Révision de la Constitution: Le message sibyllin de Yazid Zerhouni

Révision de la constitution

Le message sibyllin de Yazid Zerhouni

Par : Samar Smati, Liberté, 28 juin 2007

Le ministre d’État, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales n’a pas occulté la problématique d’une révision constitutionnelle. Sans se prononcer en faveur ou en défaveur d’un tel projet, Nourredine Yazid Zerhouni a remis néanmoins les choses dans leur contexte, en renvoyant la balle au “premier citoyen concerné”. En l’occurrence, le chef de l’État.

Interpellé sur le projet de révision constitutionnelle annoncé pour très bientôt, et qui ressemble étrangement à la belle arlésienne, tout le monde en parle mais que personne ne connaît, le ministre de l’Intérieur n’a ni confirmé ni infirmé l’imminence d’une telle initiative. Il s’est d’ailleurs contenté de rappeler les dispositions constitutionnellement prévues en cas d’amendement de la loi fondamentale. “La Constitution ? Que voulez-vous que je vous dise en tant que ministre de l’Intérieur et premier responsable d’une administration qui serait en charge d’organiser un éventuel référendum. Éventuel puisque la révision de la Constitution se pose, soit par référendum populaire, soit en réunissant les deux chambres du Parlement”, dira-t-il, sans se prononcer en faveur ou en défaveur d’un tel projet. Nourredine Yazid Zerhouni, qui animait une conférence de presse en marge de la visite présidentielle à Sétif, fera néanmoins dans la nuance, en remettant le débat sur cette question dans son contexte, rappelant, au passage, qu’il a les prérogatives nécessaires pour entamer l’une des deux procédures, ce qui démontre peut-être que le choix n’est toujours pas tranché. “Il reste à savoir si le premier citoyen concerné, au stade actuel des choses, le Président de la république…”, laissera en suspens le ministre d’État ajoutant après une période de flottement : “Je souhaite que vous ayez l’occasion de lui poser directement la question…”. Des déclarations sibyllines et qui ressemblent étrangement à un message délivré à tous ceux qui actuellement en font matière à débat alors que le chef de l’État, lui, n’a plus abordé la question depuis quelque temps.
Autre sujet national abordé par le ministre de l’Intérieur, la situation sécuritaire du pays marquée par l’élimination dans l’Algérois de douze terroristes, deux autres également dans la région de Béjaïa, opérations qu’il qualifiera de “derniers succès” des forces de sécurité. “C’est la preuve que la lutte continue et de son efficacité. Il s’agit pour moi d’une bonne nouvelle et le signe que nous progressons vers l’élimination du terrorisme.” Quant aux informations relatives à des redditions alors que les délais impartis par la charte sont écoulés, Yazid Zerhouni posera la problématique différemment. “Si vous étiez responsable et que quelqu’un venait vous voir et dépose son arme, que feriez-vous ? Vous le laisseriez repartir d’où il vient ? La réconciliation avait des délais, l’été 2006. Mais nous sommes dans ce processus. La réponse sécuritaire est nécessaire, les hommes sont toujours debout, mais elle ne suffit pas”, précisera le ministre. La solution ne peut venir, selon lui, que de la vigilance, de la réponse sécuritaire mais “aussi d’autres procédures et solutions…”.
Le ministre est également revenu sur le futur découpage administratif, réitérant le projet de création progressive de wilayas déléguées selon des critères pouvant les justifier avant qu’elles n’accèdent peut-être au statut de wilaya. Le projet est actuellement au niveau du Parlement, il rappellera que l’impératif est d’éviter les “caffouillages” qui ont marqué la création par le passé de nouvelles wilayas ainsi qu’un autre impératif, celui des possibilités “matérielles”, pas au niveau financier, mais plutôt celui de la formation technique et professionnelle des agents administratifs considérée comme une priorité du ministère de l’Intérieur. Une situation qui se pose aussi, selon Yazid Zerhouni, au niveau des APC. C’est toute la configuration actuelle de l’administration qui est pour le ministre en chantier pour relever les compétences. Le ministère compte relancer et réhabiliter les centres administratifs de formation. Huit centres sont prévus sur le territoire national. Le ministère doit également finaliser le “statut de cadres de l’administration territoriale”. “Des missions de fonds, et je ne sais pas si je serais là pour voir les résultats…”.

S. S.