L’alliance présidentielle à l’épreuve du terrain

L’alliance présidentielle à l’épreuve du terrain

Dissonance

par Nefla B. , Le jeune Indépendant, 13 juin 2004

La succession de Karim Younès aura été effectivement un véritable test pour l’alliance présidentielle. Car c’est à partir de là que les divergences latentes au sein de cette structure sont apparues au grand jour. Les déclarations contradictoires qui se sont multipliées et les revirements sur des questions fondamentales des partenaires de cette alliance en sont la preuve.

La dernière sortie en date du Mouvement de la société pour la paix (MSP) relative à son attachement à «sa» revendication sur la levée de l’état d’urgence conforte, à plus d’un titre, que quelque part les membres de cette entité politique ne sont plus sur la même longueur d’ondes, du moins ne chantent-ils plus la même chanson.

D’ailleurs, la missive, aux propos soudains, du MSP se voulait l’expression de cette «discordance» régnante. Une discordance qui trouve ses origines dans les termes de la mise en œuvre de la réconciliation nationale, le code de la famille et… la succession de Karim Younès.

Déjà, Ahmed Ouyahia, chef du gouvernement et non moins secrétaire général du RND, avait apporté une première fois, de la tribune de l’Assemblée populaire nationale (APN), une mise au point à Aboudjerra Soltani concernant le point focal du programme gouvernemental, à savoir la réconciliation nationale.

Au moment où le chef islamiste avait déclaré, lors d’une conférence de presse, qu’un projet de loi y afférant était en préparation, le chef du gouvernement le dément catégoriquement, dans ses réponses aux députés, disant qu’il n y avait aucune loi générique portant sur ce thème, précisant même que la réconciliation nationale était tout le programme du gouvernement.

Confronté à une pression interne concernant la gestion du parti et son devenir, interpellé sur toutes les concessions faites depuis l’élection présidentielle, Aboudjerra Soltani prend les devants et programme des sorties sur le terrain avec pour thème principal le code de la famille.

La nouvelle mouture, telle que conçue par la commission qui a planché pendant des mois, ne semble pas faire le consensus au sein de la formation d’Aboudjerra, partagée entre la caution donnée au Président à l’occasion de l’élection présidentielle et l’opposition farouche de sa base à un amendement de ce texte.

D’autant que le gouvernement d’Ouyahia a inscrit, noir sur blanc, dans son programme adopté par le Parlement, la nécessité d’accélérer la cadence en ce qui concerne ce dossier pour le mettre à la disposition des élus dans les plus brefs délais.

La dernière «escarmouche» qui a poussé probablement Aboudjerra Soltani à sortir ses «crocs», est la déclaration du chef du RND à propos de la succession de Karim Younès. Ouyahia avait mis fin aux ambitions d’Aboudjerra de devenir le quatrième homme du pays à la faveur d’une cooptation «présidentielle», à la tête de la chambre basse du parlement.

Ouyahia avait déclaré que la présidence de l’APN revient de droit au FLN en sa qualité de parti majoritaire. N. B.