Un débat sur les inégalités nord-sud en Méditerranée

Un congrès international en février à Alger

Un débat sur les inégalités nord-sud en Méditerranée

El Watan, 22 janvier 2006

S’il devait y avoir un véritable débat, il faudrait que soit abordée la question des inégalités dans les revenus et les niveaux de vie entre les deux rives de la Méditerranée ainsi que le droit des peuples à la sécurité dans cette région. »

Cette observation a été apportée par Layachi Yaker, ancien ministre du Commerce, nommé à ce poste en juillet 1970 par le président Houari Boumediène. Une intervention faite hier au siège du centre de presse du journal El Moudjahid lors d’une conférence-débat en prévision d’un congrès international qui se tiendra du 24 au 26 février prochain à Alger. Placé sous le thème générique « Dialogue Nord-Sud sur la Méditerranée : une vision commune de l’avenir », ce congrès est celui du Mouvement européen international (MEI). Une organisation née en 1948 sous la houlette du dirigeant britannique Winston Churchill et de l’Allemand Konrad Adenauer. C’est avec raison que Layachi Yaker s’est interrogé sur les objectifs de ce dialogue, 10 ans après le processus de Barcelone. « La paix dans cette région du monde et le développement intégré n’ont pas été atteints surtout lorsqu’on pense au conflit en Palestine ou au Sahara-Occidental. » L’orateur, actuellement expert consultant, a plaidé pour un débat de fond entre les pays des deux rives, notamment pour les questions à l’ordre du jour du congrès d’Alger. Information, formation, éducation, emploi, migration, investissement, appropriation, modes de participation et culture sont les axes de travail retenus à cette rencontre, précisera Mme Yasmina Ouzrout, présidente du comité préparatoire algérien du congrès du MEI. Elle soutiendra que « les retombées politiques et économiques pour notre pays seront énormes et à la mesure de l’appui et de l’implication de tous les acteurs publics et privés ». Pour elle, le soutien apporté par des institutions, comme le parlement européen, le conseil de l’Europe, la commission européenne ou la banque méditerranéenne Anna Lindh pour le dialogue des cultures, est un signe de bon augure. On situe d’ailleurs mieux le timing du lancement du 1er festival du film européen qui se déroule du 18 au 27 janvier 200 à Alger. En qualité de président de la commission scientifique du comité préparatoire, M’hamed Rakel, de l’Institut supérieur de gestion et de planification (ISGP), martèlera que « l’Algérie ne se suffira pas d’abriter ce congrès mais contribuera sous diverses formes au développement de sa vision pour le dialogue en Méditerranée ». Des intervenants du mouvement associatif présents sur les lieux ont soulevé des questions diverses qui concernent la libre circulation des personnes, le développement durable, la protection de l’environnement et l’implication des ONG nationales.

Salah Eddine Belabes