Grogne sociale : Les messages de Bouteflika

Grogne sociale : Les messages de Bouteflika

El Watan, 25 février 2018

La célébration du double anniversaire de la création de l’UGTA et de la nationalisation des hydrocarbures été l’occasion pour le chef de l’État de faire deux importantes mises au point sur le plan social.

D’une part il réaffirme, par la voix du ministre de la justice garde des sceaux Tayeb Louh – qui a été dépêché hier à Oran pour lire la lettre adressée aux travailleurs et syndicalistes- la volonté de l’État de sauvegarder le droit aux subventions sociales, malgré une conjoncture économique défavorable, et d’autre part Abdelaziz Bouteflika invite les travailleurs, à veiller à respecter leurs devoirs, aussi bien qu’ils entreprennent de réclamer leurs droits. Un message indirect mais sans aucune équivoque aux syndicats grévistes.

Le chef de l’État écrit notamment, pour ce qui est de la politique sociale de l’État «Il reste fondamental pour nous que la quête d’une plus grande rigueur dans la gestion ne puisse pas affecter les bas revenus, ni sacrifier les principes de justice sociale et de solidarité nationale qui fondent notre action» . Un message d’apaisement qui vient dans le même sillage que la réaction du premier ministre Ahmed Ouyahia, qui a nié, il y a quelques jours, toute volonté de l’État de supprimer les aides aux plus démunis, ni de renier la politique sociale qui a toujours été la sienne.

Deux mises au points qui visent à calmer la grogne sociale suscitée par la déclaration récente du ministre des finances Abderrahmane Raouia au sujet d’une suppression des subventions des carburants en 2019 et autres subventions à partir de 2020.

Dans ce mème ordre d’idées le chef de l’État écrit « Nous devons nous adapter au changement en hissant notre économie, nos entreprises, nos universités aux standards mondiaux d’excellence et de compétitivité tout en restant fidèles à notre doctrine en matière de politique sociale et de solidarité nationale.»

Pour ce qui est de la grogne syndicale qui perdure depuis des mois, le chef de l’État apporte une réponse indirecte aux mouvement syndical autonome qui occupe le terrain des revendications sociales à travers des gréves cycliques et illimitées:«J’encourage (…) les travailleurs à veiller à ce que la défense légitime et vigilante de leurs droits aille de pair avec l’observation effective et régulière de leurs devoirs et obligations, dans cette phase si cruciale du développement national» peut on lire dans la lettre adressée aux travailleurs.

Le passage lu par le ministre de la justiee Tayeb Louh, face au rassemblement,syndical organisé hier, sous l’égide de l’UGTA, au centre des conventions d’Oran, cible sans les nommer, les syndicats grévistes, notamment dans le secteur de l’Education, dont le Cnapestre -qui a demandé une intervention du chef de l’État dans le conflit qui dure depuis des semaines notamment à Blida et Bejaia- mais aussi les médecins résidents qui revendiquent la suppression du service civil, à travers une gréve illimitée et un boycott des examens.

Abdelaziz Bouteflika brosse par ailleurs, les contours abruptes de l’environnement économique dans lequel se déroule la grogne sociale exprimée par les syndicats autonomes, estimant que « le déséquilibre des marchés pétroliers et ses conséquences sur nos équilibres macro-économiques implique pour nous, la nécessité de sortir de la dépendance de notre économie aux revenus des hydrocarbures, et de nous atteler à diversifier nos sources de revenus en créant de la richesse »

Pour le chef de l’État «L’Algérie ne doit plus se suffire d’être un simple exportateur d’hydrocarbures, mais fructifier son génie national afin de s’imposer comme un acteur économique performant et compétitif.

Ce faisant, nous réduirons notre vulnérabilité aux cycles imprévisibles des marchés pétroliers et ferons de la richesse, que sont les hydrocarbures, une chance réelle de développement pour notre pays.» peut- on lire encore dans la lettre adressée aux syndicalistes et travailleurs qui commémoraient hier, le double anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures et de la création de l’UGTA.

Zhor Hadjam


Bouteflika prêche une « conduite patriotique économique offensive, loin du protectionnisme stérilisant »

Maghreb Emergent, 24 février 2018

Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a appelé samedi à une « conduite patriotique économique offensive » en vue de moderniser l’industrie locale et conforter les entreprises publiques et privées.

« Nous devons adopter une conduite patriotique économique offensive qui verra l’Etat, loin de s’enfermer dans un protectionnisme stérilisant pour les entreprises nationales, fonder sa politique sur la modernisation du tissu industriel et la saine émulation entre entreprises publiques et privées dans le respect de l’éthique et des intérêts suprêmes de la Nation », a affirmé le président de la République dans un message à l`occasion de la célébration du double anniversaire de la création de l`Union générale des travailleurs algériens (UGTA) et de la nationalisation des hydrocarbures lu en son nom par le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Tayeb Louh.

Dans ce sens, il a avancé que le principe de la préférence nationale « prévaudra rigoureusement dans les commandes publiques » de même que le gouvernement encouragera les produits nationaux à gagner en compétitivité et occuper une « place majeure » sur le marché national et à trouver une place dans les marchés internationaux.

D’autre part, le Chef de l’Etat a noté que la diversification de l’économie du pays devrait s’appuyer, de plus en plus, sur des activités plus intenses en technologie et à forte valeur ajoutée, qui devra induire un repeuplement industriel qualitatif et en phase avec les évolutions structurelles de l’industrie mondiale.

Renforcer la capacité de résilience de l’économie

Abordant les convulsions actuelles des marchés pétroliers qui frappent tous les pays producteurs, le Président a rappelé que les pouvoirs publics ont œuvré à renforcer la capacité de résilience de l’économie du pays en engageant une politique volontariste de désendettement.

« Cette politique a porté ses fruits puisque nous sommes en mesure d’affronter cette crise avec sang-froid, avec détermination, tout en étant rassurés quant à nos marges de manœuvre en mesure de nous permettre de mener un plan d’action efficace de sortie de crise », a-t-il soutenu.

Abordant la gestion financière, le Président a préconisé l’identification des niches d’économie et la rationalisation des dépenses tout en mettant l’accent sur la compétitivité, les gains de productivité et la rigueur dans cette gestion.

Cependant, a-t-il insisté, cette quête d’une plus grande rigueur dans la gestion ne doit pas affecter les bas revenus ni sacrifier les principes de justice sociale et de solidarité nationale.

Appel à la mobilisation de la jeunesse

A cette occasion, le chef de l’Etat a également appelé « les travailleuses et les travailleurs et particulièrement notre jeunesse à se mobiliser, plus que jamais, pour relancer notre économie, construire l’Algérie forte qui offrira à tous ses enfants les conditions de vie et de travail souhaitables pour tous ».

« Il nous incombe de régénérer la symbolique de Novembre de sorte que le patriotisme s’inscrive, dans l’esprit de notre jeunesse, dans une perspective d’innovation, de créativité, de compétitivité et de quête de l’excellence. Le gouvernement a été instruit pour inscrire la relance de notre économie dans cette perspective et faire en sorte qu’elle fédère les forces vives de notre pays et repose sur l’énergie de notre jeunesse », a-t-il ajouté.

Moralisation de la gouvernance

Par ailleurs, le président Bouteflika a affirmé que le développement « n’a de sens que s’il vise à améliorer les conditions de vie des citoyens à travers l’ensemble du territoire national, notamment les créateurs de richesse, c’est-à-dire les travailleurs dans toute leur diversité ».

« L’étendue de notre territoire, qui est un avantage certain, nous impose une politique de développement inventive, soucieuse de justice sociale qu’il nous revient aujourd’hui de mener dans une situation exceptionnelle où la diversification de notre économie, dans un contexte de crise, impose rigueur et moralisation de la gouvernance », a-t-il expliqué, assurant qu’il accordait une « grande attention » à ces questions « stratégiques ».

En outre, le président de la République a encouragé les travailleurs « à veiller à ce que la défense légitime et vigilante de leurs droits aille de pair avec l’observation effective et régulière de leurs devoirs et obligations, dans cette phase si cruciale du développement national ».