Soutien financier de la BEI pour la région sud-méditerranéenne

Soutien financier de la BEI pour la région sud-méditerranéenne

Plus de 2 milliards d’euros par an d’ici à 2013

Par Safia Berkouk, Le Jeune Indépendant, 11 novembre 2008

Les financements octroyés par la Banque européenne d’investissement (BEI) aux pays du sud de la Méditerranée, notamment ceux du Maghreb, dépasseront les 2 milliards d’euros par an au cours des cinq prochaines années. En effet, d’ici à 2013, la BEI a un objectif «de soutenir l’investissement dans les neuf pays du sud de la Méditerranée à un niveau de financement qui varie entre 1,6 milliard à plus de 2 milliards d’euros par an entre 2007 et 2013», selon le vice-président de la banque, M. Philippe de Fontaine Vive. Cet objectif entre dans le cadre «d’un mandat politique qui nous a été donné et qui sera réexaminé en 2010 par l’Union européenne», a-t-il précisé. M. de Fontaine Vive a assuré qu’il «n’y a aucune compétition entre les nouveaux Etats membres européens et les pays maghrébins» en matière d’octroi de financements puisque les nouveaux Etats membres «sont dans nos activités au sein de l’UE et les pays maghrébins sont au sein de nos activités sur un autre volet». Il en est de même pour la Turquie qui bénéficie de financements beaucoup plus importants par rapport à ceux octroyés aux pays du Maghreb. «Le cheminement de la Turquie vers l’UE comme ce qui s’est passé dans le cheminement de tous les Etats au nombre de 21 qui sont devenus européens permet à la BEI d’intervenir plus intensément ; il n’y a pas de plafond de soutien à l’économie pour les pays qui accèdent à l’Europe», a-t-il souligné. A l’heure actuelle, a-t-il ajouté, les financements de la BEI pour les pays maghrébins «vont tout d’abord vers les secteurs du transport, de l’énergie et des PME via les lignes de crédit que nous avons mises en place pour soutenir le tissu entrepreneurial». Le vice-président de la BEI a, d’autre part, estimé que, pour l’Europe, les pays méditerranéens sont «plus importants que la Chine ou l’Inde». Aujourd’hui, «le sud de la Méditerranée se situe à une moyenne de taux de croissance de l’ordre de 5 % alors que la moyenne de croissance en Europe est de 2 à 2,5 %. Le développement économique du sud de la Méditerranée tire le développement économique de l’Europe». A propos des répercussions de la crise, M. de Fontaine Vive a déclaré qu’»en Méditerranée les secteurs financiers et bancaires ont été moins touchés que les secteurs financiers et bancaires américains dont les produits sont plus sophistiqués». Selon lui, «le risque pour la Méditerranée est moins dans la crise financière que dans l’éventuelle récession de l’économie réelle. C’est ce que nous devons anticiper et nous pouvons le faire en mettant en place de nouvelles stratégies pour dynamiser la croissance et continuer à investir en Méditerranée pour stimuler les économies des pays du Sud». S. B.

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