Le Parlement convoqué «en urgence» avant fin novembre

Amendement de la Constitution

Le Parlement convoqué «en urgence» avant fin novembre

Algérie News, 8 novembre 2013

Attendu depuis plusieurs semaines, l’amendement de la Constitution se fera avant la fin du mois en cours après convocation des deux chambres.

C’est bientôt la fin du suspense, le projet de l’amendement de la Constitution s’apprête à voir le jour. Notre source nous affirme que la démarche sera «presque similaire» à celle de 2008, sauf que pour ce cas précis, il y aura convocation du Parlement avec ses deux chambres au Palais des Nations. « C’est par voie parlementaire que se fera l’amendement et non par référundum, faute de temps», nous confie-t-on. La concrétisation du projet va mettre un terme au flou qui a marqué la scène politique depuis plusieurs mois. «Une commission juridique composée des parlementaires des deux chambres chapeautera l’opération. Celle-ci examinera le contenu avant de convoquer une session avec les deux chambres réunies du Parlement au Palais des nations du Club des Pins », a indiqué notre source. Il y a lieu de rappeler que l’amendement de la Constitution en 2008 n’a pas pris beaucoup de temps. En l’espace de quelques jours seulement, le projet a été adopté.

Notre source n’a pas révélé les nouveautés de la nouvelle mouture de la nouvelle Constitution, mais le recours à la voie parlementaire, avec la convocation des deux chambres, implique qu’il n’y aura pas un changement profond dans la nouvelle Constitution, mais des ajustements structurels et des réajustements de dispositif. La nouvelle mouture de la Constitution verra probablement, la création de poste de vice-président, le retour de poste de Chef du gouvernement, ainsi que la limitation des mandats présidentiels à deux uniquement. L’amendement de la Constitution se fera donc, sans consultation de la classe politique, elle qui a toujours réclamé un large débat sur le contenu de la nouvelle Constitution avant qu’elle ne soit amendée. Il y a lieu de rappeler que les consultations politiques qu’avait entamées le Premier ministre, Abdelmalek Sellal sur instruction du président de la République pour élargir les débats autour de l’amendement de la Constitution, sont tombées à l’eau dès leur début, après que Bouteflika eut été transféré et hospitalisé au Val-de-Grâce à Paris. Hormis quelques chefs de parti qui ont été reçus par le Premier ministre, les autres partis politiques qui sont plus d’une quarantaine n’ont pas pris part au débat sur ce projet. Il en est de même pour la société civile ou les personnalités politiques pesantes. La question qui reste posée : la commission technique a-t-elle vraiment fait son travail ?
Sachant qu’un membre de cette commission a récemment déclaré que le projet est entre les mains du président de la République. Quelques jours après, le Premier ministre a démenti l’information, affirmant que la commission Kerdoune n’a pas encore terminé son travail et le projet n’a pas encore atterri chez Bouteflika.

La classe politique divisée

Si les partis politiques, dits proches de la sphère du pouvoir, soutiennent, tous, les décisions qui émanent de leurs chefs, les autres formations politiques rejettent l’idée d’amendement de la Constitution avant l’élection présidentielle de 2014. Vu l’importance de ce projet, de nombreuses formations politiques ont multiplié les appels, lors de leurs sorties médiatiques, à un report de la révision de la Constitution après la présidentielle de 2014. Des partis islamistes, des partis de l’opposition et même le Parti des travailleurs, sont unanimes sur cette revendication. Louiza Hanoun, présidente du Parti des travailleurs, a, à maintes reprises, appelé à l’ajournement de la révision de la Constitution après l’élection afin d’ouvrir un débat national. Selon elle, un tel projet ne représente pas une priorité dans la situation actuelle où l’Algérie est appelée à relever les défis de sa stabilité politique et sécuritaire dans un contexte régional crucial. Idem pour les partis islamistes qui ont mis l’accent sur la nécessité d’ouvrir un vaste débat sur le projet en y impliquant toutes les catégories de la société. Djilali Soufiane, président de Jil El Djadid, a déclaré récemment que la révision de la Constitution se fera après l’élections présidentielle de 2014. C’est au nouveau président légitime que revient le droit de réviser la Constitution avec la participation de toute la classe politique.

Mohammed Zerrouki