une fois, non seulement la direction est bonne, il faut donc combler les retards en avançant plus vite encore, mais aussi élargir les champs du partenariat euro-méditerranéen. Vous savez qu’aussitôt le traité d’élargissement signé, à Athènes, cet été, j’ai lancé l’idée d’«Europe plus large». De quoi s’agit-il ? Il s’agit d’entrer avec tous les pays voisins de l’Europe, du Maroc à la Russie, que j’appelle l’«anneau de nos amis», une association encore plus étroite que j’ai résumée en une expression: «Tout sauf les institutions». Nous proposons de mettre progressivement, en commun, toutes nos politiques et nos règles: même marché, mêmes réglementations de la circulation des biens, services, capitaux, personnes, mêmes règles de concurrence, politiques partagées de recherche et d’excellence scientifique, culture, etc. Bref, tout ce qui favorise le travail en commun de nos hommes, de nos universités et laboratoires, et nos entreprises. Nous avons un intérêt majeur à le faire, pour maîtriser la mondialisation au mieux de nos intérêts mutuels.

Q.O.: Cette lenteur est due à quoi exactement ?

R.P.: Comme je l’ai déjà dit, la responsabilité est partagée. Je n’ai pas peur de reconnaître les nôtres. Mais si débat il doit y avoir, il doit se faire, comme il convient entre partenaires, dans le but de dégager la route pour l’avenir, et non de se renvoyer les responsabilités.

Il y a un élément important à prendre en compte. Comme tous les processus d’ouverture commerciale ou d’intégration régionale, le cadre créé par des accords entre partenaires peut accélérer le développement. Il ne peut pas à lui seul le susciter. Il est donc inséparable des efforts de réforme et de mobilisation des potentiels nationaux que chaque pays doit développer pour se mettre au diapason, et profiter des opportunités offertes par l’ouverture. C’est ce que l’on a constaté avec notre marché commun. C’est aussi la leçon que les pays candidats ont retenue, pour leur plus grand profit. C’est aussi la stratégie suivie par des pays comme la Tunisie ou le Maroc, qui sont déjà à même de tirer des avantages substantiels de nos accords.

Q.O.: Pour rester toujours sur le volet économique: le programme MEDA semble en deçà des attentes des pays du Sud de la Méditerranée. Et, très souvent, ces derniers citent l’exemple du Portugal qui, pour se mettre à niveau, a bénéficié d’une véritable «manne financière». Que répondez-vous à ces remarques ?

R.P.: Du point de vue du volume financier, vous avez raison, il y a une différence. Pour être plus clair, l’appui financier pour les Etats membres est bien évidemment plus important que pour les pays de la rive Sud de la Méditerranée. Cela est inévitable. Car les Etats méditerranéens ne sont pas dans la même logique politique d’intégration. En revanche, notre projet est d’augmenter l’engagement financier pour les pays du Sud de la Méditerranée. Bien sûr, cela ne sera pas dans les mêmes proportions que pour les nouveaux pays adhérents, car la logique est différente.

Q.O.: Vous avez à plusieurs reprises cité l’exemple de la Tunisie comme étant une sorte de modèle en termes de la bonne utilisation du programme MEDA. Mais lorsqu’on observe de plus près, on trouve que le démantèlement douanier, par exemple, est en train de fragiliser le tissu économique et industriel de la Tunisie. Idem pour le Maroc et d’autres. Comment éviter que ces pays ne se déstructurent ?

R.P.: Il faut prendre en compte les résultats. La croissance de la Tunisie est remarquable. Bien entendu que certains secteurs, autrefois à l’abri de barrières douanières très élevées, sont aujourd’hui soumis à la concurrence et, par conséquent, plus vulnérables. Mais combien d’activités électroniques, informatiques, services… sont venues s’ajouter aux traditionnels points forts (agriculture, tourisme, textile) ? C’est considérable ! Toute l’histoire économique des cinquante dernières années démontre que les politiques autarciques sont des échecs patents, qui ont fait le malheur de leurs peuples. Notre expérience en Europe, y compris dans les pays candidats qui, eux aussi, ont dû entièrement restructurer une industrie héritée d’une autre conception, montre qu’il y a plus de sécurité et de croissance en acceptant le changement et l’ouverture que dans l’immobilisme.

Q.O.: L’autre paradoxe, c’est que, depuis le lancement du programme MEDA, les investissements directs étrangers sont restés très bas. En plus, les délocalisations de certaines entreprises étrangères dans ces pays n’ont pas créé beaucoup d’emplois, alors que ces derniers constituent, si je puis dire, le «nerf de la guerre» pour ces économies en transition…

R.P.: Je vais vous répondre très franchement. Il y a une opportunité historique d’avoir, à portée de main, un marché extraordinaire, le marché européen, qui représente plus d’un quart du marché mondial et qui est entièrement ouvert, sans restriction aucune. Les entreprises européennes sont désireuses de venir s’établir dans les pays de la rive Sud, et d’y jouer sur les complémentarités entre nos économies, et sur la proximité culturelle et géographique. C’est un atout considérable qui n’est pas encore suffisamment pris en compte dans la politique économique. Il s’agit par des politiques macro-économiques saines (inflation, maîtrise des comptes) et une politique d’accueil des investissements de les attirer et de les retenir. Là où cela a été fait, c’est un succès. Vous avez cité le Portugal, j’y ajouterai l’Irlande, qui a aujourd’hui un revenu par tête supérieur à celui de la Grande-Bretagne. C’est là, la recette du succès. Ce n’est pas seulement une question de transferts financiers.

Q.O.: Parmi les griefs adressés à l’UE, c’est qu’on parle de la circulation des marchandises, mais pas des hommes. Il y a le problème des visas évoqué en permanence par les pays du Sud. C’est la source de certains malentendus. Qu’avez-vous fait concrètement sur ce sujet ?

R.P.: Je comprends parfaitement la sensibilité de cette question. Il faut l’aborder sans fausse pudeur. Quand on parle de «circulation des hommes», il y a beaucoup de fantasmes et de préjugés qu’il faut combattre. Mais il y a aussi des questions sérieuses qu’il faut traiter avec maîtrise. Comment nos économies peuvent absorber les flux d’immigration, nécessaires dans certains secteurs, mais sans aggraver un chômage global déjà élevé dans certains pays d’Europe ? Comment nos systèmes sociaux peuvent intégrer, dans la dignité, ces flux de travailleurs ? Comment éviter une ponction des élites qui manqueraient au développement équilibré de nos voisins. Ce sont des questions très complexes, et il n’y a malheureusement pas une réponse unique qu’on peut facilement codifier dans un article.

Nous avançons en Europe vers l’harmonisation de nos politiques d’immigration. L’objectif est de maîtriser, mais pas d’exclure.

Q.O.: Mais il n’y a pas seulement que l’aspect «immigrés», il y a, aussi, d’autres questions liées à la circulation des hommes pour pouvoir se déplacer sans trop de contraintes, faire des affaires, etc.

R.P.: La question des immigrés est la plus importante. Je ne crois pas que la circulation des «hommes d’affaires» constitue un problème politique insurmontable.

Quand je dis: «Partager tout, sauf les institutions», je parle, bien évidemment, des hommes et des marchandises. C’est l’idée même de l’Euro-Méditerranée.

Q.O.: Il y a plus d’un an, l’Algérie a signé un accord d’association avec l’UE. Certains experts vont jusqu’à dire que cet accord mettra beaucoup de temps avant d’être appliqué, du fait que le pays reste à 95% dépendant de ses ressources pétrolières et gazières. Qu’en dites-vous ?

R.P.: Je ne partage pas du tout ce pessimisme sur l’Algérie. Le peuple algérien, à qui je veux manifester une fois de plus mon attachement et ma profonde amitié, a subi un des plus graves traumatismes qu’on puisse imaginer. Son «11 Septembre» a duré des années, pendant lesquelles il a fait face à un terrorisme impitoyable. Il a gardé son unité et son courage. Pourquoi penser qu’il n’est pas à même de gagner la bataille de la démocratie et du développement en s’appuyant sur l’atout de ses richesses pétrolières et gazières, certes, mais surtout sur sa richesse humaine, qui est immense ? L’accord que nous avons signé offre une opportunité: s’il est appliqué dans son esprit même, il favorisera les réformes internes et la mobilisation des ressources humaines. Non, voyez-vous, je reste optimiste sur l’Algérie. Elle peut, elle va gagner.

Q.O.: Quelle est la qualité du dialogue politique entre la Commission et l’Algérie ? Ou vous en êtes ?

R.P.: Le dialogue est fondé sur un principe simple. Comme nous, l’Algérie est souveraine. Nous n’avons pas à lui donner de «conseils» sur ses affaires intérieures. Mais nous observons avec sympathie ses efforts et nous sommes prêts, à sa demande, à offrir notre expérience et notre assistance à tous les processus de dialogue, de pacification, de construction de réseau interne du dialogue démocratique, etc. Notre politique d’aide économique vise, entre autres objectifs, à faciliter la constitution d’une démocratie forte et stable.

Q.O.: Le sommet «5 + 5» vient de se tenir en Tunisie. Etait-ce un sommet pour se faire plaisir et se réunir entre soi ? Quel est l’intérêt, en termes de résultats concrets, de ce type de rencontre ?

R.P.: Quand je décide de faire un voyage de plaisir je ne vais jamais avec des politiciens. Ecoutez, le sommet «5 + 5» a une vocation informelle d’encadrement général des autres politiques. Mais je crois que, quand des leaders aussi importants se rencontrent, il y a une impulsion qui est donnée, et qui se transmet de haut en bas à tous les échelons des décideurs politiques et économiques. Attendez pour juger !

Q.O.: Vous semblez très inquiet par les effets de l’après-11 septembre 2001. D’où votre initiative de mettre sur pied un groupe des sages dont le rapport vient d’être rendu public. Sa principale recommandation: la création d’une fondation du dialogue entre les cultures. Avez-vous le sentiment que l’incompréhension entre l’Occident et le monde musulman s’est approfondie ?

R.P.: Oui, l’incompréhension s’est approfondie. C’est l’impression que nous avons. J’ai chargé un groupe des sages, composé de chrétiens, de musulmans et de juifs, afin de réfléchir en commun, et faire passer le message suivant: il n’y a pas de choc des civilisations. La conclusion des travaux est satisfaisante. J’espère que ce travail sera suivi de décisions concrètes autour de la nouvelle fondation pour le dialogue entre les cultures.

Q.O.: Je vois bien que votre volonté est de donner un nouveau souffle à l’Euro-Méditerranée.

Mais dans le même ordre d’idées, je constate que le choc des ignorances est aussi amplifié par les médias. Dans cette bataille à deux, quelle place est accordée à l’information ?

R.P.: Vous avez raison. J’invite les médias à plus d’analyse des mouvements en profondeur, plutôt qu’à surfer sur l’événement. C’est évidemment plus difficile. Mais l’enjeu est important. Il est crucial que nous nous comprenions mieux, que nous nous connaissions mieux. L’angoisse se combat par la connaissance.

Q.O.: Qu’est-ce qui vous inquiète le plus ? Quel est votre avis personnel sur cette angoisse mondialisée autour de l’amplification du terrorisme ? Faut-il en rester là ?

R.P.: Mon angoisse personnelle est de voir se développer des réactions négatives dues précisément à l’ignorance de ce qui se passe en profondeur chez nos voisins. Le terrorisme veut précisément nous convaincre qu’il y a un choc des civilisations, et donc qu’il faut se préparer à l’affrontement. Je suis diamétralement opposé à cette idée, non seulement parce qu’elle est porteuse de malheurs infinis, mais simplement parce qu’elle est fausse. Je vois, au contraire, que nos sociétés, dans leurs profondeurs, aspirent à la paix et à l’ouverture sur les autres. Je vois que nos hommes de science, de culture, de religion, nos étudiants, nos travailleurs, nos entrepreneurs, veulent travailler ensemble et dégager des perspectives d’avenir. Il faut qu’ils se parlent, qu’ils agissent et qu’ils ne laissent surtout pas se développer l’incompréhension, porteuse de mort.