Renouvellement partiel du sénat

RENOUVELLEMENT PARTIEL DU SÉNAT

Entre rivalités partisanes et ambitions personnelles

Le Soir d’Algérie, 13 septembre 2009

Les partis politiques ayant participé aux élections locales de 2007, Assemblées communales et Assemblées de wilaya, ont rendez-vous avec les urnes en décembre prochain. Le Sénat, la chambre haute du Parlement, connaîtra, à cette période, le renouvellement de moitié de sa composante.
Sofiane Aït-Iflis – Alger (Le Soir)- Le renouvellement intéressera aussi bien la composante élue que celle désignée dans le cadre du tiers présidentiel. Si les hommes du président qui viendront occuper des sièges au Sénat sont exempts de la compétition et des enjeux électoraux classiques, il n’en est pas de même pour ceux qui constitueront les fournées partisanes. Les grands collèges électoraux, les Assemblées communales et de wilaya, sont déjà agités par un début de fièvre électorale. L’enjeu vaut l’engagement précoce en campagne. Autant pour les élus partisans que pour les élus indépendants. Les élus partisans intéressés par un mandat de sénateur auront à «taper dans l’œil» et à faire valoir leur profil auprès des instances de leurs partis habilitées à statuer sur les candidatures. Surtout que, pour partiel qu’il sera, ce renouvellement se traduira par l’élection d’un sénateur par wilaya. Prétendre à une candidature devra, pour l’élu partisan intéressé, s’accompagner de beaucoup d’engagement et de doigté politique. Ça va certainement batailler dur. Même si la condition d’âge agira encore une fois en premier filtre. Pour une candidature au poste de sénateur, l’élu devra avoir 40 ans révolus. Outre cette tâche organique qu’ils se doivent d’accomplir, les partis politiques devront aussi rivaliser entre eux. L’Alliance présidentielle sera mise entre parenthèses — encore une fois — le temps de ces sénatoriales. Le Front de libération nationale fait déjà montre d’un bon appétit quant à contrarier, ces joutes durant, l’ambition de son frère ennemi, le Rassemblement national démocratique. Un avant-goût de cette bataille à laquelle se prépare le FLN nous est donné par la «noise» que le viceprésident du Sénat, Rachid Assas, a entrepris de chercher à Abdelkader Bensalah. Le président du Sénat s’en trouve criblé d’accusations, comme de privilégier les sénateurs issus de sa formation politique, le RND. Intervenant à la veille du renouvellement partiel du Sénat, cette estocade n’est pas à mettre sur le compte du seul coup de gueule. Elle témoigne du désir du FLN de se réapproprier la présidence du Sénat. Le parti de Belkhadem pourrait s’esquinter vainement à la tâche tant, pour s’arroger le poste, il lui faudra plus que disposer de la majorité au Sénat. Bensalah a atterri sur le perchoir en tant que désigné parmi le tiers présidentiel. Il jouit donc des faveurs présidentielles. Et on imagine mal un FLN aller a contrario de la volonté présidentielle. Le MSP, l’autre membre de l’Alliance présidentielle, ne se mêle pas de la bataille pour la présidence du Sénat. Le parti de Soltani, victime d’une dissidence interne qui a traîné dans son sillage bon nombre d’élus, s’estimera heureux s’il parvenait à récolter quelques sièges. Le Front national de Moussa Touati se retrouvera confronté à des difficultés similaires. Le parti est ébranlé dans sa sérénité. En Kabylie, la tradition sera normalement respectée. La bataille mettra aux prises essentiellement le RCD au FFS si, bien entendu, ce dernier s’engage dans la course. Il est déjà arrivé au parti de se poster hors course. Dans le rang des élus indépendants, c’est déjà la course contre la montre et, pour certains élus, c’est déjà la surenchère à la bourse. L’argument dans «chkara».
S. A. I.