Le président Brésilien à Alger

Défense, industrie et commerce

Le président Brésilien à Alger

El Watan, 7 février 2006

Des contacts et des concertations sur les intentions des interlocuteurs algériens auront lieu concernant le dossier défense.

Cette précision émane de Sergio Danese, ambassadeur du Brésil à Alger, à la veille de la visite en Algérie qu’entreprendra à partir de demain Luiz Inacio Lula da Silva, président du Brésil. Lors d’une rencontre hier avec des représentants de médias nationaux publics et privés, Danese estime : « C’est normal d’aborder ce dossier dans la mesure où le Brésil produit des biens, des services et des technologies dans le domaine militaire. » Il ajoutera que son pays possède « une expérience prouvée dans notamment l’industrie aéronautique qui a conquis le marché mondial ». Cela vient confirmer, en tout cas, la déclaration de Pedro Motta, chargé des questions africaines au ministère des Affaires étrangères, rapportée par l’AFP. « L’Algérie est un pays important qui a une présence internationale très grande et nous devons travailler avec lui dans tous les domaines », a-t-il affirmé. L’agence française annonce que le général Moura Barreto, haut responsable du ministère brésilien de la Défense, fera à ses vis-à-vis algériens des offres concernant les systèmes de surveillance, les avions et les équipements militaires. « Nous devons étendre notre présence, car le Brésil est un pays qui veut devenir membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. Cela signifie que nous devons participer aux opérations de paix, même en Afrique. Nous devons donc mieux connaître et nous entendre avec les pays africains, même dans le domaine de la défense », indiquera Pedro Motta cité par l’AFP. Selon l’ambassadeur brésilien à Alger, la délégation qui accompagnera le président Lula, outre des hommes d’affaires, comprendra également les ministres en charge des secteurs des Affaires étrangères, de l’Energie, du Commerce, de la Santé, de l’Agriculture et des Sports. Il avouera qu’il existe « un déficit de connaissance » entre les deux pays et donc, il s’agira de « mettre en place un programme concret, mais réaliste » pour la coopération bilatérale. Le déficit commercial en faveur de l’Algérie est apparemment un élément qui incite la délégation brésilienne à tenter de rééquilibrer le rapport entre les deux pays. Les échanges bilatéraux en 2005 ont atteint 3,22 milliards de dollars, dont 2,83 milliards d’importations algériennes, principalement en dérivés du pétrole. Concernant la question de la prétention du Brésil à faire partie des pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU une fois la réforme approuvée, l’ambassadeur s’en tiendra au fait que « les deux parties vont à Alger discuter franchement de ce dossier sachant que l’Algérie milite pour une place pour l’Afrique ».

Salah Eddine Belabes