Terrorisme, trafic de drogue, crise financière: Les mises en garde de Bouteflika

Terrorisme, trafic de drogue, crise financière: Les mises en garde de Bouteflika

par Yazid Alilat, Le Quotidien d’Oran, 1er novembre 2016

Sécurité aux frontières, stabilité politique, lutte contre le terrorisme, paix sociale, développement économique et « grand djihad » pour rester à la hauteur des idéaux de Novembre 1954, ont été les grands thèmes du message à la Nation du Président Abdelaziz Bouteflika, à l’occasion des festivités du 62ème anniversaire du déclenchement de la guerre de Libération. Parmi les défis auxquels est confrontée l’Algérie, le Président Bouteflika en énumère trois, dont celui de « la sécurité du pays, des personnes et des biens ». Sans la sécurité, « le développement serait entravé, sinon même compromis », estime-t-il. Il rappelle ainsi que l’ANP et les différents corps de sécurité sont investis de la mission de « préserver l’intégrité du territoire et éradiquer les résidus du terrorisme de son sol. » Pour autant, le président estime que « la sécurité du pays, la destruction du terrorisme, le recul des fléaux criminels et même la sécurité publique, sont autant de causes qui nécessitent, également, la vigilance collective. » Et il rappelle ainsi que « le terrorisme est un fléau en expansion dans le monde et dans notre voisinage », alors que « les trafics d’armes et de drogues, notamment, ont atteint un seuil dangereux dans notre sous-région. » Dès lors, l’ANP et les différents corps de sécurité doivent être épaulés, a-t-il insisté, par « l’appui des citoyens et sur le développement de l’esprit civique, dans toutes nos contrées. » Le second défi auquel fait face le pays est celui du développement économique et social, qu’il faut « poursuivre et intensifier. » « L’Algérie fait face, depuis deux années, à une brutale détérioration de ses revenus, comme c’est le cas des autres pays producteurs de pétrole », a-t-il dit, et les mesures de remboursement par anticipation de « la dette extérieure et une gestion prudente de nos réserves de change, nous permettent aujourd’hui, de préserver notre indépendance de décision économique ». Le Président Bouteflika appelle, ainsi, les Algériens « à une mobilisation nationale pour partager l’effort que nous imposent nos difficultés financières conjoncturelles, afin de poursuivre notre processus prometteur de développement. » Face à cette conjoncture économique et financière difficile, du fait, notamment, de la baisse des recettes pétrolières, depuis 2014, dans le sillage de la chute des prix de pétrole, Bouteflika préconise une accélération et un approfondissement des réformes « pour la modernisation de la gouvernance, la dynamisation de l’investissement, et pour une efficacité accrue de la dépense publique. »

En appoint du défi économique, il y a la reconquête de la paix sociale. Et le Président Bouteflika l’affirme: « il nous reste également, à concourir, ensemble, à la préservation de la paix sociale, pour le succès de notre démarche de construction nationale. » Décrypté, le message est clair: il faut assainir le climat social et mettre fin aux conflits sociaux.

Il s’explique : « le gouvernement est attelé au dialogue et la concertation avec ses partenaires économiques et sociaux. Je les invite, tous ensemble, à concourir à la préservation de la paix sociale », comme il appelle les Algériens « à faire preuve de discernement, face aux discours populistes ou électoralistes. » Le troisième défi auquel les Algériens sont confrontés, est « celui de la stabilité politique. » En rappelant la tenue au printemps 2017, des élections locales et législatives, le Président Bouteflika affirme, par ailleurs, garantir, à travers le nouveau code électoral « pour prendre en compte les nouvelles garanties de transparence édictées par la Constitution » et la mise en place de la Haute instance indépendante de surveillance des élections, des élections libres et transparentes. Et, pour garantir la stabilité politique dans le pays, il en appelle, d’autre part, aux partis politiques pour « concourir à la préservation » de la stabilité politique, qui est « une obligation pour chacun. » Enfin, Bouteflika appellera les Algériens au « grand djihad » pour demeurer à la hauteur de « la Révolution de Novembre ».