Nucléaire israélien: L’AIEA claque la porte au projet arabe

Nucléaire israélien

L’AIEA claque la porte au projet arabe

Djamel Bouatta, Liberté, 24 septembre 2006

Israël est intouchable : les pays arabes n’ont pu que le constater devant l’AIEA qui a catégoriquement rejeté leur projet de résolution mettant en cause le programme nucléaire d’Israël.
C’est la première fois qu’une initiative arabe sur un tel dossier était parvenue sur le bureau de l’agence atomique onusienne malgré la défection de sept pays composant la Ligue arabe.
Cette absence a dopé les pays occidentaux qui n’ont pas lésiné pour faire avorter le projet qui, pourtant, se contentait d’exiger l’adhésion d’Israël au Traité sur la non-prolifération (TNP) afin de lui assurer un caractère universel au Moyen-Orient et de permettre la mise en place d’une zone sans armes nucléaires dans cette région.
L’examen du projet intitulé “Les capacités et la menace nucléaires d’Israël”, présenté par la Syrie et fortement soutenu par l’Iran, aura été ajourné sine die à l’issue d’une manœuvre de procédure initiée par le Canada et l’Union européenne (UE) soutenue par 45 pays, contre 29 et 19 abstentions. Le président de séance, le Sud-Africain Abdul Minty n’a rien pu faire et les auteurs du projet devaient même justifier leur initiative en revenant sur les récents bombardements israéliens au Liban.

L’État hébreu, qui ne reconnaît pas officiellement avoir l’arme nucléaire, possède, selon une majorité d’experts, au moins 200 bombes atomiques et est le seul État du Moyen-Orient à avoir choisi de rester en dehors du TNP. Pour sa défense, Israël s’est référé à ses logorrhées sur son environnement hostile et son droit à se défendre ! L’initiative des 15 pays arabes aura démontré que l’AIEA fonctionne toujours selon le principe de deux poids, deux mesures quand il s’agit d’Israël.

En début de l’année, l’agence a condamné le programme nucléaire iranien alors que ses propres inspecteurs n’ont pas trouvé à redire sur les offres de Téhéran pour une véritable coopération et l’affirmation du respect de ses engagements tels que contenus dans le TNP que ce pays a signés. Avant cette claque, les pays arabes avaient soumis à l’AIEA une résolution dénonçant la course israélienne au nucléaire en 1991. Elle a été rejetée et, depuis lors, les Arabes avaient chaque année menacé de remettre à l’ordre du jour, mais ils avaient accepté de surseoir leur menace en échange du soutien par Israël d’un appel, proposé par l’Egypte, en faveur d’un Proche-Orient sans armes nucléaires. Les États-Unis ont mené le jeu de coulisses lors de cette 50e Assemblée générale de l’AIEA, qui a rassemblé à Vienne les 141 pays membres de l’agence.

D. Bouatta