Abdelkader Bensalah met l’appareil du RND au service de Bouteflika

Election Présidentielle de 2014

Abdelkader Bensalah met l’appareil du RND au service de Bouteflika

El Watan, 3 novembre 2013

Le Rassemblement national démocratique (RND) a choisi la centrale syndicale pour annoncer «ouvertement» son soutien «indéfectible» au président Abdelaziz Bouteflika pour un quatrième mandat.

Le RND n’a pas appelé directement le Président a briguer un quatrième mandat, mais son secrétaire général par intérim, Abdelkader Bensalah, assure que son parti ne «prendra pas le bâton par le milieu» en 2014. Dans un long discours prononcé hier dans l’enceinte de la Maison du peuple devant des centaines de cadres et militants du parti, Abdelkader Bensalah a formulé une série de mises au point aussi bien à l’encontre de ses alliés, notamment le FLN, qu’à l’opposition. Bensalah a répondu, sans le citer, à Saadani, secrétaire général du FLN, pour avoir déclaré récemment que Bouteflika est le candidat du FLN.

Pour Bensalah, la stature de Bouteflika est «grande pour être réduite à la candidature d’un parti». Afin de ne laisser place à aucune confusion, Bensalah souligne que le RND soutient Bouteflika depuis 1999 et continuera dans ce soutien et cet appui. Bensalah justifie ce choix : «J’annonce, en présence d’un parterre de personnalités politiques à leur tête Sidi Saïd, qu’en 2014 le choix du RND sera porté sur la stabilité et le maintien du soutien aux réformes du président Abdelaziz Bouteflika». Des propos nourris de youyous et d’applaudissements. Le RND, selon le conférencier, a de tout temps soutenu les personnes ayant servi le pays en toute sincérité et avec fidélité : «Notre conviction au RND est constante. Nous n’appartenons pas à ceux qui prétendent vouloir diriger la caravane alors qu’ils avaient pris le train juste avant le dernier arrêt.»

La salle est archicomble. Les participants exhibent des portraits de Bouteflika et scandent «Oui pour un quatrième mandat». L’on a remarqué toutefois l’absence d’Ahmed Ouyahia, ancien SG de cette formation et celle de Cherif Rahmani. Le chef de file par intérim du RND règle également ses comptes avec les parties ayant établi un faux diagnostic concernant le devenir de sa formation. «Le RND va bien», réplique le conférencier, arguant que toutes les analyses et expertises faites autour d’une éventuelle disparition du RND de la scène politique relèvent de la pure spéculation et de simple affabulation.

Bensalah sort la grosse artillerie et dit n’avoir de leçons à recevoir de personne ni dans le domaine du militantisme ni sur le plan politique. Il convoque l’histoire et rappelle qu’au moment où le RND, durant les années difficiles, avait tranché pour la consolidation nationale, «plusieurs de ceux qui veulent aujourd’hui se positionner aux premiers rangs étaient complètement en dehors de cercle». Il accuse ouvertement le TAJ de Amar Ghoul et le MPA de Amara Benyounes «de vouloir se positionner» ou «d’être en quête de nouveaux rôles sur la scène politique». Par ailleurs, les militants ont acclamé Bensalah pour le poste de secrétaire général du parti. Il est pour l’heure, nous dit-on, le plus indiqué pour diriger le parti.

«LE MAROC DOIT COMPRENDRE…» :

Abdelkader Bensalah, secrétaire général par intérim du RND et président du Conseil de la nation, a saisi hier l’occasion de la réunion des cadres de son parti pour condamner l’arrachage du drapeau algérien du consulat d’Algérie à Casablanca.

Il a accusé sans tergiversation «les nostalgiques des années 1960» d’être à l’origine de cet incident. «Nous avons remarqué ces dernières semaines un nouveau ton dans le discours politique officiel des Marocains. Un discours provocateur, incitateur, qui ne dénote aucune sagesse», a regretté M. Bensalah. Cette campagne de dénigrement a été soutenue par les médias et certains partis politiques.

«Ces derniers ont tenu des propos attentatoires à la dignité de notre pays et à son intégrité territoriale», s’offusque Bensalah avant de se demander si réellement cet acte barbare était spontané. «Nous connaissons bien la réponse. Après les provocations d’en haut c’est autour de la rue de prendre le relais», a-t-il dit. Et d’ajouter : «Les responsables au Maroc connaissent parfaitement la symbolique de la date du 1er Novembre pour l’Algérie et pour tout le Maghreb.»

Pour Bensalah, «l’échec du Maroc dans le traitement du dossier du Sahara occidental et son incapacité à défendre une cause qui, à vrai dire, ne lui appartient pas sont derrière cette campagne contre l’Algérie. Le Maroc doit comprendre que l’Algérie n’est nullement responsable de ses maux». Une campagne qui n’est pas «dans l’intérêt des deux pays et de la région».
N. A.

Nabila Amir