Bouteflika lance ses chantiers dans l’urgence

Premier conseil des ministres du 4e mandat

Bouteflika lance ses chantiers dans l’urgence

Le Soir d’Algérie, 8 mai 2014

Abdelaziz Bouteflika accélère la cadence. Sitôt effectué, dans l’urgence, le surprenant remaniement du nouveau gouvernement Sellal, il préside quarante-huit heures plus tard, c’est-à-dire hier mercredi, le premier Conseil des ministres de son quatrième mandat. Bouteflika s’engage au Conseil des ministres à concrétiser tous ses engagements de campagne électorale. Et ils sont tellement nombreux.
Kamel Amarni – Alger (Le Soir)

Durant ce premier Conseil de l’après-présidentielle du 17 avril, il a été beaucoup question de «stabilité». Bouteflika estimera que ces élections «ont vu le peuple algérien vaillant se prononcer fermement contre le désordre, la violence, et la fitna. Il aura fait montre d’un sursaut patriotique exceptionnel (en s’engageant) à barrer la route à l’aventurisme et à ses prophètes» ! Décidément, Bouteflika ne veut toujours pas «lâcher» sa bête noire de toujours, Ali Benflis !
L’on ne peut également pas ne pas relever cette autre phrase assassine, qui suit immédiatement après, sans doute destinée, celle-là, à la cible permanente du patron du FLN : «les Algériens et les Algériennes ne sauraient accepter que la démocratie s’exerce hors des règles et des institutions définies dans la Constitution, ou loin d’une conduite pacifique qui s’impose à tous, ni encore moins, en contresens de la volonté souveraine exprimée par notre peuple»… Cela étant, Bouteflika ne manquerait pas de «compenser son attaque par un vibrant hommage aux forces de l’ANP.

Et, inhabituellement chez lui, Bouteflika évoquera même la dernière opération antiterroriste menée par l’armée à Tinzaouatine ! On lit ainsi, dans le même communiqué que «le Conseil des ministres a été informé de l’opération brillamment menée par l’Armée nationale populaire il y a deux jours, dans la région de Tinzaouatine, durant laquelle a été annihilée une dangereuse tentative d’infiltration d’un groupe terroriste lourdement armé, dont les éléments sont originaires du Mali, de Libye et de Tunisie». L’homme qui a bâti toute la légitimité de son quatrième mandat sur ce thème de la stabilité insistera particulièrement sur ce point, estimant que «cette nouvelle agression extérieure interpelle toute la société algérienne pour faire preuve de la plus grande vigilance et soutenir ainsi l’engagement des forces de l’ANP et des forces de sécurité face au terrorisme abject». L’on est en tout cas vraiment très loin du discours récurrent sur la «réconciliation nationale».

«Nous devons engager une véritable course contre la montre»
Face à son nouveau gouvernement, visiblement chargé d’une mission temporaire, Bouteflika s’était montré très ferme et très exigeant.
Ainsi, et évoquant son programme électoral et, partant ses engagements, il dira : «En tant que pouvoirs publics, nous devront engager une véritable course contre le temps (…) pour satisfaire les attentes de notre peuple ». Le toujours patron du palais d’El Mouradia citera même une série de chantiers à lancer dans les plus brefs délais, et dans tous les domaines ! Il est entre autres question de la mise en place, des autorités de régulation de la presse écrite et audiovisuelle, de la mise en œuvre du nouveau découpage administratif, de l’accélération du processus d’adhésion de l’Algérie à l’OMC, de la lutte contre la corruption et la bureaucratie, de l’accélération du processus des réformes économiques et, même, d’un programme spécial approvisionnement du marché national durant le mois de Ramadhan. Cela, en même temps que l’élaboration du plan quinquennal 2015-2019.
Le gouvernement est également instruit de préparer dans les plus brefs délais le nouveau plan d’action. «Ce dossier sera de nouveau abordé dans quelques jours à l’occasion de l’étude, en Conseil des ministres, de ce projet de plan d’action que le gouvernement aura à présenter devant l’Assemblée populaire nationale puis devant le Conseil de la nation». Sellal devra en effet se présenter devant le Parlement courant ce mois de mai.

«Ouyahia mènera les consultations sur la révision de la Constitution début juin»

S’agissant de son dossier le plus immédiat, à savoir la révision de la Constitution, Bouteflika met fin au suspense. Hier,au cours du même Conseil des ministres, il a fixé les échéances du processus des consultations. Il est ainsi précisé dans le communiqué du Conseil que l’ensemble des partis politiques , des représentants de la société civile et du mouvement associatif ainsi que les personnalités nationales seront destinataires du contenu de ce que sera la nouvelle Constitution telle que proposée par le pouvoir. Ce, avant d’être ensuite conviés à des consultations à partir de début juin.
Toute l’opération sera conduite par le ministre d’Etat, directeur de cabinet de la présidence, Ahmed Ouyahia.
K. A.