Ali Kafi charge Bouteflika

Dans un Témoignage vidéo enregistré avant sa mort

Ali Kafi charge Bouteflika

El Watan, 12 avril 2014

Une bombe. Dans un témoignage vidéo enregistré quelques mois avant sa disparition, l’ancien président du Haut comité d’Etat (HCE), Ali Kafi, s’attaque violemment au président Bouteflika.

Le colonel de la Wilaya II historique qualifie le locataire d’El Mouradia de «voleur» et de «corrompu». Dans son message posthume, Ali Kafi dit au peuple algérien de «ne pas faire confiance à une personne, mais de nécessairement croire en une charte ou un document (Constitution) qui reconnaît le citoyen dans ses droits. Ce n’est qu’à cette condition que les Algériens trouveront le chemin vers un système de pouvoir juste». Il ajoute que le peuple «doit se dresser vigoureusement devant tout ce qui s’écarte de la Constitution». M. Kafi ne parle pas évidement de la Constitution triturée en 2008 qui permet de briguer des mandats illimités. «Une Constitution qui ouvre la voie à un quatrième mandat est totalement inacceptable. Le peuple algérien dans son intégralité doit la rejeter, pas seulement les jeunes. La Constitution a donné une fois, peut-être deux fois, mais c’est fini. Les Algériens doivent défendre leurs droits», brocarde encore Ali Kafi.

Opposant historique à Bouteflika, l’ancien chef du Nord-Constantinois estime que «changer la Constitution pour rester au pouvoir, cela veut dire que je suis un dictateur. En plus, gouverner au nom de qui ? Au nom du peuple, le peuple te rejette», en faisant allusion à Abdelaziz Bouteflika qui a fait sauté le verrou limitant les mandats présidentiels. Il dit clairement : «Moi, Bouteflika je te rejette dès le début.»
Visiblement indigné, Ali Kafi rappelle que lorsqu’il était à la tête de l’Etat, il s’était opposé à la nomination de Bouteflika à l’ONU. «A ce moment-là, le Haut comité d’Etat voulait que Bouteflika soit nommé, je m’y suis opposé. L’armée voulait l’imposer. Le ministre de la Défense, Khaled Nezzar, est venu me convaincre de la nécessité d’envoyer Bouteflika à l’ONU, je lui ai répondu : ‘Tant que je suis là, il (Bouteflika) ne sera dans aucun endroit, parce qu’il a tout détruit, a volé de l’argent et a été condamné par la Cour des comptes’», a-t-il accusé. «Je ne permets pas aux voleurs de gouverner», tance-t-il encore.

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