Bedjaoui plaide une réforme de l’OCI

Face aux nouveaux défis que doit affronter la oumma islamique

Bedjaoui plaide une réforme de l’OCI

Djamel Bouatta, Liberté, 27 septembre 2006

M. Bedjaoui a appelé ses pairs de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), réunis à New York en marge de la 61e session de l’AG de l’ONU, à engager “rapidement” et “résolument” la réforme de l’organisation, comme il l’a été décidé lors de sa 33e conférence tenue en juin dernier à Bakou.
Pour le ministre des Affaires étrangères, l’Oumma islamique doit disposer d’une organisation forte et crédible pour relever les multiples défis du XXIe siècle.
Il s’agit, de fait, d’adapter l’OCI aux exigences de la conjoncture actuelle, une conjoncture porteuse de dangers et dont le plus inquiétant reste certainement cette guerre de civilisation qui ne cesse de menacer et que vient, par ailleurs, de relancer le pape Benoît XVI, qui s’est rétracté, mais ne veut toujours pas présenter ses excuses à la communauté islamique.
Le ministre des AE n’a pas manqué d’attirer l’attention de ses pairs sur les défis auxquels doit faire face la communauté islamique en faisant remarquer que leur réunion se tenait dans un contexte international particulièrement tendu, en raison de la grave détérioration de la situation au Moyen-Orient à la suite, d’abord, de l’agression d’Israël contre le Liban et, ensuite, de la poursuite de sa politique de violence aveugle dans les territoires palestiniens. Sur le registre libanais, Bedjaoui a même fustigé les lenteurs et les atermoiements du Conseil de sécurité pour faire cesser l’agression israélienne.
Le Conseil de sécurité devra être réformé, a-t-il implicitement suggéré, en s’interrogeant sur son incapacité d’assumer sa responsabilité première en matière de maintien de la paix et de la sécurité au Moyen-Orient, c’est-à-dire face à sa complaisance, pour ne pas dire plus, devant Israël. C’est là un sérieux coup porté à la crédibilité du Conseil de sécurité, a regretté Bedjaoui, tenant à renouveler la solidarité de l’Algérie avec le gouvernement et le peuple libanais pour leur résistance légitime et héroïque à l’agression israélienne. Le ministre algérien a également déploré la dégradation de la situation dans les territoires palestiniens qui, a-t-il dit, fait peser de réelles menaces sur la paix et la sécurité dans la région que, a-t-il précisé, la barbarie des pratiques israéliennes condamne à une instabilité chronique. Pour l’Algérie, devait-il marteler, il est temps d’appréhender dans son ensemble le règlement du conflit israélo-arabe qui reste au centre du problème du Moyen-Orient. Et le chef de la diplomatie de rappeler qu’il est de la responsabilité première du Conseil de sécurité de promouvoir la paix et la stabilité à travers des démarches consensuelles susceptibles de prévenir l’exacerbation des tensions dans une région particulièrement vulnérable et meurtrie par des conflits graves et déstabilisants qui la fragilisent chaque jour un peu plus.
S’interrogeant sur la suspension de l’aide internationale accordée à l’autorité palestinienne, après des législatives démocratiques, Bedjaoui estime que cet embargo financier aggrave la poursuite par Israël de sa politique d’occupation et d’agression.
Il a réitéré à cet égard la pleine solidarité de l’Algérie avec le peuple palestinien et son soutien indéfectible à l’Autorité palestinienne et à ses institutions, ajoutant qu’elle se félicite du dialogue entre Palestiniens pour la mise en place d’un gouvernement d’entente nationale.

D. Bouatta