Un Aïd Al Adha « normal » sans Bouteflika à la mosquée

Un Aïd Al Adha « normal » sans Bouteflika à la mosquée

Sana Harb, Maghreb Emergent, 15 octobre 2013

Les Algériens célèbrent l’Aïd Al Adha, dans la tradition. Le sacrifice du mouton a commencé dans les maisons et les cités immédiatement après la grande prière de l’Aïd. La tradition est respectée. Sauf pour le président Bouteflika qui a manqué, comme lors de l’Aïd El Fitr, le rituel officiel de la prière de l’Aïd Al-Adha.

Les Algériens ont commencé à célébrer la « fête du sacrifice » par la prière du vendredi, précédée par les longues psalmodies entamées dès l’aube dans la plupart des mosquées. Après la prière, le début du rituel du sacrifice du mouton a commencé. La tradition a été respectée au niveau populaire. Pas au niveau officiel. La grande prière de l’Aïd El Kebir a été en effet accomplie à la grande mosquée d’Alger sans la présence du président Abdelaziz Bouteflika. Comme lors de l’Aïd El Fitr, en aout, la présence officielle à la mosquée a été assurée par les présidents des deux chambres du parlement, Abdelkader Bensalah et Mohamed Larbi Ould Khalifa et le Premier ministre Abdelmalek Sellal. Par manque d’informations sur la santé du président et aussi sur ses intentions pour la présidentielle prévue normalement en avril 2014, les observateurs en sont réduits à prendre note des absences – ou de la présence – du chef de l’Etat aux grandes occasions. La dernière grande apparition publique d’Abdelaziz Bouteflika remonte au 29 septembre dernier où il a présidé un Conseil des ministres. Le dernier ministre remontant au 27 décembre 2012. La tenue de ce Conseil des ministres, qui a eu lieu après une longue attente, a permis d’éviter le dépassement des délais légaux pour la procédure d’approbation de la loi de finances.

L’absence du président à la prière de l’Aïd El Adha ne manquera pas de relancer les conjectures sur sa capacité à assumer ses fonctions. Le président Bouteflika est revenu en Algérie, le 16 juillet dernier, après près de trois mois de séjour en France où il avait été soigné après un AVC. En Algérie où l’Islam est religion d’Etat, la présence du chef de l’Etat aux grandes cérémonies religieuses et notamment des deux Aïd, est en général scrupuleusement respectée. On ne connait qu’un seul cas d’absence du chef de l’Etat, c’était en 1993. L’ancien président du Haut-comité d’Etat, Ali Kafi, avait omis d’observer le rituel contraignant le chef du gouvernement de l’époque, Belaid Abdesselam, a improvisé une tournée dans la ville d’Alger pour marquer la « présence de l’Etat ».